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Un des 25 exemplaires sur papier vélin avec les faux-titre et titre en lettres d'or

HOMERE L'Iliade d'Homère, traduite du grec. Deuxième édition revue et corrigée
Paris, Bossange, Masson et Besson, 1809
in-folio, demi-maroquin rouge à grain long à coins, dos lisse orné, non rogné [Rel. de l'époque], un coin légèrement émoussé
12 500,00 Euros

2 ff.n.ch., xv pp., 2 ff.n.ch., 207 pp et 34 gravures hors texte.
Brunet III, 288. "Traduction élégante", d'abord parue en 1776. Remaniée pour cette édition, elle a été longtemps attribuée à Charles-François Lebrun (1739-1824),  troisième Consul chargé des finances, puis prince-architrésorier du Premier Empire, en 1804. Il venait d'être nommé par Napoléon Ier duc de Plaisance lors de la parution de cette luxueuse édition. Le véritable auteur du texte est plus probablement son ami Chataignier.
Un des 25 exemplaires sur papier vélin, à deux colonnes, avec les faux-titre et titre imprimés en encre d'or d'après les procédés de MM. Stône, Coquerel et Legros-D'Anizy, et ornés de la célèbre suite de 34 gravures d'après John Flaxman(1755-1826). Le buste d'Homère , finement dessiné au lavis bistre, ornant le titre doré est dû à Evrard. Bien complet des serpentes légendées.
Le procédé utilisé pour ces impressions découle d'une technique employée à l'origine pour décorer des faïences, porcelaines ou tôles peintes : au début du XIXe siècle, le plus connu des "facteurs d’impression" spécialisés dans la pose de décors imprimés est Antoine Legros d’Anizy. Associé à John Hurford Stone, un Anglais, et à Athanase Marie-Martin Coquerel, il obtient un brevet en 1808. Ils s'installent tous trois rue du cadran à Paris. De 1808 à 1818, ils sont associés au sein d’une "manufacture de décor sur porcelaines" qui exploite le procédé d’impression, protégé par  brevet, qu’ils détiennent.
On ne trouve que deux impressions en caractères dorés dans le Catalogue des livres imprimés sur vélin de la Bibliothèque du roi (Joseph Basile Bernard van Praet) : cet ouvrage (n° 70 du catalogue : "Il en existe deux exemplaires sur vélin : celui-ci a été présenté à Buonaparte, en 1809") et Le Chant d'Ossian. Cantate exécutée devant leurs Majestés impériales et royales, le jour de la fête donnée par la Ville de Paris, au sujet de la naissance du Roi de Rome (n° 311 du catalogue).
Le procédé d'impression à l'encre dorée, mis au point par Stone, Coquerel et Legros d'Anisy, n'a été que peu utilisé et ne se rencontre donc qu'exceptionnellement. Les autres ouvrages imprimés avec ce procédé sont des livres de fêtes, à la gloire de Napoléon et de sa famille. Si ce processus d'impression se rencontre très peu pour les livres, en revanche son emploi sur la faïence, nécessitant peu de main d'oeuvre, a permis de diminuer le prix de revient de l'objet et ainsi contribué à la diffusion populaire de la légende napoléonienne, notamment grâce aux assiettes illustrées montrant des actes de bravoure militaire.
Ces impressions qu'elles soient sur papier où sur les autres supports, occupent donc une place importante dans l'imagerie grandiose, majestueuse, de l'hagiographie impériale