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L.S. ou P.S. = lettre ou pièce signée (texte d'une autre main ou dactylographié) L.A. ou P.A. = lettre ou pièce autographe non signée |
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ANTOINE DE BOURBON (1518-1562) Roi de Navarre, père d’Henri IV :
L.S. avec compliment autographe « Vostre bien non Amy Antoine », Nanteuil 6 mai 1561, à Jean de SENARPONT, lieutenant général au gouvernement de Picardie ; 1 page in-fol. avec adresse, petit manque sans perte de texte.
« Je ne scauroys que bien fort louer la dilligence que vous avez faicte dadvertir par toutes les places de la frontiere que lon se trouve sur ses gardes sans faire aucune demonstration que nous soyons entrez en craincte et deffiance de ce qui se remue au pays bas, comme aussi a la verité nous nen voyons pas grande occasion, estant lamitié dentre ces deux grands Roys si bien establie, et nulle cause donnee dune part ny daultre daucune alteration. Si ne peult lon faillir de faire tout ce que saiges et prudens princes ont tousjours pratiqué en semblables choses, qui est davoyr lœil si bien ouvert partout que lon se garde destre prevenu sur telz remuemens. Il est vray que de voir croistre voz garnisons il ny a nul ordre ny moyen pour ceste heure ». On a ordonné au trésorier d’envoyer à Calais le plus d’argent possible « pour la continuation de la fortiffication »...
Gabriel d’AUBARÈDE (1898-1995) écrivain :
MANUSCRIT autographe signé, Le Baiser, nouvelle ; 11 pages in-4 à l’encre verte.
Récit d’un fils de bourgeois, qui raconte comment un conflit entre l’ancienne femme de chambre Angéla, et sa fille et successeur Angélina, aboutit à un véritable drame domestique : accusations, cris et coups se succèdent... Puis, au moment où le calme semble revenir dans leur maison bien tenue, c’est la révolte d’Angélina, matée par le maître, qui provoque un baiser de compassion du fils, et une réaction de haine de la petite bonne...
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Jules BARBEY D’AUREVILLY (1808-1889) écrivain :
P.S., Paris 22 août 1854 ; 1 page obl. in-8, en partie impr., en-tête Le Pays, journal de l’Empire.
Reçu du caissier du journal « la somme de soixante-quinze francs »...
Paul BARROILHET (1810-1871) baryton :
L.A.S., Nancy 12 septembre 1845, à Charles DESOLME, rédacteur du Corsaire ; 3 pages in-8, adresse.
« Pour vous prouver que votre correspondant de Lyon n’est qu’un méchant cuistre », il lui envoie des journaux de cette ville »... Il est pénible pour un artiste d’avoir à faire sa propre histoire et il présumait qu’un journal de l’importance du Corsaire devait puiser dans les grandes feuilles de province les éléments de ses comptes-rendus : « vous verrez si pendant mon séjour à Lyon, le théâtre a été peu suivi ; si l’effet n’a été que médiocre, et si aux yeux même du public lyonnais, je ne suis qu’un chanteur »... Il rappelle quelques-uns des grands rôles qu’il a créés ou qu’il joue avec succès, et demande « une rétraction honorable et complète de l’article stupide et mensonger de votre officieux correspondant »...
Auguste BARTHÉLEMY (1796-1867) poète politique :
POÈME autographe signé ; 1 page in-fol.
16 vers traduits de VIRGILE, extraits du Livre Ier de L’Énéïde.« De ces aigres douleurs l’âme entière remplie,
La haineuse déesse aborde en Eolie »...
Roland BARTHES (1915-1980) écrivain et essayiste :
L.A.S., New York 24 août 1958, [à Maurice COINDREAU, professeur à Princeton, et traducteur de Faulkner] ; 1 page et demie in-4.
Il regrette le contretemps qui l’empêche de venir le voir à Sweet Briar, et l’oblige à rentrer à Paris plus tôt que prévu : « je dois rester à NY toute la semaine qui vient pour y régler des questions d’édition qui sont en train. Je me réjouissais pourtant de vous revoir, de connaître la Virginie et votre maison »… Il le prie de lui faire signe lors de son prochain séjour à Paris.
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René BENJAMIN (1885-1948) écrivain :
MANUSCRIT autographe signé, Georges Courteline, [6 décembre 1926] ; 13 pages in-8 avec ratures et corrections, montées sur onglets, rel. demi-chagrin bleu.
BEL HOMMAGE À COURTELINE, bien aimé par la foule immense, aimé – parfois – par les hommes de lettres blasés, apprécié diversement par BOURGES, GONCOURT, GUITRY et RENARD. Benjamin le situe dans son milieu naturel, le café ; « chez le bohème l’atavisme bourgeois persistant a établi une rogne durable contre l’État, et ses institutions : bureaux de postes, casernes, tribunaux, perceptions »... Il illustre ce propos de quelques anecdotes qui démontrent « un sain langage : celui de la révolte contre toutes les mesquineries et tracasseries d’une société, où le pauvre honnête homme se croira toujours dupe, s’il a une vue trop candide de la vie. Celle de COURTELINE l’est infiniment. Il sera stupéfait jusqu’à son dernier jour de la méchanceté humaine »... C’est cette candeur-là qui lui donne son art ingénu... Sur la page de garde, dédicace à Albert DUBEUX.
Alexandre BERTHIER (1753-1815) maréchal et ministre de la Guerre :
L.S., Paris 5 floréal IX [25 avril 1801], au citoyen DESVAUX ; 1 page et demie in-4, en-tête Le Ministre de la Guerre, vignette, adresse avec cachet postal.
« Les 615 chemises que vous avez versées à Montpellier pour les prisonniers de Guerre et que la nécessité a forcé l’ordonnateur de faire recevoir le 30 Pluviose dernier, ont été estimées 2 francs 60 centimes eû égard à la mauvaise qualité de la Toile et aux défauts de Dimensions »... Cette estimation servira de base au décompte de la fourniture...
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Édouard BIGNON (1771-1841) diplomate, homme politique et ministre :
L.A. (minute), Cassel 8 germinal XII (29 mars 1804), [à TALLEYRAND, ministre des Relations extérieures] ; 7 pages et demie in-fol. (la fin dictée à un secrétaire) liées d’un ruban vert.
Intéressante lettre sur les réactions à l’enlèvement et l’exécution du duc d’ENGHIEN (21 mars), et sur la Cour de Hesse. [Bignon fut ministre plénipotentiaire à Cassel de 1804 à 1806.] Le diplomate relate ses démarches pour faire sévir contre les libelles qui paraissent en Allemagne, en particulier contre Napoléon Bonaparte und das französische Volk under seinem Consulat, auprès du baron de WAITZ [ministre des Affaires étrangères et de la Guerre du Landgrave de Hesse-Cassel], en soulignant « la liaison criminelle qui éxiste entre la publication des écrits denoncés et les complots formés contre les jours du 1er Consul »... Quant à « l’expédition d’Ettenheim » (l’enlèvement du duc d’Enghien), on n’attache pas « une grande importance au fait de l’entrée de nos troupes sur le territoire germanique », et on pense que l’Électeur de Bade avait peut-être consenti à l’expédition. « On ne conçoit pas l’esprit d’aveuglement qui a retenu dans un tel voisinage de notre frontiere et sur des points où la main vengeresse de la justice française pouvait si facilement les atteindre des hommes qui avaient provoqué toute sa rigueur et toute son infléxibilité ». Le baron de Waitz a parlé « et de l’arrestation et du jugement du Duc d’ENGHIEN avec une reserve éclairée, paraissant juger la severité malheureusement nécessaire à laquelle se voit condamné le Gouvt fais comme un de ces devoirs rigoureux que l’interet d’Etat commande impérieusement, mais que l’ame généreuse du 1er Consul ne peut remplir qu’à regret »… Il évoque aussi le séjour prolongé à Berlin de l’Électeur, racontant avec verve ses multiples gaucheries qui l’ont rendu ridicule…
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Louis BLANC (1811-1882) historien et homme politique, membre du gouvernement provisoire de 1848 :
MANUSCRIT autographe, Le Gouvernement de Méhémet Ali. Avis à Mr le général Lamoricière ; 1 page et demie in-4 (piq.).
« Traiter des choses qu’on ignore, attaquer des hommes qu’on ne connaît pas et critiquer ce qu’on n’étudia jamais est une maladie aujourd’hui fort commune mais qui n’en est pas moins honteuse. Voilà ce que nous prendrons la liberté de faire remarquer à Mr le général Lamoricière, qui, en nous accusant du haut de la tribune de vouloir pour la France du régime imposé par MÉHÉMET ALI à l’Egypte, a fait preuve d’une ignorance plus coupable si elle était plus modeste »... Blanc le soupçonne fort de ne pas plus connaître le système de Méhémet Ali qu’il ne connaît L’Organisation du travail... Il indique des passages sur Méhémet Ali à reproduire d’après son Histoire de dix ans, et conclut qu’ils prouvent qu’il ne partage pas les idées de l’Égyptien...
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Letizia BONAPARTE (1750-1836) mère de Napoléon :
L.S. « Madre » avec 2 lignes autographe, Paris 29 janvier 1813, à sa fille [PAULINE, princesse BORGHESE] ; 3 pages in-4.
NOUVELLES DE LA FAMILLE ET DU CONCORDAT DE FONTAINEBLEAU. Elle est affligée de la mauvaise santé de sa fille, et fait des vœux pour le succès des soins du Dr Espiaud, qui doit être arrivé à Hyères depuis quelques jours. « L’Empereur et l’Imperatrice sont revenus de Fontainebleau bien portant. Il en est de même du Roi de Rome ». Elle se réjouit de l’aboutissement des récentes négociations avec PIE VII : « tous les differends avec le Pape se sont terminés à la satisfaction générale de tout le monde. J’en éprouve une particulière qui est de voir revenir bientôt votre oncle [le cardinal FESCH] à Paris. Un courrier lui a été expédié pour l’inviter à se rendre de suite auprès de Sa Sainteté, et j’ai lieu de croire qu’il ne tardera pas à arriver »… Elle transmet aussi mille choses affectueuses de LOUIS et la nouvelle d’un cadeau de l’Impératrice, et elle termine de sa main en l’embrassant : « Vi abbraccio e sono la vostra affma Madre ».
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Louis BONAPARTE (1778-1848) frère de Napoléon, Roi de Hollande, et père de Napoléon III :
L.A.S. « Louis », Het Loo 26 août 1808, à son beau-frère Joachim MURAT ; 2 pages in-4 (portrait gravé joint).
BELLE LETTRE DU ROI DE HOLLANDE À SON BEAU-FRÈRE DEVENU ROI DE NAPLES(1er août 1808). Il a reçu avec plaisir la lettre de son beau-frère : « Je ne savois votre elevation que par les journaux […] je vous ai su malade avec peine et j’ai bien pris part au tout ce que vous concernoit. Je vous desire le bonheur et la gloire qui ne peuvent manquer de suivre comme Roi celui qu’ils ont si bien accompagné jusqu’ici. Je sais très bien que mon frère n’a pas beaucoup des siens avec lui et j’avois déjà pensé et senti par le bruit de votre depart que ce seroit une grande perte pour lui et par consequent pour sa famille qui dispersée et en grande partie hors de France ne peut être que de peu d’utilité par une cause qui est commune à tous ses membres. Accoutumé depuis plusieurs années à être traité et considéré comme étranger et ne pouvant changer mes sentiments ny ma conduite, je fais tous mes efforts pour gagner des amis à mon trone et à ma famille mais je suis trop contrarié par ceux qui n’aiment ny l’un ny l’autre et j’ai trop de raisons de ne pas me trouver heureux que je n’ai ny le tems ny la volonté de lutter, comme je le devrois peut être, pour me maintenir dans l’esprit de mon frère »…
Pierre BOULEZ (né en 1925) compositeur et chef d’orchestre :
L.A.S., [au musicien belge Christophe LOOTEN] ; 1 page in-8 (marque au crayon et à l’encre).
Il donne une réponse négative à sa proposition : « je n’ai aucune intention de travailler pour le théâtre en ce moment, ni même par la suite. Et surtout, je puis vous le dire, je suis tout à fait indifférent au ballet tel qu’on le conçoit en Occident. Si nous vivions à Bali, peut-être !.. mais pas maintenant, non »...
Robert BRASILLACH (1909-1945) écrivain :
L.A.S., Paris, [à M. SABATIER ?] ; 1 page in-4 à en-tête de Je suis partout.
Il a lu le roman de Marie BOUDREUIL, Les Exilés, qu’il a trouvé très intéressant : « On n’avait jamais aussi bien décrit la vie des Russes en France, – sans parler d’autres qualités. Puis-je me permettre de vous demander de le faire lire par vos lecteurs ? »…
Rose CARON (1857-1930) soprano :
L.A.S., 1er janvier 1925, à une amie ; 2 pages in-8.
Elle a reçu la « délicieuse caisse de mandarines. Jamais je n’en ai mangé de pareilles ! Comment avez-vous découvert de semblables merveilles ? Vous me comblez vraiment de douces choses, toujours, et je ne sais comment vous remercier. Je ne puis que vous dire que je vous aime bien »...
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CATHERINE II (1729-1796) Impératrice de Russie :
P.S., Saint-Petersbourg 1788 ; vélin obl. in-fol. en partie impr. avec encadrement décoratif gravé ; en russe.
Belle pièce. Nomination du capitaine Von GARTONG au grade de Major en second, « pour le récompenser du zèle et de l’application dont il a fait preuve à notre service »…
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Louis-Ferdinand CÉLINE (1894-1961) romancier :
P.A.S., Meudon printemps 1955 ; 1 page in-8 (un peu salie).
DÉDICACE À UNE CHATTE sur une page de garde arrachée d’un livre : « À Chiffon perdue, retrouvée plus gracieuse, plus mutine plus ensorcellante que jamais, place des Vosges chez Madame la Marquise Virginie de Vitry, sa marraine aimée LF Celine ».
Joseph-Antoine-Joachim CERUTTI (1738-1792) jésuite, littérateur et journaliste ami et collaborateur de Mirabeau, député de Paris à l’Assemblée législative :
L.A., jeudi [1777, à la princesse de CRÉQUI] ; 4 pages in-4.
VIGOUREUSE CRITIQUE DE L’ÉLOGE DU CHANCELIER MICHEL DE L’HOSPITAL DE L’ABBÉ RÉMY (qui remporta le prix de l’Académie Française contre Condorcet). … « L’auteur n’a point de stile. Il a moins encore de vues. Il repete l’histoire plutot qu’il ne l’ecrit. Le fil des evenements l’embarrasse au lieu de le diriger. S’il loue c’est sans cette finesse et cette chaleur qui font supporter les eloges. S’il blame c’est sans cette lumiere et ce sel qui font excuser la censure. Il ne donne à rien de l’ame ni de la couleur. [...] Jamais il n’aperçoit un seul de ces rapports vraiment historiques qui lient les siecles aux siecles, qui fondent les principes d’etat, qui en preparent de loin les revolutions ; nulle connoissance politique, nulle observation morale, nul resultat de quelque ordre que ce puisse etre, une aridité totale, une pesanteur continue et en plusieurs endroits une affectation ridicule »... Il en cite quelques phrases en ironisant : « je crois voir un homme qui avec une jambe de bois veut faire des entrechats et ne fait que se casser l’autre jambe »... etc.
Antoine-Joseph CHABROL DE CHAMÉANE (1770-1859) homme politique, il fut maire de Nevers :
L.A.S., Paris 1er mai 1843, [au peintre Joseph BLONDEL] ; 1 page et demie in-4 (deuil).
« C’est avec l’impression d’une vive douleur que j’ai l’honneur de vous faire part que mon frère le comte de CHABROL-VOLVIC membre de l’Institut, section des beaux arts, est décédé hier soir [...] Je suis persuadé, Monsieur le Président, et cette pensée est consolante pour sa famille, que vous, et Messieurs vos collegues donnerez quelques regrets à sa mémoire »...
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CHARLES IX (1550-1574) Roi de France :
L.S., Paris 23 décembre 1567, à Jean de SENARPONT, lieutenant du Roi au gouvernement de Picardie ; contresignée par Nicolas de NEUFVILLE ; 2 pages in-fol., adresse.
… « Je nay jamays doubté que vous naiez faict tout ce qui vous a esté possible pour maintenir en paix & transquillité mon pais de Picardie ainsy qung bon et affectionné serviteur et ministre doyt fere. Toutesfois vous avez veu que l’infidelité d’Avennes a esté cause que ceulx qui ont prins les armes contre moy ont des moiens de se saisir de quelques unes de mes villes & chastaulx, ausquelles ils tiennent des garnisons de gens qui font autant de mal sur mes pauvres subgects, que ceulx qui les ont mis dedans sont peu obeissans a mes ecdictz et ordonnances et amateurs du repoz publicq. Tellement quil me semble que ce que lon doit fere maintenant, cest estant ja le mal bien grand en mond. pays de fere tout ce que lon pourra pour garder que ceulx qui sont esd. garnisons ne puissent comme ilz font sortant de leur tanyere aller sy librement voller & piller mon pauvre peuple. Nestant plus question de parler dempescher que le mal ny entre, car il y est bien avant »... C’est pour cette cause qu’il avait envoyé le sieur de PIENNES pour y commander, il serait trop malaisé pour M. de Senarpont, malade, de faire tout ce qui est nécessaire. Le Roi est cependant bien persuadé de sa fidélité et de son affection... Il approuve la publication faite par Piennes de lettres contre les voleurs qui viennent piller le pays de Picardie... ON JOINT la copie d’époque des instructions du Roi pour M. de PIENNES, notamment contre les voleurs et perturbateurs du repos public, 26 décembre 1567 (2 p. in-fol.).
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CHARLES X (1757-1836) Roi de France :
L.A., Paris 24 février 1790, [à la comtesse de POLIGNAC] ; 2 pages et demie in-8.
À PROPOS DE L’ÉTAT DE LA FRANCE, ET DE SA MAÎTRESSE la comtesse de POLASTRON, belle-sœur de la comtesse de Polignac. « Nos malheurs touchent à leur comble, et malheureusement ce point était necessaire pour remuer les idées et les opinions. Le changement commence à s’exprimer d’une manière frappante, et mon role a present est de contenir jusqu’au moment ou je serai a même de permettre un grand coup d’eclat. En tout depuis 7 mois jamais ma position n’a été meilleure. Mon Dieu que vous me faites de peine par la manière dont vous me parlés de l’etre qui m’est si cher. Croiés que je l’ai bien jugé, c’est un ange sous tous les rapports, aussy le sentiment quelle m’inspire a-t-il remply toute mon ame. Aimés la bien ma pauvre amie, je puis vous assurer que vous n’aurés pas affaire a une ingrate. Son courage ne m’a pas etonné, mais comme sa santé ne lui permettait pas de rester a Rome, je vois approcher avec transport le moment qui doit nous reunir, et je m’en rapporte bien a vous, pour tout ce qui pourra faciliter son depart, et le rendre aux yeux des autres aussy simple et aussy naturel qu’il doit l’etre »…
CHASSE.
AFFICHE, Nancy 12 novembre 1681 ; in-fol., vignette aux armes royales.
Ordonnance du comte de BISSY, Lieutenant général, interdisant la chasse et le port d’armes dans les provinces de Lorraine et Barrois, où « l’on void journellement des paysans armés chasser »...
Louise COLET (1810-1876) femme de lettres, maîtresse (entre autres) de Flaubert :
L.A.S., lundi matin, à un directeur de théâtre ; 1 page in-8 (qqs lég. piq.).
Ayant une invitation à dîner pour le soir où il avait promis une loge à sa fille, « mon indiscrète enfant voudrait que vous eussiez la bonté de lui donner ces billets de spectacle pour demain mardi si c’est possible. Pardonnez cette importunité juvénile. A son âge on a hardiment toutes les indiscrétions. Moi je la gronde de vous déranger ainsi »…
Alfred CORTOT (1877-1962) pianiste :
L.A.S., 24 octobre 1910, [à la jeune pianiste Marcelle MEYER] ; 1 page in-8 à son en-tête.
Lettre de condoléances. Ce sont de biens faibles consolations qu’il peut apporter, mais il les assure, sa sœur et elle, de toute sa sympathie et présente ses sincères condoléances à leur mère...
Henri de DAILLON, duc du LUDE (1600-1685) lieutenant général, grand maître de l’artillerie, ami de Mme de Sévigné :
P.S., Paris 27 janvier 1674 ; vélin obl. in-fol. en partie impr., lettrine, sceau aux armes sous papier.
Lettres de commissaire provincial de l’artillerie à Collioure, nommant Antoine FERRAND « Commissaire Provincial de ladite Artillerie de ladite place de Collioure pour executer les Pieces d’Artillerie qui y sont, ou pourront estre cy-après envoyées »…
Dominique-Vivant DENON (1747-1825) directeur des Musées sous Napoléon, fondateur du Musée du Louvre :
P.S., Paris 30 mars 1816, 1 page in-fol. à en-tête Monnaie Royale des Médailles.
Directeur général de la Monnaie Royale, il vise cette facture pour plusieurs timbres, cachets, tampons, délivrés au département des Deux-Sèvres pour les mairies de Niort, Parthenay, etc.
Gustave DHÉRIN (1887-1964) bassoniste :
L.A.S., Paris 19 avril 1946 ; 2 pages obl. in-8.
INTÉRESSANTE LETTRE SUR LE BASSON. ... « Il y a encore beaucoup à faire pour que cet instrument puisse lutter avec facilité dans l’exécution à l’orchestre des traits difficiles que la musique moderne nous apporte chaque jour – nous en sommes encore à l’instrument de 1875 avec des trous que l’on bouche avec les doigts entièrement et même à moitié pour certaines notes – ce qui ajoute une grande difficulté à la justesse. [...] Je souhaite un basson avec un cleftage entièrement à plateaux comme le hautbois – qui eut la chance de trouver à une époque plus facile, la concurrence pour sa fabrication de plusieurs facteurs ce qui lui a valu un perfectionnement merveilleux »...
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Jeanne Bécu, comtesse DU BARRY (1743-1793) maîtresse de Louis XV :
L.A., 23 avril 1783, à son homme d’affaires M. BUFFAULT à Paris ; 1 page in-8, adresse.
Elle lui demande de lui envoyer 8.000 livres « pour payer des choses indispensables ». Elle lui serait fort obligée de faire un effort, et s’engage à faire retarder le mandat de M. VANDENYVER (son banquier) si nécessaire jusqu’au mois d’octobre, si cela l’arrange… Elle le prie, après l’avoir assuré de ses sentiments, de lui faire parvenir par le cabriolet « les deux mille livres dont j’ai le plus grand besoin »…
Antoine DUBOIS (1756-1837) médecin, accoucheur de l’Impératrice Marie-Louise :
L.A.S., 16 décembre 1834, à BOUSQUET, secrétaire général de l’administration de l’Académie ;1 page et quart in-8, adresse.
Il lui recommande le mémoire de son gendre CADET GASSICOURT, surtout pour les rapporteurs : Henry, Soubeyran, Chevalier et Pelletier seraient bons, mais on dit que c’est le président qui nomme les rapporteurs et « si c’est Bouley nous sommes enfoncés. [...] Voyez si vous croyez qu’il faille en dire un mot à PARISET je m’en rapporte à vous. CIVIALE vient de m’ecrire il a une peur du diable et persiste à dire que Pariset lui en veut »...
Louis-Nicolas DUBOIS (1758-1845) administrateur, magistrat, préfet de police (1800-1810), député sous les Cent-Jours :
L.S., 20 ventose IX (11 mars 1801), aux rédacteurs du journal Le Mercure de France ; 1 page et demie in-8, en-tête Le Préfet de Police, vignette, adresse avec cachet encre Préfecture de Police.
CURIEUSE LETTRE. « On remarque avec étonnement […] que les journalistes, en parlant du ci-devant Comte de Provence, l’appellent Louis dix-huit, qualification qu’il ne doit, ni ne peut avoir. Ainsi donc […] vous voudrez bien vous abstenir de lui donner un titre que les puissances étrangères même ne lui donnent pas. Il paraît naturel de ne le désigner que sous la qualification de Comte de Lille, la seule qu’il se donne, et sous laquelle il est reconnu »…
Charles DUFRESNE (1876-1938) peintre et graveur :
L.A.S., Gaudreville-la-Rivière, à Christian ZERVOS ; 1 page in-8.
Il recevra avec plaisir L’Art d’Aujourd’hui à Gaudreville-la-Rivière par la Bonneville (Eure). Il n’a aucune étude à proposer pour le moment mais lui rendra visite dès son retour...
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Abraham FABERT (1599-1662) maréchal, un des meilleurs capitaines de son siècle :
L.A.S., Sedan 12 juin 1657, [au cardinal MAZARIN] ; 2 pages in-4.
BELLE LETTRE. Le maréchal de LA FERTÉ l’assure « quil sera aujourd’hui devant Montmedy & que M. le comte de GRANDPRÉ linvestit hier matin. Lon ma asseuré quil ny a dans la place que quarente sept hommes dextraordinaire ». Quant à ses demandes, « je crains une grande dissipation. Je le fus hier trouver à Mouzon pour luy dire que V. Em. mavoit comendé de luy ouvrir les magazins dicy, mais quil ny avoit pas de poudre & que je savois quil y en faisoit un grand desgast aux sieges sy lon ny prenoit garde ce quil m’advoua »… Fabert remercie le cardinal des bontés qu’il témoigne à sa famille. « Je nay nul desseing dans la crainte que laage de mon fils me donne de ne le veoir pas en estat de pouvoir estre capable de recevoir les advis que je voudrois luy donner pour vivre ainsy que jay vescu, que de luy laisser un beau frere en mourant qui le soustienne dans le zelle & la fidelité a laquelle il est sy obligé & dans la recognoissance que nous debvons a V. Em. La seconde pencée quelle a eue pour le mariage de ma fille est si obligeante que je ne puis Monseigneur mempescher de vous en tesmoigner ma recognoissance mais quoy que la personne sur laquelle elle a jetté les yeux soit celle de France que jestimerois autant & choisirois par preferance a tout autre je nay rien a dire a V. Em. sinon que je ne veux que celuy quil luy plaira de me donner estant dans le dernier abandonnement »…
Octave FEUILLET (1821-1890) écrivain :
POÈME autographe signé, avec Refrain du Chœur des fleurs et Couplets ; 1 page in-8.
Pour une revue représentée à la Cour impériale, et jouée (comme l’indique une note sur la page suivante) par la comtesse LEHON, la comtesse DUMONCEL, Lady Florence PAGET, Mlle de BOIGNE, la baronne de VATRY et la Comtesse de PERSIGNY. Les Couplets se composent de trois quatrains, et sont précédés du refrain du Chœur des fleurs en l’honneur de l’Impératrice EUGÉNIE :« Offrons à l’ImpératriceON JOINT une L.A.S. à Gustave MERLET, Paris 8 janvier 1881 (enveloppe), et un portrait gravé.
Les parfums, la joie, et l’amour
Dont s’enivre notre calice
Aux premiers baisers du jour »...
Ernest FEYDEAU (1821-1873) écrivain :
L.A.S., Paris 6 juin [1858], à un ami ; demi-page in-4.
« Didier met en vente les Quatre-Saisons dès aujourd’hui. Rappelez-le à votre ami. Il ne me serait pas désagréable qu’il demandât en même temps à Amyot de placer en province des exemplaires de Fanny. La première édition de cet intéressant opuscule a été enlevée en 15 jours. La seconde, ornée d’une préface de J. Janin sera livrée au public après-demain »...
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Gustave FLAUBERT (1821-1880) romancier :
MANUSCRIT autographe, Perse. Ormuz. Mithra ; 3/4 page grand in-4.
Notes pour La Tentation de saint Antoine sur Mithra. Le manuscrit porte en tête dans un petit encadré la note : « Croy[ances] & leg[endes] de l’antiquité. Mithra ». « Mithra. Primitivement semble avoir représenté cette planète qui apparît tour à tour comme l’étoile du soir & celle du matin. C’est le Lucifer des Latins. – est une créature de Dieu. – Ce dieu est Ahoura Mazda. L’astre du jour n’est que le miroir de sa clarté. Mithra est le soleil, médiateur entre Dieu et l’homme. – Représenté le front chargé d’un casque d’or, cuirasse d’argent – sur un char de combat accompagné par les génies »... Etc. Et Flaubert termine : « Les compagnons de Mithra ne sont que les forces bienfaisantes de la Nature ».
Ferdinand FOCH (1851-1929) maréchal :
NOTES autographes ; 1 page et demie in-fol.
Notes de lecture. « La valeur stratégique d’une forteresse au point de vue de la défense du pays doit seule faire décider s’il y a lieu de consacrer de grandes ressources à la refaire ou à l’agrandir [...] Les grands fleuves qui traversent notre pays du S. au N. continuent nos défenses immuables. Toutes ces conditions fixes déterminent la direction des transports et le premier rassemblement de l’A. prussienne. Ceux-ci peuvent être prévus et préparés, et l’on peut par suite établir avec précision la valeur des forteresses au début de la guerre »... Il évoque les lignes et les places à prendre en considération (Trèves, Sarrelouis, Germersheim, etc. ...« Les fr. peuvent attaquer par la Belgique, cela les mène à Cologne, on y répond par une place et une concerton en arrière de cette place ou par le Palatinat cela les mène directt sur Mayence [...] Dans l’attitude expectante, défensive où se trouve la Prusse, la concentration de l’A. penne exige des préparatifs qui doivent être effectués avant que l’enn. n’ait dévoilé ses intentions, les dispositions premières doivent répondre aux diverses éventualités et ne pouvoir être troublées par l’ennemi »... Au verso, Foch a fait deux croquis de formations militaires. [Ce document fut offert par le général Weygand au commandant Lasseray.]
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Xavier FORNERET (1809-1884) écrivain :
L.A.S., 27 mai 1854, à Charles DESOLME ; 2 pages in-8.
TRÈS RARE LETTRE SUR SA PIÈCE MÈRE ET FILLE. En renvoyant son manuscrit, HOSTEIN ne lui a pas dit s’il y avait moyen de s’entendre : « je n’ai point la prétention d’avoir écrit un chef-d’œuvre auquel il est défendu de retrancher ou d’ajouter un iota. Si donc, Mr Hostein voulait bien prendre l’engagement de conserver le titre de ma pièce, les péripéties finales de chaque acte, et convenir entre nous [...] des changements à apporter à mon ouvrage, changements qui ne porteraient que sur des détails de mise en scène, je le répète, je m’en rapporterais bien volontiers au talent éprouvé de Mr Hostein [...] Mais, si au contraire, Mr le Directeur de la Gaîté faisait une autre pièce, de mon drame, au point que je dusse rougir de signer une œuvre par cela seulement qu’elle ne serait plus la mienne, je me verrais contraint de me retirer »... Il le prie de revoir M. Hostein car il est résolu « à ce que Mère et Fille trouve à se caser quelque part, sans trop présumer, je pense, (et d’après aussi votre opinion) de la valeur générale de ces cinq actes »... ON JOINT une L.A.S. de SALVADOR (à en-tête de l’Ambigu-Comique), à propos des pièces de Xavier Forneret, Jamais et Mère et Fille.
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Anatole France (1844-1924) écrivain :
MANUSCRIT autographe signé, [1920 ?] ; 7 pages et quart in-4.
Manuscrit de premier jet, présentant quelques ratures et nouvelles rédactions, destiné à servir de préface à Naïs au miroir de Nicolas SÉGUR. « Nicolas SÉGUR, issue, comme André CHÉNIER, de parents grecs et de parents français, fut nourri sur cette terre où naquit la sagesse et la beauté et qui flétrie, blessée, meurtrie, après une mort de tant de siècles, commence à renaître. [...] Il nous donne aujourd’hui une peinture vraiment splendide des courtisanes grecques et des philosophes athéniens, Naïs au miroir »... Il situe cette courtisane athénienne dans le contexte historique, célèbre sa beauté, et se réjouit que Ségur attribue à sa Naïs « toutes les maximes qui peuvent nous initier aux mystères de la vraie volupté qui confine à la sagesse »...
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César FRANCK (1822-1890) compositeur :
L.A.S., [Paris] 15 août 1888, à Gilbert AUGUSTIN-THIERRY ; 6 pages in-8, enveloppe (timbre).
BELLE LETTRE AU LIBRETTISTE DE GHISELLE [Franck n’ayant pu achever ce drame lyrique en 4 actes, l’orchestration en sera terminée par plusieurs compositeurs notamment d’Indy et Chausson, et l’œuvre créée en 1896]. Le travail, commencé le 5 août, lui semble en bon train. Il en est à l’entrée de Ghiselle... « Dans tout ce commencement d’acte que j’aime beaucoup, deux morceaux m’inquiétaient pourtant un peu : la Marche et le Drink-lied. Ils m’ont donné un peu de peine [...] Je les crois réussis ». Il explique en détail comment il a traité les différentes parties de ce début : partage des voix d’hommes et de femmes dans le chœur des Leudes et des Francs ; la Marche est peut-être selon lui un peu trop développée mais elle n’est pas purement instrumentale comme dans Le Prophète ; aménagements dans les récits de Gonthram et Frédégonde ; les vers de la Chanson à boire sont parfaits et la musique s’y adapte parfaitement... « Je vais maintenant entrer dans le drame »...
Pierre GARDEL (1758-1840) danseur et chorégraphe :
P.S., avril 1812 ; 1 page gr. in-fol., en-tête Maison de S.M. l’Empereur et Roi. Service du Grand-Chambellan.
État du mois d’avril 1812, certifié véritable et signé par GARDEL, de ses propres appointements comme maître de ballet, et ceux de sa troupe : DESPRÉAUX, maître à danser, neuf danseurs et danseuses (Vestris, Beaupré, Branchu, Bigottini, etc.), et deux répétiteurs (Pilate et Lanner) ; visé sur le fonds à la disposition du Grand Chambellan pour les Théâtres de la Cour…
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Stéphanie Félicité Du Crest, comtesse de GENLIS (1746-1830) femme de lettres et romancière :
CARNET de notes autographes, « commencé le 1er juin 1791 » ; 10 pages in-12 plus feuillets blancs, rel. maroquin vert, filet à froid encadrant les plats, doublés et gardes de soie violine (rel. de l’époque).
« Sur le courage phisique et moral et la générosité ». Recueil de citations et d’anecdotes illustrant ces qualités, composé de maximes de Vauvenargues et La Rochefoucauld, de vers de Corneille (Horace, Cinna, Théodore, Sertorius, Nicomède etc.), Thomas Corneille (Le Comte d’Essex),Le Tasse (Jerusalem liberata) et Fénelon (Télémaque), ainsi que d’anecdotes historiques illustrant une conduite exemplaire chez des victimes de tyrans et d’extraits des Sacrifices de l’amour de Dorat. « Les grandes pensées viennent du cœur. – Vauvenargue. – Qui veut mourir ou vaincre est vaincu rarement. – Les Horaces. – Plus le péril est grand, plus doux en est le fruit. / La vertu nous y jette, et la gloire le suit. – Cinna », etc.
Émile de GIRARDIN (1806-1881) journaliste et patron de presse :
P.A.S., 1865 ; 1 page in-8.
Page de titre pour sa pièce écrite en collaboration avec Dumas fils : « Le Supplice d’une femme drame en trois actes et en prose avec une préface par EMILE DE GIRARDIN. Paris Michel Levy frères éditeurs »...
Émile GOUDEAU (1849-1906) poète et humoriste, fondateur du Club des Hydropathes :
2 L.A.S., à son confrère Georges MAUREVERT ; 2 pages in-8.
[Octobre 1889]. Il le verra en novembre pour le féliciter « de votre belle traduction si française et si poétiquement française, malgré son parfum d’exotisme »… Il envoie sa réponse à la demande de l’Intermédiaire…
Charles GOUNOD (1818-1893) compositeur :
MANUSCRIT autographe, De l’exclusivisme en matière d’Art ; 1 page et demie in-4.
« L’Exclusivisme est une des formes de l’Intolérance [...] et aboutit à la négation de la personnalité d’autrui par l’exagération et le despotisme de notre propre personnalité. C’est le rayon usurpant le droit du centre »... Gounod se propose d’étudier les arguments et les prétextes de cet exclusivisme qui méconnaît et nie le mérite d’une œuvre, et il note tout d’abord le rôle du sentiment et du savoir dans la formation de notre jugement...
Léon GOZLAN (1806-1866) écrivain :
L.A.S., Paris 5 février 1841, au ministre de l’Intérieur [DUCHÂTEL] ; 1 page in-4.
« Mon drame ayant été ajourné par vous pour des causes qui n’existent plus, il m’importe de savoir si vous voulez en autoriser la représentation. J’attendrai votre décision […] avec une impatience proportionnée à la justice de ma réclamation »... [La première pièce de Gozlan représentée au théâtre, La Main droite et la Main gauche, fut créée le 24 décembre 1842 à l’Odéon.]
Julien GRACQ (1910-2007) écrivain :
L.A.S., dimanche [12 juin 1966], à Jean BALLARD ; demi-page in-8, enveloppe.
« Je serai content de vous voir. Le plus commode serait sans doute de déjeuner vendredi, où je pourrais vous prendre au Lutetia vers 1 heure. Si cela vous convient, je m’y rendrai sans autre indication de votre part. Sinon téléphonez-moi »...
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André GRÉTRY (1741-1813) compositeur :
L.A.S., « à l’Hermitage d’Émile Montmorency » 28 juin 1807, à Madame Armande ROLAND, à Aix en Savoie ; 3 pages in-4, adresse.
BELLE LETTRE À UNE AMIE. Sa charmante lettre lui a fait bien plaisir : « J’aurois voulu que vous m’eussiez dit : je me porte bien, je ris, je chante et j’écris ; mais dans ce beau monde, quand on a vaille qui vaille, on doit être content »… Il donne des nouvelles de leurs amies. Il a reçu une lettre de « Son excellence Caroline. Quelle lettre ! Elle veut partir sur le champ, son bon maître ne peut être consolé que par elle ; elle est tout cœur cette femme ! Les fonds, le passeport, le vaisseau, la permission de son mari, tout est en règle ; je l’ai prié de ne pas se déplasser. Elle n’est pas heureuse, mais qui l’est dans ce chien de monde ? » Elle avait bien besoin de changer d’air… Il n’a été qu’une fois au chalet : « j’y eusse été tous les jours, si j’avois pu vous y voir. Nous étions 22 à coucher ici il y a quelques jours, jugez quel galimathias dans cette chaumière »... Il craint que sa lettre ne soit « trop tendre, trop amicale pour que j’ose vous assurer de mon profond respect ; recevez donc l’hommage de tous mes sentimens réunis »…
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François de JAUCOURT (1757-1852) ministre de la Restauration, il aurait eu l’intention de livrer Napoléon aux Anglais comme prisonnier de guerre ; il fut l’un des fondateurs de la Société biblique protestante de Paris :
L.S. comme ministre secrétaire d’État au département de la Marine et des Colonies, Paris 13 juillet 1815, à M. de RIGNY, capitaine de frégate ; 4 pages in-fol.
INSTRUCTIONS POUR PRÉVENIR TOUTE TENTATIVE D’ÉVASION DE « NAPOLÉON BUONAPARTE ». Napoléon Buonaparte doit actuellement être embarqué sur la Saale et si le préfet maritime BONNEFOUX s’est conformé aux ordres, une seconde frégate et un aviso ont dû quitter la rade de l’île d’Aix et remonter la Charente. « Vous vérifierez quel est l’etat des choses à cet egard, quelles sont les dispositions des esprits à Rochefort ; quelle sensation y a produite l’arrivée de Napoléon Bonaparte, quelle conduite, il y a tenue ; […] si Napoleon Buonaparte est, ou non à bord de la frégate la Saale ; si depuis qu’il est embarqué, il a fait des tentatives pour se faire mettre à terre »… Jaucourt fait connaître le nouveau statut du personnage : « Napoléon Buonaparte embarqué comme passager d’après les ordres du gouvernement provisoire qui a céssé d’exister des le moment où le Roi est rentré dans sa capitale n’est plus aujourd’huy qu’un prisonnier placé sur une frégate du Roi et dont le commandement est responsable à Sa Majesté et aux souverains ses alliés. […] Napoléon Buonaparte n’est pas même prisonnier du seul Roi de France, il est celui de tous les souverains garants des traités de Paris et tous les princes envers lesquels, il a violé ses propres engagements en portant la guerre et la révolte en France, ont un droit égal sur sa personne »… Aussi serait-il en vain que le Roi de France tenterait de faire prévaloir sa générosité naturelle : « il ne s’agit pas aujourd’huy de sa cause personnelle, seulement il s’agit de celle de toute l’Europe que Napoleon a contraint de s’armer »… Jaucourt charge le capitaine de plusieurs tâches de liaison auprès des forces anglaises ; lui-même enjoint le capitaine de la Saale de remettre son prisonnier au commandant anglais ; le ministre de la Guerre prescrit au commandant d’Aix de n’apporter aucune opposition à l’exécution de cet ordre : « tous deux sont prévenus que s’ils y resistaient, ils seraient responsables du sang qui coulerait et qu’ils s’etabliraient en rébellion ouverte contre le Roi […] et qu’ils compromettraient eux-mêmes l’existence du prisonnier, s’ils étaient assés coupables, ou assés aveugles pour s’exposer sans succès à un combat inégal dans la seule intention de désobeir aux ordres »… Jaucourt donne des ordres pour préparer le transfert du prisonnier avec tous les ménagements que la circonstance impose « et surtout de prévenir des malheurs qui affligeraient profondément Sa Majesté »… ON JOINT une pièce manuscrite : extrait du journal de bord de la frégate la Saale tenu par PICKOME, sous-commissaire de la Marine, Détails depuis l’arrivée de l’Empereur en rade, relatant les mouvements de Napoléon et sa suite depuis le 8 juillet jusqu’à la nuit du 14 au 15, lorsqu’il gagna leBellérophon que l’amiral anglais mit à sa disposition, et écrivit au Prince Régent qu’il se livrait au plus loyal de ses ennemis…
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André JOLIVET (1905-1974) compositeur :
MANUSCRIT MUSICAL autographe signé, LES CAPRICES DE MARIANNE [K176], 1952-1953 ; [2]-24 pages in-fol.
MUSIQUE DE SCÈNE INÉDITE pour la pièce d’Alfred de MUSSET, créée à la Comédie-Française le 9 décembre 1953 sous la direction du compositeur, dans une mise en scène de Julien BERTHEAU et des décors de Suzanne Lalique, avec Renée Faure dans le rôle-titre. Ces « illustrations musicales » comprennent : I Ouverture (au lever du rideau), II Cloches du matin, III Thème de Cœlio, IV Tarentelle, V Cloches, VI Thème de Marianne, VII Thème de Cœlio, VIII Musique gaie, IX Cloches lointain cour, X Trois coups de cloches, XI Cloches et thème de Marianne, XII Course de Cœlio à l’espérance, XIII Monologue d’Octave, XIV Conclusion. Les instruments sont : une flûte (prenant le piccolo), une harpe, 2 altos, 2 cellos, et une batterie (jeu de tubes cloches, tambour de basque, tambourin). Le manuscrit est à l’encre noire, sur papier Durand à 22 lignes ; il présente de nombreuses annotations et corrections aux crayons noir, rouge et bleu, ainsi qu’au stylo bleu ; il a servi de conducteur pour les représentations ; quelques mesures ont été biffées, ainsi qu’un morceau de guitare pour le XIII (remplacé par une pièce pour harpe).
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Michel LAMBERT (1610-1696) compositeur et maître de musique du Roi, beau-père de Lulli :
P.S., Paris 3 juillet 1670, 1 page obl. in-8 sur vélin.
QUITTANCE pour la somme de six cent livres, reçue du trésorier du Roi comme pension pour les mois de juillet à décembre de la présente année 1670 pour sa charge de « Maître de la Musique de la Chambre du Roy »… TRÈS RARE.
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