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Une rare plaquette gothique contenant l'un des premiers textes français sur l'art dentaire

ALEXIS (Guillaume Alecis, ou). Débat de l'homme et de la femme. "Se[n]suyt le de // bat de lho[m]me et // de la femme. Compose par maistre // Guillaume alexis. Auec une ioyeuse // medeci[n]e pour les dentz. Imprime nou // uellement a Paris".
S.l. [Paris], S.n., [vers 1530].
Petit in-8, maroquin rouge, dos à nerfs sertis de filets à froid, titre or, bordure int. du même maroquin avec dentelle dorée, filets sur les coupes, coiffes guill., tr. dorées [Rel. du XIXe siècle, signée Chambolle-Duru].
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8 ff.n.ch. signés A, caractères gothiques. L'illustration comporte 3 bois gravés dont un répété : le titre est orné d'une vignette (un clerc assis devant un pupitre) ; au verso du titre on trouve un autre bois, répété au verso du huitième feuillet (un homme, la main sur la garde de son épée, parlant à une femme).
Tchemerzine I, 78b. Moreau, IV, n°12 bis : attribue cette plaquette à Jean Bossozel d'après les bois et caractères employés (vers 1531). Voir Gay I, 824-825. Pas dans Adams, Mortimer et Durling. Plaquette très rare qui contient trois poèmes du XVe siècle : le premier "est un dialogue qui, de strophe en strophe, oppose les arguments de la tradition misogyne (la femme séductrice qui mène l'homme à sa perte) à ceux de la régénérescence de l'humanité grâce à Marie". Cf. Dict. des lettres françaises, Le Moyen Age, p. 604. Les deux autres ne sont pas l'oeuvre de Guillaume Alexis : il s'agit d'un Ave Maria (f. 7 r. - 8 v.) et d'une Medecine pour les dentz (f. 6 v. - 7 v.).
Ce dernier poème est l'un des premiers textes français imprimés sur l'art dentaire.
On ne sait rien de la vie de Guillaume Alecis ou Alexis. "Alecis pourrait être la forme latine de Hareng, nom d'une famille très nombreuse dans l'Eure, originaire de La Chapelle-Hareng ou Chapelle-Alexis. De fait, Guillaume nous apprend qu'il fut moine de l'abbaye bénédictine de Lyre. Il se dit également prieur de Bucy, localité qui reste mystérieuse. Né sans doute au début du XVe siècle, il serait mort en 1486 lors d'un pèlerinage à Jérusalem (...) Mais seul Destrées, l'auteur du Contreblason, parle de cette mort en Terre Sainte. Toute l'oeuvre de Guillaume Alecis est d'inspiration morale et religieuse. Il sait mettre au service d'ouvrages d'édification et de méditation (...) une grande maîtrise du vers, des jeux sur la langue et une connaissance fine de la littérature de son temps". Cf. Le Moyen Age, p. 603.
Bel exemplaire en maroquin rouge de Chambolle-Duru.