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"The first treatise on feigned diseases"
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SELVATICO, Giovanni Battista. De ijs qui morbum simulant deprehendendis liber.
Milan, héritiers de Pacifico da Ponte, 1595.
In-4 de 99 pp.ch. ; veau fauve marbré, dos lisse orné de frises et d'urnes dorées, pièce de titre de maroquin rouge (reliure du XVIIIe siècle).
15 000,00 Euros
Garrison-Morton, 2667 ; NLM, 4185 ; Waller, 8949 ; manque à Wellcome.
ÉDITION ORIGINALE DU PREMIER LIVRE TRAITANT DES MALADIES SIMULEES.
Le médecin milanais Giovanni Battista Selvatico (1550-1621) enseigna à Pavie jusqu'à sa mort. Son très curieux traité, écrit en un latin élégant et pur, est rempli d'observations intéressantes et peut être considéré comme un ouvrage précurseur de la psychiatrie.
Le texte est divisé en vingt chapitres : maladies d'amour, grossesses simulées, possessions diaboliques, syphilis cachées, crachement de sang simulé, tumeurs feintes, impuissance apparente, virginités simulées, ulcères factices, envoûtements, empoisonnements, etc.
Il s'agit d'un livre peu commun, dont le recensement Edit-16 (ICCU) ne localise que quatre exemplaires dans les bibliothèques publiques italiennes.
Élégante impression en caractères italiques ; lettrines ornées.
Reliure restaurée.
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Rarissime pièce gothique en vers consacrée à la syphilis
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LES SEPT MARCHANS DE NAPLES Cest assavoir Ladventurier / Le Religieux. Lescolier. Laveugle. Le Vilageois. Le Marchant. Et le Bragart.
Sans lieu ni date [vers 1529].
Petit in-8 gothique (129 x 85 mm) de 8 ff.n.ch. ; maroquin rouge, dos à nerfs rehaussées d'un filet, compartiments ornés de fleurons et petits fers, encadrement de filets droits et courbes avec fleurons d'angle sur les plats, doublures de maroquin rouge, dentelle intérieure, filet sur les coupes, tranches dorées (Bauzonnet).
15 000,00 Euros
Bechtel, M-109/2 ; Brunet, V, 292 ; Cat. du baron de Ruble, n° 161 : cet exemplaire ; - Voir Brigitte Moreau 1529/1911 pour une autre édition gothique sortant probablement des mêmes presses, avec variantes.
UNE PIECE TRES RARE DE L'ANCIENNE POESIE FRANÇAISE.
Elle se compose, pour la plus grande partie, du poème qui donne le titre au recueil : une facétie en vers décasyllabiques et pentasyllabiques évoquant la syphilis, ce mal napolitain que les Italiens baptisèrent mal français. Les sept marchands dont le nom figure sur le titre viennent l'un après l'autre se plaindre de l'état déplorable dans lequel ils se trouvent, ayant payé fort cher un bref moment de plaisir. On trouve à la suite quatre rondeaux et une ballade composés dans le même esprit.
On ne connaît que deux éditions gothiques de cette plaquette ; une troisième, elle aussi très rare, fut imprimée à Lyon par J. Moderne vers 1540, mais avec le titre en caractères gothiques et le texte en lettres rondes (voir Rothschild, I, 575).
L'ouvrage est orné de deux jolis bois gravés, le premier tiré sur le titre et flanqué d'une bordure (un clerc à son écritoire), le second occupant la totalité du verso du dernier feuillet (deux personnages en hermine haranguent des soldats en armure).
PRECIEUX EXEMPLAIRE, L'UN DES DEUX OU TROIS CONNUS.
Le deuxième exemplaire se trouve à la British Library. Un troisième, conservé à la BnF (anciennes collections Taylor et Rothschild), présente des particularités qui en font un exemplaire unique. Ces variantes - la devise "Souffrir pour parvenir" à l'explicit, et une Balade joyeuse dédiée à la Vierge au lieu des deux petites pièces achevant notre volume - ont été relevées par Émile Picot et Brigitte Moreau.
Il s'agit donc d'éditions différentes, sortant vraisemblablement des presses du même imprimeur : Brigitte Moreau a attribué l'exemplaire Rothschild à Julien Hubert, dont on ne connaît qu'une seule impression signée.
QUOI QU'IL EN SOIT, ON NE PEUT QUE SOULIGNER LA RARETE DE CETTE PIECE DONT LES BIBLIOGRAPHES N'ONT PU RECENSER, TOUTES EDITIONS CONFONDUES, QUE CINQ EXEMPLAIRES.
Ce volume a appartenu au baron de Ruble (cat. 1899, n° 161, reprod.), et provient des collections Heber et Crozet. Il a servi pour la réimpression de l'ouvrage "faite par les soins de M. Veinant, en 1838, et qui forme la première livraison de la Collection de poésies, romans, chroniques, etc, publiée par Silvestre" (cat. de Ruble).
Très bel exemplaire, finement relié par Bauzonnet.
Ex-libris armoriés baron de Ruble et baron d'Espiard.
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STEVENSON, Matthew. The Twelve Moneths or, a pleasant and profitable discourse of every action, whether of Labour or Recreation, proper to each particular Moneth, branched into Directions relating to (...) Gardening, Planting, Transplanting, (...) ordering of Cattle and Bees, & of Malt, &c. As also of Recreations as Hunting, Hawking, Fishing, Fowling, Coursing, Cockfighting...
London, M. S[immons] for Thomas Fenner, 1661.
Petit in-4 de 2 ff.n.ch. et 59 pp.ch., 1 planche hors texte ; veau blond décoré à froid (reliure anglaise du XIXe siècle).
30 000,00 Euros
Harting, 32 ; Schwerdt, II, 225 : "very rare" ; Wing, S-5510.
SEULE EDITION DE CETTE CHARMANTE PUBLICATION NATURALISTE ET CYNEGETIQUE.
L'auteur, le poète Matthew Stevenson († 1654) naquit dans le Yorkshire mais passa la plupart de sa vie dans le Norfolk. Il fit aussi partie des cercles de ces "poètes chevaliers" qui se réunissaient à Londres au lendemain de la Restauration.
Dans cet almanach littéraire et rustique publié après sa mort, Stevenson évoque les douze mois de l'année en puisant dans le folklore et la tradition orale de son pays. Le texte, en prose et en vers, évoque la vie rurale au cours des saisons et des mois, expose les rudiments de la science agricole, les travaux des champs, la culture des jardins, l'élevage, les traditions populaires, et donne même une liste des principales foires d'Angleterre.
Écrit dans un style simple et élégant, The Twelve Moneths s'inscrit dans la tradition de la littérature géorgique, dont il annonce la renaissance. Quant aux passages consacrés à la chasse, à la fauconnerie et à la pêche, ils sont signalés dans les bibliographies spécialisées.
ORNE DE 12 JOLIES PLANCHES GRAVEES SUR CUIVRE, DONT 11 COMPRISES DANS LA PAGINATION.
Les figures montrent les activités - travaux et loisirs -, les signes du zodiaque et le nombre des jours pour chaque mois de l'année. Ces scènes de genre, très suggestives, ont le charme énigmatique des emblèmes et des rébus.
Extrêmement rare, et très bien conservé.
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[TONTI, attribué à Henri de]. Dernières découverts dans l'Amerique septentrionale de M. de La Sale ; mises au jour par M. le Chevalier Tonti, Gouverneur du Fort Saint Loüis, aux Islinois.
Paris, Jean Guignard, 1697.
In-12 de 2 ff.n.ch., 333 pp.ch. et 11 ff.n.ch. (le dernier f. blanc a été supprimé par le relieur) ; veau fauve marbré, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons en losange et petits fers d'angle, "roulette au Dauphin" en pied, pièce de titre de maroquin rouge, roulette sur les coupes, tranches mouchetées rouges (reliure de l'époque).
25 000,00 Euros
Sabin, 96172 ; Harrisse (NF), 174 ; Bell (Jésuites), 261-262 ; Wagner (South-West), 67 ; JCB (4), 346 ; Alden, 697/58.
ÉDITION ORIGINALE, TRES RARE.
Cette relation constitue un précieux témoignage sur les premières explorations de la vallée du Mississippi, effectuées dans les années 1678-1687 par René Robert Cavelier de La Salle, dont Henri de Tonti, ou Tonty († 1704), fut le lieutenant et le compagnon d'aventures.
Tonti débarqua à Québec avec La Salle en septembre 1678. Deux ans plus tard, ils fondèrent le fort Crèvecœur sur l'Illinois, dont Tonti reçut le commandement. Après avoir essuyé une mutinerie, Tonti fut fait prisonnier par les Iroquois, réussit à s'échapper et, rejoignant l'Illinois par le lac Michigan et la rivière Saint-Joseph, retrouva La Salle à Michilimackinac en juin 1681. Ensemble, ils explorèrent pour la première fois la vallée du Mississippi, remontant ensuite l'Illinois pour participer à la construction du Fort Saint-Louis, que La Salle confia à Tonti pendant son séjour en France.
La deuxième expédition de La Salle eut lieu en 1685. Les deux hommes se ratèrent, La Salle ayant dérivé trop à l'ouest, au Texas. Ayant établi un poste sur les rives de l'Arkansas pour attendre le reste de l'expédition, Tonti descendit le Mississippi et revint au Fort Saint-Louis où, en septembre 1687, il apprit par les survivants Joutel, Couture et de Launay, la mort de La Salle, assassiné par Pierre Duhaut, un membre de la colonie. En janvier 1689, il lança une dernière expédition au cours de laquelle il parvint à Natchitoches, au sud de la Rivière Rouge, poursuivant à l'ouest vers le territoire des Cadodoquis, puis au sud jusqu'à Naoudiche. Ayant perdu ses munitions dans la traversée d'un fleuve, Tonti revint au Fort-Saint Louis par le Mississippi. Suite à la désertion de ses hommes, son corps expéditionnaire ne comprenait plus qu'un officier français et un Indien.
Henri de Tonti continua sa prospection dans les territoires des Illinois jusqu'en 1700, établissant des avant-postes et des colonies avant de descendre à nouveau le Mississippi avec vingt Canadiens français afin de rejoindre la nouvelle colonie fondée au Fort Louis de la Mobile par Pierre Le Moyne d'Iberville. En 1702, au cours de sa cinquième et dernière expédition, il voyagea vers le nord, pénétra en Alabama le long de la rivière des Alibamous, et négocia la paix entre les Chickasaws et les Choctaws, alliés des Français. Après son retour, Tonti ne quitta plus la colonie d'Iberville, où il mourut de la fièvre jaune en septembre 1704.
L'UNE DES MEILLEURES RELATIONS SUR L'AMERIQUE FRANÇAISE : CANADA, LOUISIANE, ILLINOIS.
D'après Charlevoix, Tonti aurait désavoué ce récit. C'est aussi l'avis d'Henry Harrrisse, qui commente : "Il est bien écrit et ne s'éloigne pas des grandes lignes qui constituent un récit véridique des aventures de Cavelier de la Salle. Le rédacteur a certainement eu sous les yeux le mémoire de 1693 [publié par M. Margry], mais il l'a développé et même complété. Ainsi on y trouve en plus le récit des expéditions malheureuses de ce hardi pionnier à partir de 1684 ; donné comme venant de son frère, l'abbé Jean Cavelier, ce qui est possible, car ce dernier a laissé une relation qui nous est parvenue. Pour les détails de l'assassinat de la Salle, le Mémoire de 1693 n'indique pas les sources ; ici, le récit est plus complet, mais il est attribué au nommé Couture. Or, nous avons lu aux archives du Ministre de la Marine, une narration de cette mort lamentable, signée de ce même Couture. Le rédacteur a donc pu puiser aux sources mêmes que nous consultons encore aujourd'hui."
Bel exemplaire en veau d'époque, non cartonné, bien complet des pages 185-188 contenant les descriptions des perles pêchées par les plongeurs Natchez, supprimées par la suite.
Le dos de la reliure est orné, en pied, de la fameuse "roulette au Dauphin" (une fleur-de-lys et un dauphin couronnés) qui, selon certains héraldistes, caractérise les exemplaires ayant appartenu au Grand Dauphin, fils de Louis XIV, attribution contestée par la plupart des bibliographes contemporains.
Ex-libris imprimé collé sur le titre : "Monsieur de Belombre, Lieutenant Général d'Epée".
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[VERMEIL, François]. Mémoire pour Anne Grandjean, connu [sic] sous le nom de Jean-Baptiste Grandjean, Accusé et Appellant
Paris, Imp. de Louis Cellot, 1765.
In-4 de 23 pp.ch. ; cartonnage bradel recouvert de papier marbré brun, pièce de titre en long au dos (reliure moderne).
1 500,00 Euros
NLM, 472 ; manque à Waller et à Wellcome ; cf. Michel Foucault, Les Anormaux, Paris, 1999, p. 66 et suiv.
UNIQUE EDITION DE CE MEMOIRE ECRIT EN DEFENSE D'UN HERMAPHRODITE.
Anne Grandjean, née à Grenoble en 1732, avait été baptisée et élevée comme une fille avant de se découvrir, à l'âge critique de quatorze ans, une attraction pour la gent féminine. Son père et son confesseur, convaincus de sa masculinité, l'habillèrent alors en garçon en la rebaptisant Jean-Baptiste. Tout rentra dans l'ordre. Les années passèrent.
Jean-Baptiste a maintenant trente-deux ans et vit à Lyon avec son épouse, Françoise Lambert, lorsqu'une dénommée Legrand, qu'il avait connue et fréquentée à Grenoble, révèle à madame Grandjean les soupçons d'hermaphrodisme qui pèsent sur le passé de son mari. Catastrophe ! Les prêtres s'en mêlent à nouveau, puis les pouvoirs publics.
Jean-Baptiste est examiné  : bien qu'il présente un parfait mélange des deux sexes, les juges concluent à une prédominance du caractère féminin, et l'accusé est condamné à "être attaché au carcan pendant trois jours avec cet écriteau, Profanateur du sacrement de mariage, à être fouetté par la main du Bourreau, & au bannissement à perpétuité".
Le mémoire habile de Me Vermeil - un spécialiste des causes bizarres, mais non perdues - eut raison de cette sentence cruelle, mais le prix à payer fut élevé : Jean-Baptiste redevint Anne, et on lui interdit de revoir son épouse et de fréquenter des femmes.
Michel Foucault a évoqué ce cas dans son célèbre cours de 1974-1975 sur Les Anormaux professé au Collège de France. Il y ébauchait une généalogie des pouvoirs de normalisation des individus prétendument dangereux - monstres, irréductibles et onanistes -, bâtie à partir de sources juridiques, théologiques et médicales de l'Ancien Régime jusqu'aux années 1950.
Quelques piqûres, bon exemplaire cependant.
basane@thomas-scheler.fr

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