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Une importante relation vénitienne de Perse et de Russie, avec la première description de Moscou par un voyageur étranger
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CONTARINI (Ambrogio)
Il viazo del clarissimo messer Ambrosio Contarini Ambasciador della Illustrissima Signoria di Venetia al Signor Uxuncassan Re di Persia
Venetia, S.n. [à la fin : "Stampato nella inclita Citta di Vinegia"], 1543
petit in-12, vélin ivoire ancien à la Bradel, tr. rouges [Rel. post.], qq. taches et rouss. très légères, addition anc. à l'encre au verso du dernier feuillet
10 000,00 Euros
Titre (verso blanc), ff. 2 à 40 (le verso du dernier est blanc), 29 lignes par page, caractères italiques. Signatures : A-E8. Adams C-2557. Brunet II, 243. STC Italian p. 195. Hoefer XI, 646. Voir Schwab 110. OCLC : 4 exemplaires. Troisième édition, fort rare. Elle contient la relation du célèbre voyage d'Ambrogio Contarini en Orient et en Perse (1473-1476), qui renferme entre autres la première description de Moscou par un voyageur étranger. L'édition originale, rarissime, a vu le jour à Venise en 1487, neuf ans avant la première édition italienne des voyages de Marco Polo (Venise, 1496). Une seconde édition fut imprimée en 1524 : elle est également très rare. Cette troisième édition fut publiée pour contrer l'affluence de relations concernant l'activité des Portugais en Orient. Le récit de Contarini, très fiable, fut réédité un grand nombre de fois afin de fournir une perspective italienne sur l'empire perse et la Moscovie. Il a été aussi repris dans quelques célèbres compilations de voyages, dont celle de Bergeron. Le négociateur vénitien Ambrogio Contarini se distingua comme guerrier dans les campagnes contre les Turcs, et comme diplomate dans plusieurs missions. En 1471, les Vénitiens, pressés par le sultan Mahomet II, résolurent de chercher des auxiliaires contre les Turcs parmi les musulmans mêmes. A cet effet, le franciscain Louis de Bologne, Caterino Zeno et Josaphat Barbaro furent envoyés successivement à Huzun Hassan ("Uxuncassan"), sophi de Perse. Les Vénitiens sollicitaient Hassan d'envahir la Colchide et l'Arménie par terre, tandis qu'une flotte européenne, pénétrant dans la mer Noire, ravagerait le littoral turc. Hassan consentit à l'alliance proposée et, secondé par la flotte vénitienne, obtint d'abord de brillants succès. En 1473 Ambrogio Contarini fut chargé par le sénat de se rendre en Perse, dans le but de combiner les efforts des deux alliés et de les rendre décisifs. Parti de Venise le 23 février 1473, il prit la route par le nord, afin d'éviter les embûches des Turcs ; arrivé le 29 mars à Francfort-sur-l'Oder, il traversa la Pologne par Posna, Lublin, Kiev, et le 16 mai s'embarqua à Caffa (Crimée) pour la Colchide. Ce fut dans la Mengrélie et la Géorgie qu'il eut le plus à souffrir de la mauvaise foi des gouvernants et de la brutalité des populations. Après de sérieux dangers, il entra par l'Arménie dans les états du sophi (25 juillet) et arriva peu après à Tauris, où il rencontra un des fils d'Hassan ; mais il ne put atteindre ce dernier qu'à Ispahan, le 30 octobre suivant. Présenté par Josaphat Barbaro, qui l'avait précédé à la cour de Perse, Contarini fut bien accueilli. Il prit des renseignements précis sur la puissance du monarque, et reconnut que Venise ne devait pas en attendre l'aide qu'elle espérait, l'armée d'Hassan se composant à peine de quarante mille hommes, presque tous cavaliers. Sa mission accomplie, Contarini se mit en route en juin 1474 pour rentrer en Europe. Il suivit le même itinéraire, et atteignit avec les mêmes difficultés l'embouchure du Phase ; mais il apprit que les Turcs, soupçonnant les intelligences existant entre les Persans et les Vénitiens, veillaient sur tous les chemins, et s'étaient emparés de Caffa. Retournant en arrière au travers de la Médie, Contarini vint par Schamaki jusqu'à Derbent, sur la mer Caspienne, et y passa l'hiver au milieu de pauvres pêcheurs : il s'embarqua le 6 avril 1475 pour Astrakan, ville alors dépendante des Tartares, qui le reçurent fort mal et auraient peut être fait pire sans l'intervention d'un ambassadeur moscovite qui arrivait également de Perse. Sous la protection de ce dernier, Contarini traversa les déserts de la Tartarie et de la Russie, luttant sans cesse contre la fatigue et la faim. Enfin, le 26 septembre, il entra à Moscou, où Ivan III Vassiliévitch, dit le Menaçant, lui fit bon accueil et lui avança les sommes nécéssaires pour son retour. Contarini signa des accords commerciaux avec Ivan et ne quitta Moscou que le 21 janvier 1476. Passant par Smolensk et Troki, où il trouva le roi de Pologne Casimir IV, puis par Varsovie, Francfort-sur-l'Oder et Nuremberg, il arriva à Venise le 10 avril 1476. Ces premières communications des Vénitiens avec la Perse, quoique faites dans un but politique, sont un événement dans l'histoire des voyages et dans celle de la civilisation. Elles ouvrirent aux observations des Occidentaux des régions inconnues, et mirent en rapport des peuples qui semblaient séparés pour toujours, répandant au passage quelques lueurs sur la géographie, jusqu'alors si confuse. Cf. Hoefer. Excellent exemplaire de cet ouvrage important
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