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1
ABBEVILLE, Claude d'. Histoire de la mission des Pères Capucins en l'Isle de Maragnan et terres circonvoisines ou est traicté des Singularitez admirables et des Meurs merveilleuses des Indiens habitans de ce pais.
Paris, François Huby, 1614.
Fort in-8 de 8 ff.n.ch. (dont le titre gravé), 394 ff.ch. et 14 ff.n.ch. ; vélin souple à recouvrement, nom de l'auteur à l'encre au dos, traces de liens (reliure de l'époque).
35 000,00 Euros
Sabin, 4 ; Borbas de Moraes, I, pp. 5-7 ; Leclerc (1878), 1570 ; JCB (3), II, 100 ; Streit, II, 2376 ; Alden, 614/25.
Édition originale, premier tirage.
Importante et rare relation de la mission des pères capucins Yves d'Evreux, Arsène de Paris, Ambroise d'Amiens et Claude d'Abbeville au Maranhão, région septentrionale du Nordeste, aujourd'hui un des États du Brésil.
De tous les ouvrages consacrés à la courte période de colonisation française du Maranhão dans la seconde décennie du XVIIe siècle, celui-ci est le plus célèbre et le plus complet. Sur la foi de lettres patentes qui lui avaient été accordées en 1605, Daniel de La Tousche, seigneur de La Ravardière, avait formé une flottille commandée par l'amiral de Razilly et s'était embarqué pour le Brésil en mars 1612. L'un des buts de l'expédition, à laquelle participaient les quatre pères capucins, était d'exploiter et commercialiser le bois et le tabac du Brésil.
Les Français débarquèrent au Maranhão en août 1612. Arsène de Paris et Claude d'Abbeville séjournèrent quatre mois parmi les Tupinambas, dont ils étudièrent la langue et les mœurs, puis retournèrent en France avec Razilly et six Indiens, qui firent sensation à Paris. Trois d'entre eux moururent peu de temps après leur arrivée ; les trois autres purent retourner au Brésil. Le Père Ambroise mourut au Maranhão, et Yves d'Evreux y séjourna jusqu'en 1614, avant de renter en France et publier sa propre relation.
Le but du livre de Claude d'Abbeville était de promouvoir la colonisation du Maranhão en vantant les mérites de ses ressources naturelles. C'est pourquoi son Histoire contient - outre la description de la vie, des mœurs et des croyances des Indiens -, de nombreux chapitres sur le climat, la flore et la faune qui constituent un vrai petit traité d'histoire naturelle du Brésil.
L'ouvrage est illustré d'un frontispice allégorique et de 7 planches comprises dans la pagination : l'érection d'une croix (figure signée par Léonard Gaultier) et les portraits des six Tupis qui firent le voyage de France.
Il existe deux tirages de cette édition : le premier (celui que nous proposons ici) compte 394 ff.ch., le second 395 ff.ch.. Pour les variantes minimes entre les deux tirages, voir Borba de Moraes, loc. cit., qui signale un feuillet d'errata absent de notre exemplaire.
Signatures dans le haut et le bas du titre (presque effacées) ; quelques taches et rousseurs ; petites traces de brûlures sur quelques feuillets ; trou dans le blanc du dernier feuillet ; petits manques de vélin au dos.
Ex-libris Sir Henry Hope Edwardes et Ricardo Xavier da Silveira.
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2
ALAMANNI, Luigi. La Coltivatione di Luigi Alamanni al Christianissimo Re Francesco Primo.
Paris, Robert Estienne, 1546.
In-8 (207 x 136 mm) de 154 ff.ch. titre compris et 4 ff.n.ch. ; maroquin noir, dos lisse, frises dorées à l'emplacement des nerfs, compartiments ornés de seize filets croisés formant losanges ; sur les plats, quatre filets encadrent un grand décor à entrelacs avec feuillages azurés et fleurons d'angle, dont la réserve centrale accueille le titre abrégé s'achevant par quatre S ; doubles gardes de papier dont l'une porte le filigrane PS dans un écusson, bordure intérieure rehaussée d'un filet or, filet et roulette sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).
50 000,00 Euros
Brunet, I, 125 ; Renouard, p. 68, n° 22 ; Schreiber, 88 ; Mortimer (French) I, 10 ; Fairfax Murray (French), I, 3.
ÉDITION ORIGINALE, TRES RARE, SPLENDIDEMENT IMPRIMEE PAR ROBERT ESTIENNE.
Poème didactique en six livres du Florentin Luigi Alamanni (1495-1556), et l'un des meilleurs ouvrages littéraires sur les travaux des champs et l'art des jardins à la Renaissance.
L'ouvrage vit le jour en France, patrie d'élection d'Alamanni. En effet, cet ami de Machiavel entretenait des relations pour le moins conflictuelles avec le gouvernement de sa ville natale. Banni sous l'accusation d'avoir fomenté un complot contre le cardinal Jules de Médicis, le futur Léon X, il se réfugia une première fois à Paris auprès de François Ier. En 1527, après la chute des Médicis, il regagna Florence ; mais suite à de nouveaux différends - il était favorable à des pourparlers avec Charles Quint après la paix de Cambrai, et hostile à la doctrine de la défense à outrance prônée par les Florentins -, il s'exila définitivement en France. Il y vécut jusqu'à sa mort, survenue à Amboise, jouissant de la protection que François Ier et Henri II accordaient aux artistes et aux lettrés. Sa présence accrut l'influence de la culture italienne dans le royaume, et marque les poètes de la Pléiade.
Le poème La Coltivatione, inspiré des Géorgiques de Virgile, est sans conteste le chef-d'œuvre d'Alamanni qui, loin de se limiter à transposer son illustre modèle, a enrichi ses propres observations champêtres de digressions historiques ou mythologiques : éloge de la France et de la famille royale, évocation de l'âge d'or, panégyrique de Bacchus, lamentations sur le sort de l'Italie et les souffrances de l'exil, célébration des jardins de Fontainebleau.
C'est aussi le seul livre italien imprimé par Robert Estienne, et le seul volume du grand imprimeur entièrement composé avec ces caractères italiques particulièrement élégants.
MAGNIFIQUE EXEMPLAIRE, ENTIEREMENT REGLE, DANS UNE REMARQUABLE RELIURE PARISIENNE A DECOR D'ENTRELACS, STRICTEMENT CONTEMPORAINE DE L'EDITION.
Pierre Bérès a rapproché cette reliure de celles réalisées pour le bibliophile Thomas Wotton : "Le petit fer azuré employé dans la partie centrale du décor et le fer employé aux angles du décor d'entrelacs géométriques sont identiques à ceux qu'on remarque, à la même époque, sur certaines des reliures exécutées à Paris pour Thomas Wotton, lesquelles appartiennent au premier groupe de reliures réalisées pour cet amateur anglais selon la typologie dressée par Howard M. Nixon. Mirjam Foot a avancé l'hypothèse qu'elles proviendraient de l'atelier du Pecking Crow Binder (The Henry Davis Gift, I, p. 143). En plus de l'identité de certains fers, on retrouve ici, sur les papiers utilisés comme gardes, le filigrane aux initiales PS dans un écusson dont H.M. Nixon a relevé la présence sur les gardes de plusieurs volumes issus du même atelier (Broxbourne Library, p. 64)".
Le volume est bien complet de l'épître à la dauphine (Catherine de Médicis) et du privilège de François Ier, pièces qui manquent parfois. L'errata, imprimé ici au verso du f. 154, ne se trouve pas dans tous les exemplaires.
Un ancien possesseur de l'ouvrage a copié de sa main sur une feuille de garde, au XVIIIe siècle, un extrait de la préface rédigée pour l'édition de 1738 par Gaetano Volpi, qui insiste sur l'importance et la rareté de cette première édition.
Cachet humide ornementé avec les initiales "S.W." sur le titre ; étiquette avec monogramme "PB" au second contreplat.
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3
ALDRETE, Bernardo José. Del origen, y de la lengua castellana o roma[n]ce que oi se usa en España.
Rome, Carlo Vullietto, 1606.
In-8 de 4 ff.n.ch. (y compris le titre gravé), 371 pp.ch., 9 ff.n.ch. ; veau fauve moucheté, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons, pièce de titre de maroquin rouge, roulette sur les coupes, tranches mouchetées noir et rouge (reliure du XVIIIe siècle).
3 500,00 Euros
Palau, 6392 ; Brunet, I, 155.
Édition originale.
Ouvrage important, dont l'impact fut considérable en Espagne à l'époque de la consolidation définitive des langues nationales.
Dès la Renaissance, l'étude des langues modernes contribue à élargir l'horizon des philologues qui s'efforcent de promouvoir et codifier la langue des jeunes nations. Pour ces linguistes, le latin est le moule d'après lequel les phénomènes des langues vernaculaires sont décrits et classifiés. Toutefois, beaucoup de traits spécifiques des langues vivantes ne cadraient pas avec les codes de la grammaire latine. Il fallait donc opérer des rectifications historiques et théoriques, et montrer par la même occasion la spécificité de la langue vernaculaire. Les premiers philologues castillans - Antonio de Nebrija ou Juan de Valdés - ont joué un rôle inaugural dans cette révolution linguistique.
Une synthèse des efforts concernant l'évolution de la langue castillane est apportée par l'ouvrage de Bernardo José de Aldrete (1560-1641). Tout en développant les théories de Nebrija sur les correspondances phonétiques, cet antiquaire et humaniste espagnol, ami de Garcilaso de la Vega, y aborde tous les strates de sa langue maternelle, en esquisse les différentes étapes et examine le vieux castillan à l'aide de textes médiévaux.
Par son érudition et la finesse de ses analyses, ce traité marque une date dans l'histoire du mouvement qui a conduit à la souveraineté des langues vernaculaires.
Le volume est orné d'un beau titre allégorique gravé par Philippe Thomassin (1562-1622), graveur français installé à Rome en 1585 qui fut le premier maître de Jacques Callot.
Reliure restaurée, dos refait.
Provenance : Killigrew (signature au deuxième feuillet). - Earl of Macclesfield, avec l'ex-libris de la North Library (1860) et le cachet à froid.
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Très rare pièce gothique, le seul exemplaire connu de cette édition
4
L'AMANT RENDU PAR FORCE AU COUVENT DE TRISTESSE.
Sans lieu ni date [Paris, Guillaume Nyverd (?), vers 1525].
Petit in-8 gothique (129 x 90 mm) de 4 ff.n.ch. ; maroquin chocolat, dos à nerfs, titre or, filets à froid en encadrement sur les plats, fleurons aux angles, deux filets à froid sur la bordure intérieure, tranches dorées (Rivière & Son).
15 000,00 Euros
Bechtel, A-167 ; édition non citée par Brigitte Moreau. - Pour d'autres éditions voir : Brunet, I, 221 ; Rothschild, I, 522.
TRES RARE EDITION GOTHIQUE, INCONNUE DES BIBLIOGRAPHES.
Elle contient un poème de seize huitains décasyllabiques composé à la manière des Arrêts d'amour de Martial de Paris, dit Martial d'Auvergne (v. 1430-1508), qui lui-même s'inspirait des thèmes galants développés par Alain Chartier dans La Belle dame sans merci.
Le titre est orné d'un joli bois gravé placé entre deux fragments de bordures : l'amant agenouillé tient la main gauche de sa dame pendant qu'il lui déclare sa flamme ; près de lui, un autre personnage masculin (les deux messieurs tiennent une lance de la main droite). Au verso du dernier feuillet, sous le mot "Finis", on trouve deux autres fragments de bordures avec figures et fond criblé.
Brunet décrit une édition proche de celle-ci, placée à la suite de L'Amant rendu cordelier à l'observance d'amours (Guillaume Nyverd, v. 1525), poème que l'on a longtemps attribué, tout comme cet Amant rendu par force dont il semble être le modèle, à Martial d'Auvergne.
L'exemplaire Rothschild, que Picot date de 1525 environ, présente des variantes : le titre est disposé comme le nôtre sur trois lignes et comporte les mêmes césures ("Lamant re[n]du / par force au cou=/vent de tristesse"), mais le bois gravé, différent, est entouré de quatre fragments de bordures dont une seule est identique à celle qui clôt notre volume. Cette édition, dit Picot, "est différente de celle qui a été reproduite par M. A. Montaiglon dans le Recueil de Poésies françoises (IX, 321-326) et dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale" (il se réfère probablement à l'édition imprimée à Paris vers 1510 par Jean Trepperel, sans doute la première de ce singulier poème).
"Petite pièce en vers anonyme qu'on trouve seule ou parfois imprimée en 4 ff. à la suite de L'Amant rendu cordelier", commente brièvement Guy Bechtel, qui ne recense aucun autre exemplaire de notre édition (celui de Lignerolles, cité dans la notice de L'Amant rendu cordelier, comporte une illustration différente).
Ravissant exemplaire avec de bonnes marges, finement relié.
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5
AMPERE, André-Marie. Recueil d'observations électro-dynamiques, contenant divers mémoires, notices, extraits de lettres ou d'ouvrages périodiques sur les sciences, relatifs à l'Action mutuelle de deux courans électriques, à celle qui existe entre un courant électrique et un aimant ou le globe terrestre, et à celle de deux aimans l'un sur l'autre.
Paris, Crochard, 1822.
In-8 de 2 ff.n.ch., pp.ch. [3] à 383 (les pp. 380-382 sont mal chiffrées 358-360) et 10 planches, la plupart dépliantes ; maroquin rouge à grain long, dos lisse orné de filets et fleurons, encadrement de fleurons et filets dorés sur les plats, roulette sur les coupes et intérieure dorée, tranches dorées (reliure de l'époque).
6 500,00 Euros
Wheeler Gift cat., 784 (344 pp.) ; Wheatland coll. p. 9 (383 pp., pl. ?) ; Gartrell, 594 (fragment) ; Norman, 45 (360 pp.) ; cf. Dibner, 62 et Sparrow, 8.
Edition complète, rare.
Ampère a rassemblé dans ce recueil, au fur et à mesure de leur publication, son premier Mémoire sur l'action mutuelle de deux courants électriques - lu à l'Académie des Sciences en sept.-oct. 1820, et publié dans les Annales de Chimie et de Physique en 1821 -, ses nouvelles expériences électro-dynamiques, et les échanges de correspondance avec différents savants.
La découverte de l'électromagnétisme par Oersted en juin 1820 eut un retentissement considérable et suscita une foule d'expériences de la part de nombreux scientifiques : "In a week Ampère presented the first of a series of papers establishing the laws of forces acting between conductors carrying current" (Dibner).
Outre le nom d'Ampère, les physiciens les plus prestigieux figurent à la table de cet ouvrage : Berthollet, Arago, Erman, Sir H. Davy, La Rive, Faraday, Vanbeek.
Le Recueil a été imprimé à mesure que les mémoires paraissaient, les nouvelles feuilles étant envoyées aux souscripteurs (c'est pourquoi bon nombre d'exemplaires répertoriés dans les bibliothèques ne sont pas complets) ; l'éditeur a d'ailleurs placé cette note au verso du faux-titre : "Les personnes qui auraient des exemplaires incomplets de cet ouvrage pourront, en les envoyant à un des Libraires ci-dessus, les échanger sans frais contre des exemplaires complets". La hâte de l'impression apparaît également en différents points : on a imprimé la table des matières et l'errata en même temps que l'avant dernier mémoire, puis on a ajouté l'extrait d'une lettre de Ampère à Faraday illustré de la pl. 10, d'avril 1823, qui ne figure donc pas à la table mais qui est mentionné sur un feuillet d'errata supplémentaire, paginé 383.
Très bel exemplaire, luxueusement relié à l'époque, ce qui révèle l'importance que son possesseur attachait à ces découvertes.
Ex-libris armorié, non identifié.
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6
AUGUSTIN, attribué à saint. [Sermones ad heremitas]. Sermoni volgari del Venera[n]do doctore Sa[n]cto & Aurelio Augustino: padre della regola Heremitana, molto devoti & spirituali ad acquistare la gloria del paradiso.
[Firenze, Gian Stefano di Carlo da Pavia, 1505].
In-4 de 34 ff.n.ch. ; maroquin souple grenat, dos lisse avec titre en long, double encadrement de filets dorés sur les plats, dentelle intérieure, tranches dorées (reliure moderne).
7 500,00 Euros
Goff, A-1323 ; Sander, 689 ; IGI, 1042 ; BMC, VII, 1209 ; GW, 3011 ; Kristeller, 11a.
Belle édition florentine de cette collection d'écrits spirituels.
Longtemps attribués à saint Augustin, ces dix-huit sermons invitant à la contemplation et à l'ascèse sont présentés dans la célèbre traduction italienne d'Agostino da Scarperia (XIVe siècle), frère érémitique, docteur en Sorbonne et l'un des premiers théologiens du Studio Fiorentino, université fondée en 1348. Ses versions italiennes des sermons d'Augustin sont considérées comme l'un des textes fondateurs de la littérature vulgaire en prose.
Ce livret soigneusement imprimé - que Goff datait de 1500 environ, l'attribuant aux presses de Lorenzo Morgiani et Johannes Petri -, est illustré au premier feuillet d'un joli bois gravé dans un encadrement à fond noir : saint Augustin à son scriptorium. Lettrines ornées.
Ouvrage peu commun : le catalogue de la British Library n'en recense que dix exemplaires, dont un en France (Paris Mazarine) et deux seulement en Italie (Chiavari et Bologne).
Excellent exemplaire, non lavé et avec de bonnes marges.
Quelques taches et rousseurs sans gravité ; petite réfection en marge du titre.
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7
BARROS, le Père André de. Vida do Apostolico Padre Antonio Vieyra da Companhia de Jesus (...) restaurador das missones do Maranhaõ, e Parà.
Lisbonne, Sylva, 1746.
In-folio de 14 ff.n.ch. (y compris le portrait de Vieira), 686 pp.ch. ; basane brune, dos à nerfs orné, pièce de titre de maroquin rouge, tranches mouchetées rouges (reliure du XVIIIe siècle).
6 000,00 Euros
Sabin, 3645 ; Borba de Moraes, I, 69 ; Streit, III, 1258 ; Alden, 1746/19.
Édition originale.
Biographie d'António Vieira (1608-1697), jésuite et diplomate portugais installé au Brésil en 1614, l'un des plus grands écrivains portugais de l'ère baroque.
Ayant découvert sa vocation de missionnaire en 1624, Vieira alterna l'activité diplomatique (revenant fréquemment au Portugal) et l'évangélisation des populations de l'intérieur du Brésil, dans le Maranhaõ notamment. démis plus d'une fois de ses fonctions à cause de ses prises de positions en faveur des Indiens et des Juifs persécutés par l'Inquisition, puis soupçonné d'hérésie pour ses théories millénaristes, il termina sa vie au Brésil, se consacrant à la correction de ses sermons (il en composa plus de deux-cents).
PLUSIEURS PASSAGES DE L'OUVRAGE CONCERNENT L'ACTIVITE D'ANTONIO VIEIRA AU BRESIL ET SES RAPPORTS AVEC LES POPULATIONS INDIGENES.
L'auteur de cette volumineuse biographie, le Père jésuite André de Barros (1675-1745), fut l'un des premiers membres de l'Académie Royale de l'Histoire du Portugal, située à Lisbonne dans le palais des Bragance, famille dont le Père Vieira avait défendu les droits au Brésil dès 1641 en assistant personnellement le roi Jean IV, premier monarque de cette dynastie.
Orné d'une grande planche montrant le Père Vieira évangélisant les Indiens du Brésil, de 6 vignettes en tête, dont une armoriées, et de 2 lettrines, le tout gravé sur cuivre.
Reliure frottée, coiffe inférieure grossièrement restaurée.
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8
BATAILLE, Henry. Le Beau voyage.
Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, 1904.
In-12 de 1 f. blanc, 4 ff.n.ch. (dont le frontispice), 255 pp.ch., 1 f. blanc ; demi-maroquin marron à coins, dos à nerfs, couvertures et dos conservés, non rogné, tête dorée (Durvand).
5 000,00 Euros
Talvart & Place, I, p. 273, n° 4.
Édition originale, rare.
L'un des plus importants recueils poétiques du siècle dernier, admiré par Gourmont, Larbaud, Éluard et surtout Aragon, pour qui Henry Bataille était - avec Baudelaire et Marceline Desbordes-Valmore -, l'un des poètes "qui ont écrits les plus beaux vers français" (Aragon fera d'ailleurs de Bataille l'un des personnages de son roman Les Cloches de Bâle).
Le Beau voyage rassemble l'essentiel de la production en vers de l'auteur - connu surtout comme dramaturge à succès -, et notamment son premier livre, La Chambre blanche, publié au Mercure de France en 1895 avec une préface de Marcel Schwob.
Le volume est orné en frontispice d'un autoportrait du poète tiré en lithographie. Bataille, qui s'était d'abord tourné vers les études artistiques, avait publié en 1901 un recueil de lithographies intitulé Têtes et pensées.
UN DES 10 JAPON (SEUL GRAND PAPIER AVEC 25 HOLLANDE), ENRICHI D'UN LONG ET MAGNIFIQUE ENVOI DE L'AUTEUR A SON EPOUSE, YVONNE DE BRAY.
L'exemplaire porte le n° 3. L'incroyable dédicace, qui occupe la totalité du faux-titre et la moitié du verso du frontispice, mérite d'être reproduite in extenso :
"Yvonne ! Yvonne !... Est-ce que tous les mots qui sont dans ce livre ne vont pas se lever, se dresser, pour protester contre ce nom inconnu, que je leur apporte, et dont ils ne connaissent pas la sonorité ?.. Pauvres mots, plus fidèles que nous, pauvres mots qui ressemblez à des chiens endormis sur la pierre du seuil, qui attendent le retour de leurs maîtres, - helas, helas, celle que je vous ramène n'est pas celle que vous avez nommée, n'est pas celle qui vous a fait frémir !... Elle ne reviendra plus, mes amis !... Vos prophéties se sont réalisées exactement, minutieusement, effroyablement... C'est l'heure où l'aiguille tombe, pauvres enfants blottis près de nos cœurs, qui avez été les témoins de l'enfance, de la tendresse et du cœur infidèle... C'est fini : Baissez la tête... Le Beau Voyage est fini pour l'un des deux !.. Vous ne la reverrez plus... Mais je suis là, toujours. Il y a encore moi... Tournez-vous vers celle que je vous ramène. Soyez accueillant [sic]. Prononcez comme moi la douceur de ce nouveau vocable.. Yvonne ! Yvonne !.. Il va falloir que vous nous redisiez les mêmes choses pour elle, que vous signifiez les mêmes tendresses ! Tout est à recommencer... Allons, debout mauvais gardiens ! Ne grognez pas !... Ce n'est pas fini !... Nous nous aimons... Et j'ai l'air sur cette page de garde, d'écrire sur une pierre tombale, dont le nom aurait été effacé.... d'écrire un mot jeune, frais, nouveau, comme les amants écrivent, au hasard des pierres ou des écorces, leurs chiffres entrelacés.... J'écris Yvonne sur la tombe d'une autre !... Et il me semble que c'est comme si j'avais posé une fleur d'églantine par dessus un cercueil... Henry Bataille".
C'est par cette déclaration échevelée, véritable poème en prose, qu'Henry Bataille offrait en 1912 à la jeune Yvonne de Bray (1889-1954) - monstre sacré des scènes parisiennes dans les années 1910-1920, puis artiste inclassable du cinéma parlant -, le recueil de vers qu'il avait écrit sous l'inspiration de sa première épouse, la comédienne d'origine belge Berthe Bady.
Terrassée par la mort de Bataille en 1922, Yvonne de Bray abandonna la scène ; elle ne revint que dans les années 40, et uniquement sur les écrans. Son exemplaire dédicacé du Beau voyage, relié par Durvand à son intention, porte les initiales Y.B. frappées au bas du dos. Il accompagna la comédienne jusqu'à la mort.
Dos uniformément passé, sinon exemplaire parfait.
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9
BOCCACCIO, Giovanni. Flammette. Co[m]plainte des tristes amours de Flam[m]ette a son amy Pa[m]phile. Translatee Ditalien en vulgaire françoys.
Lyon, Claude Nourry, [1532].
In-8 de 96 ff.ch. y compris le titre imprimé en rouge et noir ; caractères gothiques, 30 lignes ; maroquin janséniste bleu nuit, dos à nerfs, dentelle intérieure, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées, étui bordé (Gruel).
35 000,00 Euros
Brunet, I, 1009-1010 ; Baudrier, XII, 147 ; Sybille von Gültlingen, I, p. 90, n° 159 ; Bechtel, B-235 : cite cet exemplaire.
RARE ET BELLE EDITION DE LA PREMIERE TRADUCTION FRANÇAISE.
Une première édition avait été publiée à Paris en 1531 : il n'en subsiste qu'un seul exemplaire incomplet du titre, conservé à la NYPL (cf. Brigitte Moreau, 1531, n° 51).
Le volume, remarquablement imprimé, contient la première version française de l'Elegia di Madonna Fiammetta, l'une des œuvres maîtresses de Giovanni Boccacio et l'archétype de la fiction amoureuse européenne, composée directement en langue vulgaire vers 1343-1344.
Roman "humaniste" considéré comme une préfiguration du roman moderne (Carducci), voire comme le premier roman psychologique, la Fiammetta - ainsi qu'on l'abrège communément - est rédigée sous la forme d'un long monologue au cours duquel la protagoniste, une jeune Napolitaine mariée contre son gré, relate ses amours avec le marchand florentin Pamphile (Panfilo), déplorant les aléas de la passion adultérine et du désir contrasté.
L'ouvrage est en partie autobiographique, l'auteur s'étant partiellement représenté dans les deux personnages principaux : celui de Pamphile - on sait que le père de Boccace destinait son fils à une carrière de marchand - mais surtout celui de la jalouse et "graphomane" Fiammetta ("petite flamme"), dont la savante alchimie verbale transforme la douleur en pensée, l'anecdote en écriture. (Derrière Fiammetta surgissent aussi les traits d'un amour de jeunesse de Boccace, Maria d'Aquino.)
Loin d'être un simple récit-confession, Fiammetta est un texte exigeant qui affirme l'indépendance absolue de l'œuvre littéraire. Ce récit lyrique et raffiné, dans lequel Boccace dialogue avec Dante et les grands rhéteurs de l'antiquité - dont Sénèque, l'auteur le plus "pillé" dans Fiammetta -, marque aussi l'émergence du monologue intérieur et de la voix narrante dans la littérature moderne. Cette histoire sans histoire est "une longue variation thématique, un ressassement qui témoigne d'une expérimentation rhétorique et d'un défi mettant en jeu les possibilités infinies de la parole et de la littérature" (Francesco Erbani).
Il faut en outre relever l'originalité de Boccace lorsqu'il inverse la tradition courtoise qui confinait la femme dans le rôle de l'objet d'amour et choisit comme narrateur une femme qui s'adresse à d'autres femmes, une "écrivaine" capable d'exposer sa volonté et ses émotions par le biais de l'écriture, l'amant - devenu à son tour objet aimé - occupant une position marginale dans l'économie de la narration.
L'adaptateur français, resté anonyme, a quelque peu remanié et réordonné le texte original, infléchissant l'austère monologue savant vers le genre du roman sentimental qui connaîtra, surtout en France, un immense succès et d'innombrables imitations.
L'illustration, gravée sur bois, se compose de 10 vignettes tirées à partir de quatre blocs différents. Six figures répétées, dont cinq sont entourées de bordures, montrent Fiammetta ; il y a deux autres représentations identiques de la protagoniste, dont une répétée sur le titre avec rehauts de rouge ; les deux autres vignettes montrent la nourrice - qui empêchera le suicide de la protagoniste - et Fiammetta se querellant avec son mari. Nombreuses lettrines historiées.
Exemplaire très bien établi, grand de marges, finement relié par Gruel.
Auréole claire dans les marges du fond.
Provenance : Edouard Rahir (I, 416) et André van Bastelaer, avec les ex-libris.
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10
BOUGUER, Pierre. Essai d'optique sur la gradation de la lumière.
Paris, Claude Jombert, 1729.
In-12 de 1 f. blanc, 11 ff.n.ch., 164 pp.ch., 2 ff.n.ch. et 3 planches dépliantes ; maroquin rouge, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et petits fers, palettes en tête et eb pied, triple filet en encadrement sur les plats, armes frappées au centre, roulette intérieure et sur les coupes, tranches dorées (reliure de l'époque).
25 000,00 Euros
DSB, II, pp. 343-344 ; Norman I, 283.
Édition originale, très rare.
L'ouvrage fondateur de la photométrie, branche de l'optique consacrée à la mesure de l'intensité de la lumière. Dans la première section de l'ouvrage, intitulée "Méthode de mesurer la force de la lumière", Bouguer expose la loi de variation de l'éclairement ; la deuxième partie, "De la transparence et de l'opacité", contient l'énoncé de la loi de Bouguer.
"His interest in the measurement of light dates from about 1721, when J.J. d'Ortous de Mairan proposed a problem that necessitated a knowledge of the relative amount of light from the sun at two altitudes. Bouguer succeeded in making such a measurement of the light from the full moon on 23 November 1725, by comparing it with that of a candle. Bouguer's achievement was to see that the eye could be used, not as a meter, but as a null indicator, i.e., to establish the equality of brightness of two adjacent surfaces. He then made use of the law of inverse squares, first clearly set forth by Kepler. In his Essay d'optique... he showed how to compare lights in this way ; he then went on to deal with the transmission of light through partly transparent substances. In the latter part of the Essai, Bouguer published the second of his great optical discoveries, often called Bouger's law : 'In a medium of uniform transparency the light remaining in a collimated beam is an exponential function of the length of its path in the medium'. This law was related by J.H. Lambert in his Photometria (1760) and, perhaps because of the great rarity of copies of Bouguer's Essai, is sometimes unjustifiably referred to as Lambert's law. Just before he died, Bouguer completed a much larger book on photometry, the Traité d'optique sur la gradation de la lumière, published posthumously (1760) by his friend the Abbé Nicolas Louis de la Caille" (DSB).
Les 3 planches gravées sur cuivre rassemblent plusieurs croquis et schémas décrivant les expériences optiques de l'auteur.
Le physicien Pierre Bouguer (1698-1758), à qui l'on doit également des travaux sur l'architecture navale et la navigation, a dédié son livre à Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas et de Pontchartrain (1701-1781), secrétaire d'État au département de la marine et membre honoraire de l'Académie des sciences.
PRECIEUX EXEMPLAIRE DE DEDICACE EN GRAND PAPIER, SUPERBEMENT RELIE AUX ARMES DU COMTE DE MAUREPAS.
Les travaux de Bouguer intéressaient directement le département de ce ministre protecteur des sciences et réorganisateur de la marine, ce qui explique le luxe de la reliure.
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[BRESIL]. Folhinha d'Algibeira ou Diario civil e ecclesiastico do anno de 1830, nono da Independencia do Imperio do Brasil...
Rio de Janeiro, Typographia Imperial de P. Plancher-Seignot, 1830.
In-16 de 120, 20, 64, 8 et 88 pp.ch. ; maroquin rouge grain long, dos lisse orné de frises et fleurons, dentelle en encadrement sur les plats, gardes et contregardes de papier crème à points dorés, dentelle intérieure, tranches dorées (reliure de l'époque).
4 500,00 Euros
RARE ALMANACH BRESILIEN PUBLIE A RIO DE JANEIRO.
L'ouvrage contient, outre un calendrier détaillé agrémenté d'éphémérides civiles et de notices géographiques, des pronostications pour 1831 et des anecdotes curieuses. On trouve à la fin, avec un titre particulier daté 1829, le texte de la constitution brésilienne de 1824 (88 pages).
Un petit supplément de 8 pages contient la relation du mariage officiel de la troisième fille d'Eugène de Beauharnais, Amélie de Leuchtenberg (1812-1873), et de l'empereur du Brésil, Pierre Ier (1798-1834), qui s'étaient mariés par procuration le 2 août 1829 à Munich. La véritable cérémonie eut lieu le 17 octobre de la même année, ce qui explique que l'éditeur de la Folhinha l'ait insérée dans le volume alors que celui-ci était déjà composé.
Cette publication, qui débuta en 1825, semble très rare : en France, seule la bibliothèque Sainte-Geneviève en possède un exemplaire de l'année 1831.
Un mot sur Pierre René François Plancher de la Noé, éditeur du volume : ce journaliste français, bonapartiste contraint à l'exil par l'avènement de la Restauration, installa une typographie à Rio de Janeiro en 1824, année où il imprima la première constitution du Brésil. Il publia aussi des œuvres de fiction et des classiques de la pensée politique européenne, et participa activement au débat politique brésilien, avant de revenir en France en 1834.
BEL EXEMPLAIRE, DANS UNE RAVISSANTE RELIURE BRESILIENNE DE L'EPOQUE EN MAROQUIN.
Ex-libris William Semprini.
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BRUNSCHWIG, Hieronymus. Das Buch zu Distilieren die zusamen gethonen ding...
[A la fin : Strasbourg, Bartholomeus Grüninger, 1532].
In-folio de 8 ff.n.ch. et 280 ff.ch. ; caractères gothiques, impression sur deux colonnes ; reliure sur ais, dos à nerfs et moitié des plats recouverts de veau havane décoré à froid de bordures et motifs floraux, fermoirs métalliques (reliure de l'époque).
25 000,00 Euros
Duveen, 107 ; Simon, Bacchica, II, 111 ; Neville, I, 224-228 (autres éditions) ; NLM, 749 ; Wellcome, I, 1115 (incomplet).
Troisième édition du Grosses Distillierbuch.
Ce fameux traité consacré à la distillation et à ses applications médicales a paru pour la première fois à Strasbourg en 1512, chez le même éditeur. Il s'agissait à cette date du premier ouvrage jamais publié traitant exclusivement de chimie.
L'auteur, le chirurgien strasbourgeois Hieronymus Brunschwig (v. 1453-1513), publia plusieurs livres sur la médecine, la chirurgie, les simples et la peste.
Un premier ouvrage, connu sous le titre de Kleines Distillierbuch et consacré à la distillation des plantes médicinales, avait paru en 1500. Dans ce deuxième traité, bien plus étendu, Brunschwig expose un grand nombre de recettes obtenues en distillant non seulement les simples, mais aussi les matières animales et minérales.
"It describes in detail the apparatus and techniques of distillation (...) and summarizes all aspects of chemical and pharmacological knowledge at the beginning of the sixteenth century... An impressive assemblage of Brunschwig's chemical knowledge is contained in this book, adapted to practical use. His innovation was the application of steam distillation to isolate medicinally important substances from their matrix" (Neville).
L'illustration, gravée sur bois, comporte une grande composition sur le titre (allégorie du processus chimique), 1 gravure à pleine page et 125 vignettes, souvent à mi-page : alambics, fours, opérations de chimie, etc., mais aussi des scènes de saignée, un médecin examinant une fiole d'urine, la boutique d'un apothicaire, des figures anatomiques, etc.
"One cut showing three men having a discussion appears to be newly added in this edition, the others are repeated from the preceding editions. Some are also used in the 1531 edition of Ulstadt's Coelum Philosophorum" (Duveen).
Très bon exemplaire dans sa reliure d'origine.
Quelques rousseurs et auréoles ; réparation dans la marge inférieure des feuillets P6 et O ; minuscules trous de vers sans atteinte à l'imprimé aux premiers et aux derniers feuillets ; petit manque de cuir au plat supérieur ; gardes et lanières des fermoirs renouvelées.
Quelques annotations anciennes à l'encre noire.
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CHAMPIER, Symphorien. Symphonia Platonis cum Aristotele : & Galeni cu[m] Hippocrate. Hippocratica philosophia eiusdem. Platonica medicina de Duplici mundo... Speculum medicinale platonicum...
Paris, Josse Bade, sans date [18 avril 1516].
Petit in-8 de 172 ff.ch. ; basane brune, dos à nerfs orné, pièce de titre rouge, tranches mouchetées bleues (reliure de la fin du XVIIIe siècle).
6 500,00 Euros
Allut, XIII, pp. 171-174 : "Très beau volume, remarquable par les magnifiques lettres ornées qui y abondent" ; Renouard, II, p. 274 ; Brigitte Moreau, II, 1301 ; Bruni Celli, 961 ; NLM (en ligne), n° 2227065R ; Osler, 2269 ; pas dans Wellcome.
Édition originale.
Dans ce curieux traité, le médecin lyonnais Symphorien Champier (v. 1471-1538) s'attache à démontrer la conformité entre les doctrines d'Aristote et de Platon, d'une part, et celles d'Hippocrate et de Galien, d'autre part (Hippocrate occupant selon lui la position la plus élevée parmi ces "quatre princes de la médecine").
La Symphonia est suivie d'une version du Timée de Platon augmentée de commentaires de Champier inspirés de Marsile Ficin, du Speculum Platonis - recueil de sentences extraites des œuvres du philosophe grec -, et d'une apologie des lettres humanistes adressées à Jacques Lefèvre d'Étaples.
Le titre est orné d'une très belle vignette gravée sur bois montrant un quatuor de joueurs de violes et violons formé par Platon, Aristote, Hippocrate et Galien (ce dernier étant le seul dont le nom figure sur la gravure).
On trouve relié à la fin :
a - CHAMPIER, Symphorien. Cribatio, lima et annotame[n]ta in Galeni, Avicennae et Consiliatoris [i.e. Pietro d'Abano] opera. [Paris, Josse Bade, 30 avril 1516]. 72 ff.ch.
Allut, XVI, p. 179 (n'a pas vu l'ouvrage) ; Renouard, II, p. 275-276 ; Moreau, II, 1298 ; NLM, 931 ; Osler, 2271 ; pas dans Wellcome.
Édition originale.
Commentaires et observations sur les œuvres de Galien, Avicenne et Pietro d'Abano. Le titre est orné de la belle marque de Josse Bade montrant une presse typographique en action (n° 1).
Belles lettrines à fond criblé, de différentes tailles.
On a relié entre les deux ouvrages de Champier :
b - [CLICHTOVE, publié par Josse]. Dogma Moralium philosophorum compendiose & studiose collectum. [Paris], Josse Bade et Jean Petit, [1511]. 42 ff.n.ch.
Renouard, II, p. 408 ; Moreau, II, 79 (cite 5 exemplaires).
Édition originale, rare.
Précis médiéval de philosophie morale composé à partir de textes d'auteurs antiques (Cicéron, Horace, Boèce, Juvénal, Sénèque, Térence, etc.), établi pour Josse Bade par les soins du théologien et érudit Josse Clichtove (1472-1543). On a attribué cet ouvrage à plusieurs écrivains - Guillaume de Conches, Gauthier de Châtillon, Hildebert de Lavardin ou Alain de Lille, entre autres -, mais on continue à en ignorer le véritable auteur.
Le titre porte la marque n° 1 de Josse Bade (voir ci-dessus). Jolies lettrines ornées.
INTERESSANTE REUNION D'ECRITS HUMANISTES ET MEDICAUX PUBLIES PAR JOSSE BADE.
Les deux traités de Champier, l'une des principales figures de l'humanisme lyonnais dans le premier tiers du XVIe siècle, sont caractéristiques de son dessein philosophique : "faire une synthèse (...) des apports de l'Antiquité et les fondre dans la tradition chrétienne, ce qui ne va pas sans une réinterprétation tendancieuse des textes antiques... Dans le domaine médical, Champier se signale par ses attaques contre la médecine arabe, qui se durcissent au fil de ses publications, et par ses éloges des médecins de l'Antiquité, en particulier Galien et Hippocrate, même s'il reconnaît que ces derniers ne s'accordent pas toujours... Comme Marsile Ficin, Champier voit dans les écrits hermétiques les témoignages sûrs d'une très ancienne théologie égyptienne, la prisca théologia, révélée par Dieu même et annonciatrice des vérités chrétiennes... Il concilie d'ailleurs cette position avec une hostilité déclarée à l'égard de la Réforme, dans laquelle il voit une dangereuse hérésie" (Arlette Jouanna).
Quelques annotations contemporaines ; galeries de ver aux cahiers A-D du premier ouvrage avec atteinte à quelques lettres ; habiles restaurations à la reliure, pièce de titre renouvelée.
Ex-libris P. C. Marchant, médecin de Besançon (XVIIIe siècle).
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CHASTELLUX, François-Jean de Beauvoir, marquis de. Voyages de M. le Marquis de Chastellux dans l'Amérique septentrionale dans les années 1780, 1781 & 1782.
Paris, Prault, 1786.
2 volumes in-8 de 8, 390 pp.ch. et 1 carte dépliante pour le tome I ; 2 ff.n.ch., 362 pp.ch., 1 f.n.ch., 1 carte et 3 planches dépliantes pour le tome II ; veau fauve, dos lisse orné à la grotesque, pièces de titre de maroquin grenat, trois filets en encadrement sur les plats, roulettes sur les coupes, tranches rouges (reliure de l'époque).
4 500,00 Euros
Sabin, 12227 ; Howes, C-324 ; Monaghan, 1533.
Première édition complète.
Cette importante relation, dont une première édition privée, tirée à moins de trente exemplaires, avait paru à Newport en 1781 sous le titre de Voyage de Newport à Philadelphie, fit l'objet d'éditions pirate publiées en 1785 et 1786. Ces deux volumes édités par Prault constituent, pour Howes, "the first trustworthy record of life in the United States".
Le marquis de Chastellux (1734-1788) fit partie de l'expédition de Rochambeau envoyée en 1780 pour soutenir les troupes de l'Union. Chastellux, qui servit trois ans comme major-général, rédigea le récit du voyage, où il consigna ses impressions et ses rencontres (Washington, La Fayette, Jefferson), brossant ainsi l'un des premiers tableaux de la jeune république. Les idées réactionnaires et esclavagistes de l'auteur, et son hostilité au quakerisme, furent critiquées par Brissot de Warville dans un Examen publié la même année.
Orné de 5 planches dépliantes, dont 2 cartes et 3 vues.
Coins légèrement émoussés, mais bel exemplaire, grand de marges, très agréablement relié.
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[CIVILITÉ - GASTRONOMIE]. LES CON//TENANCES DE LA // TABLE. [In-fine, f. 4r :] Cy finissent les co[n]tena[n]ces de la table.
Sans lieu ni date [Lyon, Pierre Mareschal & Barnabé Chaussart, 1503].
Petit in-4 gothique de 4 ff.n.ch. à 30 lignes (le verso du dernier f. est blanc) ; maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, bordure intérieure ornée d'une belle guirlande sertie de filets, filet sur les coupes, tranches dorées (M. Lortic).
40 000,00 Euros
HC, 5675 ; Pell., 3963 ; CIBN, I, p. 586 ; BSB-Ink, C-532 ; GW, VII, Sp.32a ; Brunet, II, 244 (avec reproduction de la marque) ; Baudrier, XI, 483 ; Cat. Firmin-Didot, 1878, n° 219 (exemplaire relié par Trautz-Bauzonnet) ; Vicaire, BG, 207-208 ; Bechtel, C-604 ; voir Livres en bouche, cat. BnF, n° 33, pour la première édition séparée et en quatrains, publiée à Lyon vers 1490 - Manque à Goff, ainsi qu'aux principales bibliographies et collections de gastronomie (Bitting, Oberlé, Cagle, Maggs, Schraemli, Bagnasco, etc.).
PRECIEUSE EDITION DE CET OPUSCULE D'INTERET GASTRONOMIQUE.
Remarquable "par les grosses croix de Malte qui suivent le titre" (Bechtel), elle porte la belle marque typographique des typographes Pierre Mareschal et Barnabé Chaussart, actifs à Lyon entre 1493 et 1515. Ce bois ne présente pas encore la cassure dans la bordure droite que l'on constate dans l'édition publiée par les mêmes éditeurs après 1503 (cf. Bechtel, C-605). Une belle lettrine avec décor floral sur fond noir complète l'ornementation.
LE PREMIER MANUEL FRANÇAIS SUR LES BONNES MANIERES A TABLE.
Ce recueil de préceptes éducatifs en vers - un manuel du parfait convive s'adressant tout particulièrement aux enfants - est constitué de 37 quatrains et d'une ballade en vers octosyllabes. Il contient notamment des conseils d'hygiène et des interdictions alimentaires, met en garde contre les abus en nourriture et en boisson, expose la façon de se tenir à table, celle de se servir, comment présenter le pain, le vin, la viande, etc.
Enfant tu ne te dois charger
Tant de la première viande
Se plusieurs en as de commande
Que d'austres ne puisses menger
.........................................
Enfant se ton nes est morueux
Ne le torche pas de la main nue
De quoy la viande est tenue
Le fait est villain et honteux
On connaît trois versions des Contenances de la table. La troisième - la première publiée séparément - a paru à Lyon, probablement chez Jean du Pré, entre 1489 et 1492 : elle a servi de modèle aux éditions publiées aux XVe et au début du XVIe siècle, toutes rares et recherchées. "Le texte y est augmenté, le rédacteur ayant transformé en quatrains les dystiques des versions précédentes et ajouté une ballade à la fin" (Livres en bouche).
Brunet cite, d'après le catalogue La Vallière, deux autres éditions imprimées à Paris avant ou vers 1500, dont l'une porte la marque de Jean Trepperel. D'après le grand bibliographe, cet opuscule serait du même auteur que La doctrine du père au filz, Le doctrinal des nouveaux mariez, Le doctrinal des filles et La voye de paradis, opuscules réunis dans un recueil conservé à la Bibliothèque nationale de France (cote Y4481A).
OUVRAGE D'UNE GRANDE RARETE : LE CATALOGUE DE LA BRITISH LIBRARY N'EN RECENSE QUE DEUX EXEMPLAIRES (PARIS BN ET MÜNCHEN BSB).
Bel exemplaire, grand de marges, finement relié par Marcelin Lortic.
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Un mercenaire de la VOC au XVIIe siècle : très rare relation d'un voyage aux Indes, superbement reliée à l'époque
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[COMPAGNIE DES INDES]. Relation d'un voyage aux Indes Orientales. Par un Gentil-homme François arrivé depuis trois Ans. Avec une Hydrographie pour l'intelligence dudit Voyage.
Paris, Pierre David, 1646.
Petit in-8 de 4 ff.n.ch. et 190 pp.ch. ; maroquin brun, dos lisse orné d'un riche et fin décor aux petits fers formé de fleurons, points et palmettes entourant deux tournesols couronnés enserrés dans un ovale, titre dans une réserve centrale au milieu du dos, encadrement à la Duseuil sur les plats, dentelle intérieure et sur les coupes, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque).
35 000,00 Euros
Dirk Van der Cruysse (éd.), Mercenaires français de la VOC, Paris, 2004, pp. 59-63 ; Sabin, 69248 ; Alden 645/102 : "Includes (p. 179-90) section on Les Isles de l'Amérique" - Inconnu de Landwehr (VOC) et de Chadenat, mais cité par Raymond Arveiller dans sa Contribution à l'étude des termes de voyage en français, Paris, 1963, pp. 59-63. - Pour la reliure : Isabelle de Conihout et Pascal Ract-Madoux, Reliures françaises du XVIIe siècle. Chefs-d'œuvre du Musée Condé, Chantilly et Paris, 2002, pp. 100-105, n° 44-46.
ÉDITION ORIGINALE, RARISSIME, DE CETTE RELATION D'UN VOYAGE AUX INDES ORIENTALES.
La plupart des exemplaires connus - cinq ou six - portent l'adresse de Pierre Villéry & Jean Guignart et la date de 1645 : après comparaison avec l'exemplaire de la BnF, il s'agit bien d'une seule et même édition, remise en vente en 1646 avec un titre de relais à l'adresse de Pierre David (Alden signale un seul exemplaire daté 1645 et ne cite pas l'émission de 1646).
L'auteur de ce petit ouvrage est demeuré inconnu. Sa relation a été publiée en 2004 par Dirk Van der Cruysse à la suite de celle, inédite, de Jean de Guidon de Chambelle, un autre "mercenaire" Parisien qui, dans les années 1644-1651, avait mis son épée au service de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC).
L'Avis au lecteur précise que ce récit a été publié à l'insu du gentilhomme voyageur. Nous ne saurons hélas rien de plus sur cet "homme d'honneur" qui, embarqué en Zélande le 29 juin 1630 sur les vaisseaux hollandais le Vlissingen et le Ter Vere, visita Java, Batavia, Formose, la Chine, le Japon, le golfe Persique, Surate, etc., séjournant sept ans à l'étranger, comme Guidon de Chandelle, mais rayonnant beaucoup plus que lui à travers l'Asie.
"Bien que soldat, le gentilhomme semble jouir d'une position plutôt privilégiée ; il est chargé à Surate de convoyer avec un autre soldat des coffres d'or du port à la loge de la VOC, et il est à Bandar-Abbas un des dix soldats qui accompagnent l'amiral Lucasz à un banquet offert par le gouverneur persan. Ses réactions paraissent parfois surprenantes. Il s'indigne à Amoy de la dureté des Chinois qui refusent l'aumône à des malheureux mourant de faim dans la rue, mais il participe joyeusement au pillage des faubourgs de cette même ville. Non content de 'butiner tout ce qui s'y trouva', il note avec dépit : 'Nous pillâmes aussi ensuite la ville de Tanxoa et l'eussions brûlée, mais le gouverneur ne le voulut pas'. Et que penser de ceci : 'Nous rôdâmes dix jours sur la côte de Goa et fîmes rencontre d'un vaisseau que nous prîmes, et tuâmes tous les hommes. Mais nous ne touchâmes point à cinq femmes qui y étaient, excepté à une à qui on coupa les oreilles pour des pendants qui y étaient'... L'examen des dates contenues dans le texte permet de supposer que le gentilhomme a dû être de retour en Hollande en août 1637... [Sa relation] se distingue par plusieurs traits de celle de Jean Guidon de Chambelle. Elle est moins longue, d'un ton moins personnel aussi, mais elle raconte cinq années bourrées d'événements hauts en couleurs. Chambelle n'a vu que Batavia et Malacca, alors que le gentilhomme anonyme a passé la première moitié de son service à Batavia, à Sumatra, à Taïwan, sur la côte chinoise et au Japon, pour être ensuite envoyé aux Westerkwartieren ou quartiers de l'Ouest, ce qui lui a permis de se promener entre la côte de Malabar, Surate, le golfe Persique et la mer Rouge. Son expérience de l'Asie - et la valeur documentaire de sa relation - est de ce fait plus riche" (Dirk Van der Cruysse).
Les dernières pages de l'ouvrage sont consacrées aux "Iles de l'Amérique". On trouve en effet, à la suite de l'Hydrographie qui occupe près de la deuxième moitié du volume - et qui n'a sans doute pas été composée par notre "gentilhomme" -, douze pages de courtes notices sur Terre-Neuve, Saint-Christophe, Saint-Domingue, Cuba, Porto Rico, les Bermudes, etc., avec l'indication de leur découverte et leurs ressources naturelles.
Enfin, signalons que le catalogue raisonné de la bibliothèque de l'abbé Favre, professeur de malais et de javanais à l'École des langues orientales, publié en 1888 par Charles Leclerc, mentionnait un "très bel exemplaire" de l'édition de 1646 provenant de la collection Eyriès, la même collection qui contenait aussi le manuscrit du Voyage aux Grandes Indes orientales de Jean Guidon de Chambelle.
EXQUISE RELIURE EN MAROQUIN AVEC DOS DECORE "A LA MARGUERITE COURONNEE".
Ce type de décor a été étudié par Isabelle de Conihout et Pascal Ract-Madoux, qui ont baptisé le groupe de volumes sur lesquels il apparaît "reliures antiquités gauloises". Il s'agit de reliures archaïsantes réalisées pour des amateurs "mondains et cultivés et par ailleurs grands curieux" (Jean Viardot), mal connues et mal datées jusqu'à une époque récente.
Les reliures de cet amateur raffiné "portent invariablement un encadrement avec fleurons aux angles, tandis que les dos sont entièrement occupés par un décor qui peut prendre des formes diverses. C'est dans le décor des dos qu'apparaît souvent un renard (...), et plus rarement une femme (paysanne ?) sur une balançoire, une scène villageoise ou un chevalier sur sa monture accompagnés de différents éléments héraldiques ou seulement décoratifs et de nombreuses couronnes, le plus souvent royales" (I. de Conihout et P. Ract-Madoux).
M. Jean-Marc Chatelain, conservateur à la réserve de la BnF et spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, a bien voulu nous autoriser à publier ses réflexions sur les reliures dont le décor est semblable ou apparenté à celui de notre exemplaire. Qu'il en soit ici remercié.
Une question de date d'abord  : M. Chatelain connaît plusieurs exemples de la même série (bien que ne présentant pas les mêmes motifs, mais avec toujours cette manière si caractéristique de pousser le titre au centre du dos long et d'accompagner le décor de feuillages) sur des volumes datés de l'année 1700. Or P. Ract-Madoux, dans le catalogue de Chantilly (p. 110), souligne que l'une des reliures de cette série a été acquise par Gaignières en décembre 1706. Cela invite à resserrer très fortement la fourchette de datation : entre 1700 et 1705 très vraisemblablement (même s'il n'est pas exclu que certaines reliures de la série soient antérieures à 1700, mais sans doute ne le sont-elles alors que très légèrement).
Une question de décor : les exemples de motif au tournesol que P. Ract-Madoux produit pour cette série (n° 45 et 46) sont surmontés d'une couronne fermée. C'est aussi le cas de la majorité des exemplaires examinés par J.-M. Chatelain, qui a en effet répertorié jusqu'à présent un total de 45 reliures appartenant à la série en question ; 12 d'entre elles (en y incluant notre exemplaire) présentent dans le décor du dos un tel tournesol. Sur dix de ces douze reliures, le tournesol est surmonté d'une couronne fermée. Mais il existe toutefois un autre cas qui, en plus de cet exemplaire, présente une couronne ouverte. C'est une reliure en maroquin rouge conservée à la bibliothèque de l'Arsenal (8° H. 18345 Rés.), portée sur un recueil de pièces relatives à l'expédition de Villegaignon au Brésil, publiées en 1561.
Enfin, une question de textes : ceux qu'on rencontre sous les reliures de cette série, tous en français, comprennent un nombre non négligeable d'ouvrages géographiques, comme, pour ne citer que quelques livres de la sous-série dont les dos présentent un tournesol couronné : la Cosmographie de Münster, 1575 ; le Catalogue des villes et cités de Corrozet, 1536 ; La Division du monde..., 1558. Quant à la personne du collectionneur, J.-M. Chatelain pense comme P. Ract-Madoux que c'est bien à un seul et même personnage qu'ont appartenu tous les livres de la série.
SUPERBE EXEMPLAIRE, ADMIRABLEMENT CONSERVE.
Quelques faibles taches et piqûres ; infimes restaurations aux coins et à la coiffe supérieure
Provenance : Signature non identifiée sur la première garde et à la dernière page. - R.W.P. de Vries, libraire à Amsterdam (étiquette). - A.L. McLaughlin (ex-libris).
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CONDILLAC, abbé Etienne Bonnot de. Cours d'étude pour l'instruction du prince de Parme, aujourd'hui S. A. R. l'Infant D. Ferdinand duc de Parme, Plaisance, Guastalle, etc.
Aux Deux-Ponts, 1782 (Parme, Bodoni, 1775).
13 volumes in-8 ; maroquin vert vif, dos lisses ornés de faux-nerfs et de fleurons dorés, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, triple filet d'encadrement doré sur les plats, filet sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (reliure de l'époque).
15 000,00 Euros
Brooks, 203 ; Tchemerzine-Scheler, II, 483.
Édition originale.
En 1758, Étienne Bonnot de Condillac (1714-1780) fut envoyé par Louis XV à Parme comme précepteur de son petit-fils l'Infant Ferdinand, fils de Philippe de Bourbon et de Marie-Louise Elisabeth. Le Précepteur se consacra à l'éducation de l'enfant avec une paternelle sollicitude, mais il ne réussit jamais à gagner sa sympathie, car il lui interdisait toutes les pratiques dévotes que les moines et les prêtres lui enseignaient à la cour.
Le Cours d'étude, écrit pour l'Infant, comprend : l'Art de penser, l'Art d'écrire, l'Art de raisonner, un Dictionnaire des synonymes de la langue française, et une Histoire générale des hommes et des empires. Condillac demanda à son frère, l'abbé de Mably, plus compétent que lui dans ce domaine, de rédiger les leçons de politique nécessaires au jeune prince, et qui forment le dernier volume, sous le titre De l'étude de l'histoire.
Elisabeth Badinter a relaté l'échec de cette expérience pédagogique dans son ouvrage L'Infant de Parme, démontrant que les valeurs les plus justes peuvent s'inverser en leur contraire si le maître qui les transmet reste sourd au désir de l'enfant.
LE COURS D'ÉTUDES EST AUSSI UNE REMARQUABLE REALISATION TYPOGRAPHIQUE DE BODONI.
Le duc de Parme Ferdinand 1er avait souhaité doter sa ville d'une imprimerie aussi prestigieuse que celles de Paris. Sur proposition de Guillaume Du Tillot, son premier ministre, il nomma le jeune et brillant typographe Giambattista Bodoni à la tête de l'imprimerie ducale de Parme en 1768, qu'il fit installer dans le palais de la Pilotta.
L'ouvrage de Condillac fut, bien entendu, confié à l'imprimerie de Bodoni, mais, la cour d'Espagne s'étant opposée à la publication en 1775, Bodoni n'obtint qu'en 1782 la permission de mettre en vente son édition, après y avoir mis plusieurs cartons et un nouveau titre portant l'indication des Aux Deux-Ponts.
Les volumes sont illustrés du portrait de Condillac, gravé par Ravenet, et de neuf planches scientifiques illustrant l'Art de raisonner.
TRES BEL EXEMPLAIRE ELEGAMMENT RELIE A L'EPOQUE, AVEC LES PASSAGES CARTONNES.
Ex-libris Sir Francis Baring Bart.
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"La première description française d'une Wunderkammer idéale"
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CONTANT, Paul. Le Jardin et Cabinet poétique de Paul Contant apoticaire de Poictiers.
Poitiers, Antoine Mesnier, 1609.
Petit in-4 de 1 titre gravé, 11 ff.n.ch., 99 pp.ch., 2 ff.n.ch. et 10 planches gravées, dont une dépliante ; basane brune, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et petits fers, tranches mouchetées (reliure de l'époque).
48 000,00 Euros
Brunet, II, 241 ; Haag, I, 52-53 ; Antoine Schnapper, Le Géant, la licorne et la tulipe, I, pp. 219-225 ; André Jammes, Cabinets de curiosités, 93 (incomplet d'un feuillet liminaire) ; Bibl. Aurel., XVIIe siècle, V, Poitiers, 77 ; Hunt, I, 188 ; Alden, 609/23 (3 exemplaires dont un aux États-Unis) ; Tous les savoirs du monde, p. 306, n° 106.
ÉDITION ORIGINALE, TRES RARE.
On trouve dans cet ouvrage charmant et fort célèbre - très apprécié par Charles Nodier, qui en possédait un exemplaire - la description du cabinet de curiosités de l'auteur, l'apothicaire poitevin et protestant Paul Contant (1570-1632). Ce dernier a dressé le catalogue de ses collections sous la forme d'un long poème en alexandrins occupant 99 pages (les feuillets liminaires contiennent les dédicaces et des pièces de circonstance).
Contant possédait l'un des cabinets les plus célèbres de ce début du XVIIe siècle - un "raccourcy du magazin du monde" comme le définit Béroalde de Verville dans l'une des pièces liminaires -, ce singulier catalogue versifié constituant pour A. Jammes la "première description française d'une Wunderkammer idéale".
"Les Contant (Jacques le père était lui aussi apothicaire) faisaient partie de ce petit monde des médecins et apothicaires partagés entre Poitiers et la région de La Rochelle qui entretenaient des rapports avec Paris, et pouvaient recevoir, par La Rochelle, une foule d'objets exotiques. Les échanges d'objets et de curiosités étaient fréquents entre eux, en témoignent les nombreuses dédicaces et les écrits de Contant lui-même" (Jammes).
L'illustration, gravée sur cuivre par l'auteur, comporte un beau titre-frontispice architectural aux armes du duc de Sully, dédicataire de l'ouvrage, et 46 figures réparties sur 10 planches. Les neuf premières planches (45 vignettes) montrent les espèces animales, alors que les plantes sont représentées en bouquet sur la dixième, dépliante, qui porte la devise de l'auteur gravée dans le cuivre : "Du don de Dieu je suis Contant".
"On y rencontre des merveilles, du dragon au rémora, en passant pas les tatous, le toucan, les tortues et les crocodiles, le caméléon, le poisson orbis, le soleil de mer, le renard de mer, etc. On trouve aussi parmi eux des monstres, ornements habituels des cabinets curieux : un enfant, que la gravure présente comme des siamois unis par le haut du corps, un agneau monocule, un pigeon à deux têtes, un chien et un chat à huit pattes" (A. Schnapper).
Dès 1606, un voyageur tyrolien s'extasiait sur les objets étranges qui ornaient le cabinet du pharmacien lettré  : "Un tout petit dragon ; la partie avant d'une tête de rhinocéros avec sa corne, devant sur le nez, de deux empans de longueur environ ; le globe oculaire d'une baleine, long d'un grand empan et 4 doigts, épais de 4 doigts, dont plusieurs existent au même endroit ; un caméléon, étrange petite bestiole ; un bateau du Nouveau Monde [i.e. canoë], de 16 fois et demi la longueur de ma chaussure, dont le bout est pointu, fait de bois et de peau de poisson marin [phoque ?] ; au milieu, il a un trou pour s'asseoir, sinon il est tout fermé sur le dessus, à l'exception du trou en question, et à l'intérieur il est creux ; (...) toutes sortes de miroirs bizarres qui renvoient un arc-en-ciel, ou diverses formes d'un même objet, ou enlaidissent le visage et autres de même acabit ; toutes sortes de poissons et de serpents morts ; une tête de loup de mer et des merveilles marines du même ordre ; divers beaux coquillages et coraux, etc. ; un pigeon à deux têtes conservé dans un verre et beaucoup d'autres bizarreries" (extrait du journal de Hans Georg Ernstinger, publié en 1877).
ALDEN SOULIGNE L'INTERET AMERICANISTE DE L'OUVRAGE, QUI DECRIT PLUSIEURS SPECIMENS ET OBJETS PROVENANT DU NOUVEAU MONDE.
Les deux derniers feuillets, non chiffrés, contiennent une table des 60 plantes et 43 animaux décrits dans le poème. Une deuxième édition du Jardin et Cabinet poétique, avec un texte légèrement augmenté mais comportant les mêmes illustrations que l'originale, a vu le jour en 1628 : elle est infiniment moins rare que la première.
EXCELLENT EXEMPLAIRE EN RELIURE DU TEMPS, PROVENANT DE LA BIBLIOTHEQUE DES DUCS DE LA TREMOILLE, SEIGNEURS DU POITOU, L'UNE DES PLUS ANCIENNES FAMILLES DE FRANCE.
La première garde porte en effet un cachet à l'encre rouge aux armes de La Trémoille accompagné de la mention "Serrant" (première moitié du XIXe siècle)
Le château de Serrant, bâti à la Renaissance à quelques kilomètres d'Angers, appartint à la famille de Brie jusqu'en 1596, date à laquelle Hercule de Rohan, duc de Montbazon, en devint le propriétaire. Après avoir brièvement appartenu à Scipion Sardini (1526-1609), l'un des financiers des derniers Valois, Serrant fut acquis en 1636 par Guillaume Bautru (1588-1665), poète satirique et diplomate sous Louis XIII et Louis XIV, considéré par Bayle comme "un des beaux esprits du XVIIe siècle". En 1749, le château fut cédé à l'armateur François Jacques Walsh, puis, lors du mariage de la comtesse Valentine Walsh avec le duc de la Trémouille (1830), il entra dans le patrimoine de cette importante famille ducale dont les membres avaient occupé des places de premier plan dans l'armée et les cercles du pouvoir au Moyen Âge et à la Renaissance. C'est à cette époque que la bibliothèque de La Trémoille fut transférée à Serrant. Parmi les derniers représentants de cette maison, il faut signaler l'historien Louis Charles de La Trémoille (1838-1911), membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui fut aussi un grand collectionneur et un bibliophile exigeant.
Épidermures légères sur les plats, petites restaurations aux coiffes.
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CYSAT, Jean-Baptiste. Mathemata Astronomica de loco, motu, magnitudine, et causis cometæ qui sub finem anni 1618. et initium anni 1619. in coelo fulsit...
Ingolstadt, Elizabeth Angermar, 1619.
Petit in-4 de 4 ff.n.ch., 84 pp. mal ch. 80 et 2 ff.n.ch. ; maroquin rouge, dos à nerfs orné, plats décorés à la Duseuil, roulette intérieure et sur les coupes, tranches dorées (reliure moderne à l'imitation).
12 000,00 Euros
Lalande, p. 174 ; Zinner, 4702 ; Sotheran, Suppl. II, 2200 ; DSB, III, p. 528.
ÉDITION ORIGINALE DE CET IMPORTANT ET RARE TRAITE D'ASTRONOMIE.
Jean-Baptiste Cysat (1585-1657), né et mort en Suisse, était membre de la Compagnie de Jésus. Mathématicien et architecte de renom, il se consacra avec succès à l'astronomie : une chaîne de montagnes proche du pôle sud de la lune porte son nom. De 1624 à 1627, Cysat fut recteur de l'université de Lucerne, puis, après un séjour en Espagne, recteur d'Innsbruck (1637) et d'Eichstätt (1646), avant de reprendre le rectorat de Lucerne. Ce texte consacré à la comète de 1618-1619 fut rédigé à l'époque où Cysat étudiait à Ingoldstadt sous la direction du Père Scheiner, dont il devait devenir le collaborateur.
L'OUVRAGE CONTIENT LA PREMIERE OBSERVATION TELESCOPIQUE D'UNE COMETE.
"The observations cover the interval from 1 December 1618 to 22 January 1619, and form the most nearly continuous series of observations on this much argued about comet. He also mesured the dimensions of the head and tail and studied the appearence of the comet telescopally" (DSB).
Les observations de Cysat sur la comète sont caractérisées par leur grande précision : l'astronome suisse est le premier à décrire le noyau cométaire, dont il a pu noter la transition d'une partie solide jusqu'à une partie constituée de particules brillantes. L'ouvrage contient également les observations de la nébuleuse d'Orion, dont Cysat compare la nature avec celle de la comète, et de deux satellites de Saturne.
Le volume est orné de plusieurs diagrammes compris dans la pagination : les feuillets portant les figures à pleine page sont repliés.
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DESPORTES, Philippe. Les Premières oevvres... Reveuës, corrigees & augmentees outre les precedentes impressions. [Relié à la suite :] Pseaumes de David mis en vers françois. Par Ph. des Portes... [Relié à la suite :] Prieres et autres Oevvres chrestiennes. Par Philippe des Portes... [Relié à la fin :] Quelques prieres et méditations chrestiennes. Par Ph. D. P.
Rouen, Raphaël du Petit Val, 1594.
4 parties en un volume in-12 de 6 ff.n.ch., 661 pp.ch., 10 ff.n.ch. pour la première partie ; 167 pp.ch. et 4 ff.n.ch. pour la seconde partie ; 35 pp.ch. pour la troisième partie ; 37 ff.ch. pour la quatrième et dernière partie ; maroquin rouge janséniste, dos à nerfs, dentelle intérieure, deux filets sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur marbrure, étui bordé (Thibaron-Joly).
4 500,00 Euros
Brunet, II, 647 ; Tchemerzine-Scheler, II, 888e, 893 & 894 ; Jean Paul Barbier, Ma bibliothèque poétique, IVe partie, t. II, pp. 78-84 ; pas dans Adams.
Précieuse réunion des œuvres profanes et religieuse de Philippe Desportes.
Il s'agit de l'une des meilleures éditions que l'on ait donné de ce poète au XVIe siècle, "plus précieuse par ses variantes que par sa seule pièce inédite", dit Jean Paul Barbier, et que l'on ne trouve que très rarement complète des quatre parties, toutes pourvues d'un titre particulier.
Ces quatre petits volumes furent publiés par Raphaël du Petit Val à Rouen, où Desportes, ancien conseiller et protégé d'Henri III, s'était réfugié après avoir rallié la Ligue. En cette même année 1594, après avoir participé à la défense de la ville contre les armées d'Henri IV, Desportes offrit sa médiation lors des négociations qui aboutirent à la reddition des dernières villes normandes fidèles à la Ligue.
Philippe Desportes (1546-1606), fort célèbre et abondamment publié de son vivant - surtout sous le règne d'Henri III -, fut souvent comparé à Ronsard. L'histoire littéraire a remis à sa juste place ce poète charmant, dont on goûte toujours "la simplicité et la clarté du style et de la langue, la facilité, la suavité. Entre la Pléiade et Malherbe, Desportes occupe une place de transition non négligeable" (Jacques Brosse).
Très bel exemplaire, dans une élégante reliure janséniste de Thibaron-Joly.
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21
ENT, Sir George. Apologia pro circulatione sanguinis : qua respondetur Æmilio Parisano Medico Veneto.
Londres, Robert Young & William Hope, 1641.
In-8 de 5 ff.n.ch. (titre compris) et 284 pp.ch. ; vélin souple à recouvrement, tranches marbrées (reliure moderne).
35 000,00 Euros
DSB, IV, pp. 376-377 ; Waller, 2764 ; manque à NLM et à Wellcome.
Édition originale de l'un des livres médicaux les plus rares du XVIIe siècle.
Dans ce célèbre traité, l'anatomiste anglais George Ent (1604-1689) prend la défense des théories sur la circulation sanguine de son ami William Harvey contre les critiques du médecin vénitien Emilius Parisianus. Ent avait rencontré l'auteur du De Motu Cordis à Rome en 1636, peu après avoir obtenu son doctorat en médecine à l'université de Padoue. Il joua un rôle essentiel dans la publication, en 1651, du De Generatione Animalium de Harvey.
L'APOLOGIA EST NON SEULEMENT LE MEILLEUR OUVRAGE DE GEORGE ENT, MAIS L'UNE PIECES MAITRESSES DU DEBAT PROVOQUE PAR LA PUBLICATION DU DE MOTU CORDIS EN 1628.
"Ent quoted primarily from Harvey but also displayed a wide familiarity with ancient and modern authorities. In a series of digressions he showed a distinctive approach, being more receptive to hermetic authors than Harvey. This is particularly obvious in the sections on innate heat and respiration, which point toward the theories of John Mayow and suggest that nitrous particles from the air are absorbed by the lungs or gills, to support the physiological flame burning in the heart - the source of innate heat" (DSB).
Papier légèrement roussi, réfection au coin inférieur du feuillet T3 avec perte de quelques lettres, réparation marginale à trois autres feuillets sans atteinte à l'imprimé ; bon exemplaire cependant.
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ESOPE. Esopus moralisatus cu[m] bono co[m]me[n]to (...) de novo emendatus cum glosa interlineali...
[Deventer, Jakob von Breda, 23 octobre 1500].
In-8 de 40 ff.n.ch. (sign. A8, B4, C8, D4, E-F8) ; veau brun, dos à nerfs ; sur les plats : encadrement à froid formé de filets, trois bandeaux verticaux à croisillons avec décor végétal et de fleurons aux angles ; traces de lacets (reliure de l'époque).
15 000,00 Euros
Goff, A-141 ; HC, 319 ; GW, 417.
RAVISSANT INCUNABLE FABULISTE ET PEDAGOGIQUE.
Cet élégant livret propose la traduction latine versifiée des quatre premiers livres d'Ésope, augmentée d'un important commentaire et de gloses interlinéaires.
Le texte est celui établi dès le XIIe siècle par le poète anglo-normand Gualterus Anglicus (anciennement connu sous le nom d'Anonymus Neveleti). Sa traduction commentée des Fables d'Ésope connut un immense succès, dont témoignent un grand nombre d'éditions manuscrites et imprimées, utilisées dans les écoles et les collèges humanistes.
Impression en plusieurs caractères et corps. Les initiales sont finement tracées en rouge à la plume. Ce beau volume sort des presses de Jakob von Breda (Jacobus de Breda), deuxième imprimeur de la ville de Deventer (Pays-Bas), qui a donné des éditions de l'Esopus moralisatus dès 1494.
Ouvrage rare : le catalogue des incunables de la British Library en localise dix exemplaires complets, dont deux aux États-Unis, et deux exemplaires incomplets (Deventer et Münster). Il n'y a pas d'exemplaires dans les bibliothèques françaises.
Bon exemplaire en reliure du temps.
Le cartouche servant de titre a été remonté ; la marque typographique a été mal placée par le relieur entre les deux premiers feuillets (A1-2), comme en témoigne la décharge de l'initiale au verso du feuillet de marque ; habiles restaurations à la reliure.
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23
ESOPE & DU FRESNE, Raphaël. Fables d'Esope, avec les figures de Sadeler. Traduction nouvelle.
Paris, Aubouyn, Émery & Clouzier [Imp. de Laurent Rondet], 1689.
Grand in-8 de 7 ff.n.ch. frontispice compris (manque un faux-titre ou un premier f. blanc ?), 279 pp.ch., 2 ff.n.ch. (privilège et catalogue de l'éditeur) ; basane brune mouchetée, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et fers d'angle, pièce de titre de maroquin rouge, armes frappées au centre des plats, tranches mouchetées (reliure de la fin du XVIIe siècle).
8 500,00 Euros
Brunet, I, 96 ; cf. J.-M. Chatelain, Livres d'emblèmes et de devises, Paris, 1993, p. 139, n° 65 (pour l'édition de 1659) ; Voir aussi : A.-E. Spica, "Le fabuliste et l'imagier", in : Pratiques (Revue), n° 91, septembre 1996, pp. 113-124 ; L. Scheler, "La persistance du motif dans l'illustration flamande des Fables d'Esope du seizième au dix-huitième siècle", in : Studia bibliographica in honorem Herman de La Fontaine Verwey, Amsterdam, 1966, pp. 350-355.
RAVISSANTE EDITION ILLUSTREE DES FABLES D'ÉSOPE.
Orné d'un frontispice et 139 figures gravées sur cuivre d'après Aegidius ou Gilles Sadeler (v. 1570-1629), peintre baroque appartenant à une illustre famille d'artistes et graveurs flamands.
Le texte de chaque fable est imprimé en caractères romains sur la page de gauche ; on trouve en regard la vignette correspondante, avec la moralité imprimée en italiques.
Ce recueil fut publié pour la première fois en France, avec les mêmes figures, en 1659. L'adaptation était alors signée des initiales de Raphaël Trichet Du Fresne (1611-1661). Dans cette nouvelle édition, la version française a été remaniée. Une dernière édition verra le jour en 1743, elle aussi présentant d'importantes différences textuelles.
La suite de Sadeler avait paru d'abord à Prague en 1608 sous le titre de Theatrum Morum, accompagnée d'une version allemande des Fables. Ces figures s'inspiraient de celles gravées par Marcus Gheeraerts pour illustrer un recueil ésopique en flamand intitulé Warachtighe Fabulen der Dieren (Bruges, Pieter de Clerck, 1567, adaptation d'Edward de Dene). Le recueil de 1567 comportait 107 fables illustrées de figures à mi-page ; lorsque Gilles Sadeler entreprit son adaptation à Prague - à la demande de l'empereur Rodolphe -, il en ajouta quinze nouvelles (d'après Anne Stevenson Hobbs, du Victoria and Albert Museum).
LE MARIAGE DE LA LITTERATURE FABULISTE ET DU LIVRE D'EMBLEMES.
En 1964, alors que l'étude de la littérature emblématique ne concernait encore qu'un tout petit cercle de scholars et de curieux, le grand Mario Praz avait exclu sans états d'âme les recueils de fables de ses Studies in seventeenth century imagery. Le même cloisonnement présidait récemment à l'élaboration de la Bibliography of French Emblem Books de A. Adams, S. Rawles et A. Saunders (1999). Pourtant, Jean-Marc Chatelain soulignait dès 1993 les correspondances iconographiques entre les deux genres et la "double communauté d'ambition et de confiance replacée dans l'expression figurée" que l'emblème entretient avec la fable.
Pour M. Chatelain, le recueil Sadeler-Du Fresne témoigne "d'une réduction emblématique de la Fable, en soumettant l'œuvre d'Esope au formalisme d'une mise en page et d'un protocole typographique... On assiste par conséquent à une dissociation des éléments constitutifs de la fable qui permet de glisser l'œuvre d'Esope dans un moule emblématique en traitant l'histoire comme la narratio d'un emblème et la moralité comme sa subscriptio. L'image remplit une fonction d'autant plus importante dans ce processus de dissociation qu'elle est insérée à l'endroit le plus stratégique de la fable, entre l'histoire et sa morale".
AGREABLE EXEMPLAIRE RELIE AUX ARMES DE LA ROCHEFOUCAULD.
Il porte, sur le premier contreplat, l'ex-libris gravé de François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt (1747-1827), le célèbre philanthrope.
Restaurations aux coiffes et aux coins ; faibles auréoles autour des armes.
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ESPINOSA, José Ygnacio. Memoria que en el cumplimiento del articulo 120 de la constitucion federal de los Estados-Unidos Mexicanos, leyó el Secretario de Estado y del Despacho universal de Justicia y Negocios Ecclesiásticos en la Cámara de Diputados el dia 8 y en la de Senadores el dia 11 de Enero del ano del 1831, sobre los ramos del Ministerio de su cargo.
Mexico, Imprenta del Aguila, 1831.
In-4 de 1 f.n.ch., 15 pp.ch., 1 f.n.ch. et 12 tableaux dont 3 dépliants ; basane maroquinée rouge, dos lisse orné en long d'une guirlande ; sur les plats : bordure de basane maroquinée verte, grecque, guirlande et festons encadrant un décor géométrique et quadrilobé de guirlandes enlacées ; doublures du même cuir formées de bandes de couleurs différentes (vert, rouge, beige) séparées de guirlandes, gardes de soie rose nacrée, roulette sur les coupes (reliure mexicaine de l'époque).
4 500,00 Euros
Manuel Ferrer Muñoz, La Formación de un estado nacional en México. El Imperio y la Republica federal : 1821-1835, Mexico, 1995, p. 366.
INTERESSANT DOCUMENT IMPRIME A MEXICO.
Il s'agit d'un discours prononcé devant le sénat et la chambre des députés de la jeune fédération mexicaine par le libéral José Ygnacio de Espinosa, ministre de la justice et des affaires ecclésiastiques sous la première présidence d'Anatolio Bustamante, évincé en 1832 par le général Antonio López de Santa Anna.
L'ouvrage témoigne de la formation laborieuse de l'unité mexicaine dans la période fédéraliste, qui avait débuté avec l'indépendance en 1824 et se terminera en 1832 avec l'abrogation du gouvernement fédéral par Santa Anna.
Le texte aborde des sujets tels que l'occupation des prisons, les compétences juridiques des différents districts, la situation des congrégations religieuses, l'état des missions (Zacatecas, Tarahumaras, Chihuahua, Monterrey, Durango, etc.), les naissances, l'activité des hôpitaux, le statut de la Californie, etc.
TRES BEL EXEMPLAIRE, RICHEMENT RELIE A L'EPOQUE AUX COULEURS DU DRAPEAU MEXICAIN.
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ESQUIROL, J.-E.-D. Recueil de pièces sur les Hospices d'aliénés en Angleterre.
1791-1820.
11 pièces en un volume in-8 ; demi-basane, dos lisse orné (reliure de l'époque) emboîtage de maroquin noir moderne.
8 500,00 Euros
Précieux recueil de 11 BROCHURES ET DOCUMENTS RASSEMBLES PAR LE CELEBRE ALIENISTE FRANÇAIS JEAN-ETIENNE ESQUIROL.
La deuxième pièce porte en effet la dédicace suivante sur la page de titre : Offert à M. le Docteur Esquirol par son zélé et dévoué serviteur Jonas.
Esquirol (1772-1840), qui avait succédé à Pinel à la Salpêtrière, consacra sa vie à l'étude des maladies mentales, et aussi à améliorer le sort des malades qui vivaient alors dans des conditions déplorables. "Soucieux de se rendre un compte exact du sort des aliénés en dehors de Paris, il visita les diverses régions, maison par maison, hospice par hospice, prison par prison" (Semelaigne). Par ailleurs, il étudiait aussi les mesures prises dans les autres pays, en particulier en Angleterre où beaucoup de nouveaux hôpitaux ont été construits à cette époque. Dans Les Maladies mentales, il fait remarquer : "Dans les établissemens bâtis exprès, les constructions sont trop rapprochées... Ce vice est très remarquable dans les établissemens les plus vantés d'Angleterre".
Les pièces rassemblées ici montrent le soin qu'Esquirol apportait au classement de sa documentation, faisant relier ensemble tout ce qui concerne les hôpitaux psychiatriques du Royaume Uni (Londres, Dundee, Manchester, York, Edinbourg, Glasgow), et plaçant en tête le plaidoyer de son confrère anglais en faveur d'une législation adaptée aux malades longtemps considérés comme incurables.
Le volume contient les textes suivants :
a - BURROWS, George Man. Cursory remarks on a Bill now in the House of Peers for Regulating of Mad-Houses, Its probable Influence upon the Physical and Moral Condition of the Insane, and upon the Interests of those concerned in their Care and Management ; with Observations on the Defects of the Present System. London, Harding, Longman, Hurst, Rees, Orme and Browne, and Callow, 1817. In-8 de 2 ff.n.ch., 104 + 2 pp.ch.
Manque au Wellcome ; cf. Norman, 379.
Edition originale.
L'une des premières publications de Burrows, qui combattit l'idée, alors généralement répandue, selon laquelle les maladies mentales sont incurables. "Burrows claimed to have cured eighty-one percent of all mental patients in his private asylum, with the rate rising to ninety-one percent for cases of less than a year's duration" (Norman).
Quelques corrections à la plume, probablement de la main de l'auteur. Le volume porte en effet un envoi autographe, partiellement rogné par le couteau du relieur, et la mention "1817. Charenton" de la main d'Esquirol (?).
b - REASONS for the establishing and further encouragement of St. Luke's Hospital for Lunaticks ; together with the rules and orders for the government thereof, and a list of the Governors and Benefactors. London, Henry Teape, 1815. In-8 de 68 pp. ch. et 1 pl. dépl.
c - AN ACCOUNT of the Dundee Infirmary ; and a report of the Committee appointed to carry into effect the proposal for a Lunatic Asylum at Dundee; with a list of contributors to the Asylym. Dundee, Robert Stephen Rintoul, 1815. In-8 de 36 pp.ch. et 2 pl.
d - RULES for the Government of the Infirmary, Lunatic-Hospital, and Public Baths in Manchester. As revised and corrected in the year 1791. Manchester, Wheeler, (1791). In-8 de 46 pp.ch. et 21 pp.ch.
La deuxième partie est intitulée : "Rules for the Government of the Lunatic Hospital and Asylum in Manchester" ; elle est suivie de brèves "Rules... for the Public baths".
e - HIGGINS, Godefrey, Esq. Rules for the Management of the Pauper Lunatic Asylum, for the West Riding of the County of York, erected at Wakefield. Wakefield, Waller, 1817. In-8 de 34 pp.ch.
f - HALLIDAY, Andrew. A Letter to the right honourable Lord Binning, M.P. Containing some remarks on the state of Lunatic Asylums, and on the number and condition of the Insane poor in Scotland. Edinburgh, Pillans, 1816. In-8 de 1 f.n.ch., 24 et 10 pp.ch.
g - DUNCAN, Andrew. A letter to his Majesty's Sheriffs-Depute in Scotland, recommending the establishment of four national asylums for the reception of criminal and pauper lunatics. Edinburgh, P. Neill, 1818. In-8 de 16 pp.ch.
h - SHORT ACCOUNT of the rise, progress and present state of the Lunatic Asylum at Edinburgh, with some remarks on the general treatment of lunatics, pointing out the advantages of avoiding all severity. Edinburgh, Constable, 1812. In-8 de 54 pp.ch. et 2 pl. [suivi de :] Report respecting the lunatic Asylum of Edimburgh for 1813 (16 pp.ch.), Report... 1814 (4 pp.ch.) ; Regulations of the Edinburgh Lunatic Asylum. 1816 (incomplet).
i - STARK, William. Remarks on the construction of Public Hospitals for the cure of Mental Derangement. Read to a Committee of inhabitants of the city of Glasgow, appointed to receive plans, with a view to that object. Glasgow, Hedderwick, 1810. In-8 de 40 pp.ch. et 2 pl.
j - REGULATIONS of the Asylum for Lunatics. Galsgow, Lang, 1814. In-8 de 24 pp.ch. [suivi de :] First annual Report of the directions of the Glasgow Asylum for Lunatics. Glasgow, 1818 (12 pp.ch.) ; Second annual report, 1818 (22 pp.ch.) ; List of Contributors to the Glasgow Asylum for Lunatics, 1815 (20 pp.ch.) ; Third Annual Report, 1817 (24 pp.ch.) ; Fourth annual report, 1818 (28 pp.ch.) ; Fifth annual report, 1819 (24 pp.ch.) ; Sixth annual report, 1820 (23 pp.ch).
k - TUKE, Samuel. Description de la Retraite, Etablissement formé près d'York, pour la guérison des aliénés, appartenans à la Société des Quakers. S.l.n.d. (ca. 1815). In-8 de 48 pp.ch.
Reliure un peu épidermée.
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L'exemplaire du baron Joseph von Lassberg
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FAERNO, Gabriele & PERRAULT, Charles. Cent fables choisies des anciens auteurs, mises en Vers Latins par Gabriel Faerne, et traduites par Mr. Perrault, de l'Académie Françoise. Avec de nouvelles Figures en Taille-douce [titre en latin et en français sur deux feuillets].
Londres, Guill. Darres & Claude Du Bosc, 1743.
In-4 de 13 ff.n.ch. y compris le frontispice gravé, 238 pp.ch. et 2 ff.n.ch. ; reliure bradel recouverte de vélin ivoire, titre à l'encre au dos, tranches rouges (reliure de l'époque).
4 500,00 Euros
Praz, p. 332 : "Not an emblem-book proper, but a work to be classified in the cognate genre of apologues. Included however, in this edition as well as in later ones, in some catalogues of emblems" ; Cohen-De Ricci, 371.
TRES BEAU LIVRE DE FABLES QUI SE RATTACHE AUX RECUEILS D'EMBLEMES.
Le poète néo-latin Gabriele Faerno (Cremona, vers 1510-1561), qui eut comme protecteur le cardinal Giovanni Angelo Medici di Marignano - pape entre 1559 et 1565 sous le nom de Pie IV -, composa ces fables, réputées pour leur élégance, alors que celles de Phédre n'avaient pas encore été découvertes. La première édition parut après la mort de Faerno, en 1564. Un siècle plus tard, Charles Perrault en donna une traduction française, publiée en 1699.
Cette édition très soignée présente le texte original suivi de la version de Perrault. Elle est illustré de 101 figures gravées sur cuivre, soit un frontispice signé Claude Du Bosc montrant Ésope contrefait au milieu des animaux, et 100 vignettes en tête non signées (9 x 11 cm).
Comme le souligne Mario Praz dans son indispensable bibliographie, cette suite s'apparente au genre emblématique dont elle possède le caractère énigmatique et l'élégance austère, adoucie par le burin gracieux d'un artiste anonyme du XVIIIe siècle. Aux scènes charmantes peignant la nature et la vie des animaux se mêlent quelques compositions mythologiques de rigueur, ou encore des catastrophes naturelles, vite occultées par de paisibles tableaux de genre. Quelques jolies figures sont consacrées à la chasse.
Les pièces liminaires comprennent d'autres poèmes néo-latins de Faerno, ainsi que des préfaces et épîtres consacrées au délicieux fabuliste de Crémone.
Bel exemplaire, sobrement relié ; étiquette de rangement avec cote manuscrite au bas du dos.
La première garde porte l'ex-libris manuscrit du baron Joseph Maria Christoph von Lassberg (1770-1855), antiquaire, historien de la littérature et collectionneur allemand qui possédait, dans son château de Meersburg sur le lac de Constance, une bibliothèque de 12.000 livres rares et 273 manuscrits précieux, dont le célèbre codex du Nibelungenlied connu sous le nom de manuscrit Hohenems ou manuscrit C. Après la mort du baron von Lassberg, sa bibliothèque fut offerte à sa ville natale, Donaueschingen.
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GAURICO, Luca. Trattato d'astrologia iudiciaria Sopra le nativita degli huomini, & donne, Composto per Messer Luca Gaurico.
[In fine : Stampato in Roma, in Campo di Fiore, per M. Valerio Dorico, & Luigi Fratelli Brisciani, 1539].
Petit in-4 de 28 ff.n.ch. ; parchemin souple ivoire (reliure de l'époque).
6 500,00 Euros
Thorndike, V, 258 ; STC (Italian), 292 ; Houzeau & Lancaster, 4813 ; Cantamessa, I, 1745 (localise 10 exemplaires dont 5 en Italie) ; manque à Caillet et à Dorbon.
Édition originale, rare.
Précieux traité composé par le napolitain Luca Gaurico (1475-1558), "un des plus grands astrologues de tous les temps" (Cantamessa).
Lecteur aux universités de Bologne et de Ferrare, proche des Médicis et tout particulièrement de Catherine, Gaurico fut élevé à la dignité de chevalier puis à celle d'évêque de Gifoni par le pape Paul III (Alessandro Farnese), dont il avait prédit l'élection.
Cet ouvrage, dédié à Ippolito d'Este, cardinal de Ferrare, est un manuel d'astrologie classé par matières : du père et de la mère, frères et sœurs, naissances monstrueuses, infirmités, enfants, voyages, la mort, les différentes planètes, aphorismes, etc. Parmi les références de Gaurico, Ptolémée et le quatrième livre du Tetrabiblos occupent une place importante.
Très belle impression en lettres italiques des frères Dorico, typographes exerçant dans le quartier romain de Campo di Fiori. L'illustration gravée sur bois comporte, outre la belle marque au Pégase qui orne le recto du dernier feuillet (verso blanc), 7 diagrammes astrologiques tirés dans le texte.
Rousseurs et auréoles, petites taches brunes sur le titre, exemplaire un peu dérelié.
Cachet ancien sur le titre, répété trois fois (un aigle à deux têtes) ; ex-libris manuscrit à l'encre noire, sur deux lignes.
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GAUTIER DE CHÂTILLON. Alexandri Magni Regis Macedonum vita.
[Daté au colophon : Strasbourg, René Beck, 1513].
In-4 de 106 ff.n.ch. ; veau fauve sur ais biseautés, dos à six nerfs, filets à froid ; sur les plats : bel encadrement à froid formé d'une roulette torsadée, de listels et de filets (droits et courbes) terminés par des fleurs de lys, deux grandes fleurs de lys en tête et en pied, armes argentées (oxydées) frappées au centre (reliure de l'époque).
30 000,00 Euros
Benzing, 721 ; Muller, p. 227, n° 12 ; Ritter (IV), 1936 ; Index Aureliensis, 103.301 : Oldenbourg (Baldung Grien), L-86 ; E.P. Goldschmidt, Medieval Texts and their first Appearance in Print, pp. 61-62.
Belle et rare édition de cette biographie versifiée d'Alexandre le Grand.
Le titre est imprimé à l'intérieur d'un bel encadrement gravé sur bois de Hans Baldung Grien en chiaroscuro rouge montrant un jardin rempli d'animaux, allusion à l'adresse de l'imprimeur, "zum Thiergarten".
L'Alexandréide, poème épique latin de plus de cinq mille vers, a été composé au XIIe siècle par le poète français Philippe Gautier, dit de Châtillon (1135-1201), évêque de Lille, qui puisa la matière de son épopée dans les Histoires de Quinte-Curce. Cet ouvrage curieux, rempli de bizarreries et d'anachronismes, connut un succès considérable au Moyen Âge : son étude fut recommandée dans les écoles, où on le préférait parfois à ses modèles antiques. On doit au même auteur une Vie de saint Alexis.
On trouve relié à la suite :
HISTORIA ALEXANDRI MAGNI REGIS MACEDONIE DE PRELIIS. [Lyon ou Grenoble ?], 16 novembre 1490. 64 ff.n.ch., deux colonnes, caractères gothiques.
Goff, A-399 ; HC, 781 ; BMC, VIII, 416 ; GW, 878 ; Lökkös (Genève), p. 131.
Cet incunable peu commun propose une traduction latine de la célèbre Histoire d'Alexandre le Grand du Pseudo-Callisthène (IIe ou IIIe siècle de notre ère), connue au Moyen Âge sous le titre de Roman d'Alexandre. L'ouvrage a été imprimé par un atelier anonyme, lyonnais ou grenoblois, que l'on désigne d'après ce titre, et qui n'aurait produit que trois ou quatre livres (cf. BMC). Selon Lökkös, le lieu d'impression est Genève, et le typographe serait Louis Cruse.
Sur les trois exemplaires localisés en France (Carcassonne, Lyon, Paris Mazarine), seul celui de la Bibliothèque Mazarine semble complet.
PRECIEUX RECUEIL RELIE POUR LE GRAND BIBLIOPHILE ET HUMANISTE LYONNAIS BENOIT LE COURT (1500-1565), AVEC SES ARMOIRIES SUR LES PLATS.
"Les reliures de Benoît le Court forment l'ensemble le plus homogène dont on dispose dans le domaine de la reliure lyonnaise au XVIe siècle... [Le Court] fut un bibliophile attentif à la qualité de ses reliures qui sont exécutées selon des prescriptions évidentes". Cf. Jean Toulet, "L'École lyonnaise de reliure", Le Siècle d'or de l'imprimerie lyonnaise, 1972, pp.147-148).
Selon son habitude, Benoît le Court a noté, en haut du premier contreplat, le prix d'achat du volume : "Emptus XIII sous VIII deniers" ; une note de sa main se trouve également au f. 5r du premier ouvrage.
Déchirure sans manque au feuillet D2 du second ouvrage ; auréoles claires dans les marges et quelques trous de vers, surtout au début et à la fin du volume ; traces d'usage et petits manques à la reliure.
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GOLDONI, Carlo. Pamela, comédie en prose... Représentée à Mantoue en 1750. Traduite en François par D.B.D.V. [de Bonnel Du Valguier].
Paris, Antone-Urbain Coutelier, 1759.
In-8 de 234 pp.ch. et 1 f.n.ch. ; maroquin rouge, dos lisse, compartiments ornés de fleurons dorés et petits fers d'angle, frises en pied, pièce de titre de maroquin olive ; sur les plats : large et fine dentelle comportant quatre petites réserves ovales dans les angles, dont deux ornées de l'aigle de la famille d'Este et deux autres d'une fleur-de-lys ; roulette intérieure, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur marbrure (reliure de l'époque).
20 000,00 Euros
Cioranescu, 12693 ; Quérard, III, 400.
Édition originale de la traduction française.
Adaptation du célèbre roman épistolaire Pamela, or Virtue Rewarded (1741) de Samuel Richardson, la Pamela vénitienne fut représentée pour la première fois en 1750, annus mirabilis au cours duquel Goldoni composa seize comédies.
Pamela jouit d'une position inaugurale dans le répertoire goldonien comme dans l'histoire du théâtre vénitien : c'est la première pièce écrite sans l'aide du dialecte, et la première représentation où les acteurs, délaissant les masques, jouèrent à visage découvert, annonçant ainsi l'ère de la comédie réaliste et sociale. Cette pièce habile, avec laquelle Goldoni se mesurait au répertoire international, fut traduite en anglais en 1756. Une suite, Pamela maritata, vit le jour en 1759. En 1760, un livret de Goldoni tiré de la première Pamela fut mis en musique par Niccolò Piccinni sous le titre de La Buona figliuola.
Le livre de Richardson, premier roman de mœurs bourgeoises et prototype du récit épistolaire, fut l'un des plus grands succès de librairie de tous les temps. Il conte l'histoire de Pamela Andrews, une fille de paysans qui tombe des bras d'un jeune libertin sans scrupules dans les griffes d'une entremetteuse. Pamela, fille de tête, se défend bravement, et ses larmes finissent par avoir raison de son amant-persécuteur, qui reconnaît ses mérites et l'épouse enfin. Dans sa pièce, Goldoni renverse le thème social : Pamela y devient une "servante" classique qui, au dernier acte, se révèle être la fille d'un noble proscrit.
Dans la préface, le traducteur loue Goldoni d'avoir épuré le roman de Richardson de ses événements extraordinaires et parfois peu vraisemblables, conférant ainsi à l'action vérité et sentiment : "L'air de nouveauté, que Goldoni a sçu donner à Pamela, est donc ce qui m'a engagé à en faire la traduction", dit-il.
PRECIEUX EXEMPLAIRE DE DEDICACE SUR GRAND PAPIER DE HOLLANDE, RELIE EN MAROQUIN AUX ARMES DE MARIE-FORTUNEE D'ESTE, COMTESSE DE LA MARCHE ET PRINCESSE DE CONTI.
Fille de François-Marie, duc de Modène, et de Charlotte-Aglaé d'Orléans, Marie-Fortunée d'Este (Modène, 1731 - Venise, 1803), épousa en 1759 - année de la publication de cette Pamela - Louis-François-Joseph de Bourbon, d'abord comte de la Marche puis prince de Conti, gouverneur du Berri. Cf. Olivier, pl. 2644, fer n° 1.
Auréole claire sur le premier plat ; petite restauration à la coiffe supérieure et au départ du premier mors ; très bel exemplaire cependant.
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L'un des livres les plus rares de l'ancienne poésie française : le seul exemplaire connu, celui du comte de Lignerolles
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[GOMAIN, François]. L'Amoureux passetemps, declaré en ioyeuse Poësie par plusieurs Epistres du Coq à l'Asne, & de l'Asne au Coq, avec Balades, Dizains, Huitains, & autres ioyeusetez.
Lyon, Benoist Rigaud, 1570.
In-16 de 80 ff.n.ch. (le dernier blanc) ; maroquin citron, dos lisse orné en long de fleurettes et guirlandes ; sur les plats : filets et guirlandes encadrant un riche décor de quinze fleurons, quelques-uns répétés, disposés sur trois rangées, entourés de couronnes de lauriers en ovale fermé, et séparés par de petites rosettes ; dentelle intérieure, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées, étui bordé plus tardif (Trautz-Bauzonnet).
75 000,00 Euros
Brunet, I, 241 ; Baudrier, III, 268 : cite cet exemplaire ; Sybille von Gültlingen, XII, p. 78, n° 502 (aucun exemplaire localisé) ; Lachèvre (XVIe), pp. 51-53 ; Gay-Lemonnyer, I, 126 ; Cat. Lignerolles, II, 1415 ; L.C. Porter, La Fatrasie et le fatras, Genève, 1960, p. 186.
ÉDITION ORIGINALE, ET SEUL EXEMPLAIRE CONNU.
Ce petit recueil, l'un des plus rares de l'ancienne poésie française, renferme 138 poèmes, dont un en latin signé par François Gomain et 137 pièces françaises. Douze pièces seulement sont signées ou ont été attribuées par Lachèvre à Charles d'Orléans, Gomain (3), André de La Vigne, Marville (2), Pilvelin (3) et Mellin de Saint-Gelais ; un poème est signé D.M.S. Il reste donc 125 compositions anonymes.
"Les distiques, quatrains etc., placés en tête d'un grand nombre de pièces sont vraisemblablement l'œuvre de François Gomain" (Lachèvre).
CE LIVRE MANQUE A TOUTES LES BIBLIOTHEQUES, PUBLIQUES OU PRIVEES.
L'ouvrage, comme on l'a dit plus haut, n'est connu que par cet exemplaire, qui a fait partie de la collection du comte de Lignerolles. Le texte a été réimprimé dans les éditions publiées à Paris et à Lyon en 1575 et 1582, toutes deux décrites par Lachèvre, et qui présentent quelques petites variantes par rapport à l'édition originale.
Le titre est orné d'une vignette gravée sur bois montrant un Amour en train de déclarer sa flamme à une dame, alors que celle-ci pose un doigt sur ses lèvres pour le faire taire.
Le poète et compilateur François Gomain a publié quelques recueils semblables à celui-ci, dont le plus connu est sans doute Lesperit Trouble, paru à Lyon vers 1537, qui contient des pièces de Jean Molinet, Alain Chartier, Charles d'Orléans ou André de La Vigne (cf. Rothschild, IV, p. 285, n° 2963).
TRES BEL EXEMPLAIRE, SUPERBEMENT RELIE PAR TRAUTZ.
Provenance : Lignerolles (sans marque d'appartenance) ; André van Bastelaer (ex-libris).
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GOMARA, Francisco López de. Histoire generalle des Indes occidentales & Terres neuves, qui iusques à present ont esté descouvertes, traduite en françois par M. Fumée Sieur de Marly le Chastel.
Paris, Michel Sonnius, 1569.
In-8 de 6 ff.n.ch., 258 ff. (les deux derniers mal chiffrés), 12 ff.n.ch. ; veau fauve marbré, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et fers d'angle, pièce de titre de maroquin rouge, petit fer doré du XIXe siècle sur les plats : une tête de bélier avec les initiales gothiques "H.T." (reliure du XVIIIe siècle, dos refait).
6 500,00 Euros
Sabin, 27746 ; Medina (BHA), 159n ; Atkinson, 180n ; Streit, II, 836 ; Arents (Add.), 24 ; JCB (3), I, 239 ; Alden, 569/16 ; Ternaux, Bibliothèque américaine, 110 : cet exemplaire.
ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE, RARE.
Le volume contient la traduction de la première partie de la chronique rédigée par Francisco López de Gomara (1510 - v. 1560), publiée pour la première fois à Saragosse en 1554 sous le titre de Historia general de las Indias : l'une des premières sources concernant la conquête, un livre indispensable (cf. J.-P. Duviols, L'Amérique espanole vue et rêvée, p. 92, passim).
Le traducteur de l'ouvrage, Martin Fumée Ier, mort en 1563, était conseiller laïc au Parlement de Paris, puis maître des requêtes. Sa traduction de l'ouvrage de Gomara a été augmentée en 1584 par son fils ou neveu, qui portait le même prénom que lui.
Il existe des exemplaires portant l'adresse de Michel Sonnius et la date de 1568 ; d'autres portent un titre daté 1569 et l'adresse de Michel Sonnius ou de Bernard Turrisan : "Il n'y a pas d'autre différence. C'est bien la même impression" (Atkinson). Le privilège et l'achevé d'imprimer sont d'ailleurs les mêmes dans les trois états : 16 juillet et 19 septembre 1568.
Francisco López de Gomara fut chapelain et secrétaire de Hernan Cortès dans les dernières années de sa vie, ce qui lui donna accès aux archives du conquistador ainsi qu'à des correspondances et à des relations inédites. Grâce à cette documentation de premier ordre, son Historia - première description exacte de la colonisation de l'Amérique -, connut un grand succès. C'est dans cet ouvrage, et sans doute dans cette traduction, que Montaigne puisa ses informations sur le Nouveau Monde (I, 3 & 23 ; III, 6).
EXEMPLAIRE DU GRAND AMERICANISTE HENRI TERNAUX-COMPANS (1807-1864).
Le chiffre de ce bibliophile, traducteur et compilateur spécialisé dans l'histoire des voyages, est frappé sur les deux plats de la reliure.
Autre provenance : "Demaillard" (signature ancienne à l'encre sur la page de titre).
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HÉRY, Thierry de. La Methode curatoire de la maladie Venerienne, vulgairement appellée grosse vairolle, & de la diversité de ses symptomes. Composee par Thierry de Hery, lieutenant général du premier barbier Chirurgien du Roy.
Paris, Matthieu David & Arnoul l'Angelier, 1552.
In-8 de 8 ff.n.ch., 272 pp.ch., 16 ff.n.ch. ; vélin souple à recouvrement, traces d'écriture ancienne à l'encre brune sur les plats, traces de lacets (reliure de l'époque).
4 500,00 Euros
GM, 2368 ; NLM, 2281 ; Wellcome, 3142.
ÉDITION ORIGINALE DU PREMIER LIVRE FRANÇAIS SUR LA SYPHILIS.
Le médecin Thierry de Héry (vers 1505 - 1599, ou 1585), ami d'Ambroise Paré, suivit François Ier en Italie, où il soigna les maladies vénériennes par des applications mercurielles (méthode inventée par Berengario da Carpi mais encore peu répandue à l'époque). "De Héry made a fortune from treating syphilitic patients. He recommended mercurial inunctions and guaiac internally" (Garrison-Morton).
Le titre est orné d'un bel encadrement Renaissance gravé sur bois.
Bon exemplaire, grand de marges ; annotations à l'encre sur quelques feuillets ; auréoles claires marginales, reliure un peu usée avec petits manques.
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HOMERE. Iliade. Odyssée. Batrachomyomachie. Hymnes. [Graece].
[Venise, Héritiers d'Alde Manuce, avril 1524].
2 volumes petit in-8 de 56 ff.n.ch., 227 ff.ch. et 1 f.n.ch. pour le premier volume ; 251 ff.ch. et 1 f.n.ch. pour le second volume ; maroquin rouge, dos à nerfs rehaussés d'une roulette, compartiments ornés au centre d'un joli fer (cœur ardant transpercé par deux flèches), grappes de raisins aux angles, pièces de titre de maroquin brun ; sur les plats : encadrement formé d'une chaînette et de deux filets, jolis fers dans les angles (couronne, sceptre fleurdelisé et palmettes), chaînette sur les coupes, tranches dorées (reliure du XVIIIe siècle).
25 000,00 Euros
Renouard 98-1 ; Ahmanson-Murphy, 226 ; Adams, H745.
Élégante édition aldine du corpus homérique.
Le texte, en grec, reproduit celui de l'édition de 1517 ; il est précédé de la préface rédigée par Alde pour l'édition d'Homère qu'il avait donnée en 1504. Les titres, en grec et en latin, sont ornés de la marque aldine (cf. Ahmanson-Murphy, A6).
TRES BEL EXEMPLAIRE, GRAND DE MARGES.
Les volumes son revêtus de charmantes reliures anglaises du XVIIIe siècle, agrémentées de fers très décoratifs : cœurs ardents, treille et couronnes fleurdelisées.
De la bibliothèque Macclesfield (Shirburn Castle), avec les ex-libris armoriés (North Library) et les cachets à sec.
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INGRASSIA, Giovanni Filippo. Informatione del pestifero, et contagioso morbo : il quale affligge et have afflitto questa Città di Palermo, & molte altre Città, e Terre di questo Regno di Sicilia, nell'Anno 1575 et 1576... Col Regimento preservativo, & curativo...
[Palermo, Giovanni Matteo Mayda, 31 août 1576].
Un volume in-4 de 8 ff.n.ch., 312 pp.ch., 16 ff.n.ch., 205 pp.ch. et 7 ff.n.ch. ; vélin souple, titre à l'encre au dos, étiquette imprimée avec cote de bibliothèque du XIXe siècle, traces d'attaches (reliure de l'époque).
12 000,00 Euros
Waller, 5068 ; NLM, 2547 ; Wellcome, 3417 ; Mortimer (Italian), 241 - NLM et Wellcome signalent une cinquième partie : rédigée en 1577, elle a été publiée à Naples en 1624.
Édition originale, très rare.
Traité descriptif et thérapeutique de la peste divisé en quatre livres, publié "à chaud" au lendemain de la grande épidémie sicilienne de 1575-76.
L'auteur, le médecin et humaniste Giovanni Filippo Ingrassia (Regalbuto, 1510 - Palerme, 1580), surnommé "l'Hippocrate sicilien", étudia à Padoue, puis se rendit à Naples où il enseigna la médecine à partir de 1544. Il traduisit et commenta les traités de Galien, fit œuvre de précurseur dans les domaines de la médecine légale et de la santé publique, et distingua le premier la scarlatine de la rougeole. On lui doit aussi, parmi d'autres découvertes anatomiques, l'identification du petit os de l'oreille appelé étrier.
Lorsque l'épidémie de peste se déclara en Sicile, le vice-roi don Carlos, duc de Terranova, appela Ingrassia dans l'île et lui confia la gestion de la crise sanitaire, au cours de laquelle le vieux médecin fit preuve d'altruisme, mais aussi de fermeté, établissant un arsenal juridique permettant de juguler la contagion par des mesures de prévention, d'hygiène et de quarantaine confiées à la force publique (ce qui explique l'étrange bois gravé ornant le titre, où l'or et le feu, symboles thérapeutiques, voisinent avec une potence, allégorie du pouvoir répressif).
La première partie est ornée de 3 planches gravées sur cuivre comprises dans la pagination : la première montre l'auteur agenouillé offrent son ouvrage à Philippe II, les deux autres sont des plans en vue cavalière, avec personnages et détails fort curieux : hôpital de la Cuba accueillant les victimes de la peste, avec vue de Monreale au fond ; jardins du duc de Bibona aménagés pour sécher le linge de l'hôpital.
On a joint à cet exemplaire la proclamation du vice-roi d'Espagne sur l'épidémie de peste, document cité page 249 de la première partie du traité d'Ingrassia :
BANDO ET COMANDAMENTO DA PARTE DELL'ILLUSTRISSIMO ET ECCELLENTISSIMO SIGNOR DON CARLO D'ARAGONA... Palermo, Giovanni Matteo Mayda, 28 novembre 1575. In-4 de 8 ff.n.ch. Ce document semble très rare.
Vélin un peu usé avec petits manques, mais très bon exemplaire dans sa reliure d'origine.
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LA HAYE, attribué à Jean de. Les mémoires et recherches de France, et de la Gaule Acquitanique du Sieur Iean de la Haye, Baron des Coutaulx, Lieutenant general en la Seneschausee de Poictou, & siege Presidial de Poictiers...
Paris, Jean Parant, 1581.
In-8 de 2 ff.n.ch., 293 pp.ch. (+ 2 ff.ch. imprimés d'un seul côté : cartons pour les pages 45 et 48), 9 ff.n.ch. ; veau fauve marbré, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et petits fers, pièce de titre de maroquin rouge, roulette sur les coupes, tranches rouges (reliure du XVIIIe siècle).
1 800,00 Euros
Cioranesco, 12306 ; Peach & Drecq, 985 ; La Bouralière, Bibliographie poitevine, p. 325.
Édition originale.
Ouvrage peu commun sur les origines des Poitevins et sur les faits et gestes des "premiers Roys, Princes, Comtes, & Ducs", avec leurs généalogies, alliances, armoiries, devises, etc.. On y a joint un "estat de l'Eglise (...) depuis l'an 436 iusques à ce iourd'huy".
Ce livre se présente comme la transcription d'un manuscrit trouvé dans la besace de Jean de La Haye, assassiné en 1575 lors du siège de son manoir de la Bégaudière par les Poitevins, pendant la cinquième guerre de religion (le Poitou soutenait alors les forces protestantes).
Le livre se veut une réponse polémique aux Annales d'Aquitaine du procureur poitevin Jean Bouchet (1524-1557). Il fut un temps considéré comme authentique, avant que des historiens scrupuleux, comme Du Chesne, ne relèvent des anachronismes, falsifications et anecdotes improbables, propres à jeter le doute sur la paternité et la fiabilité du texte. De nos jours, on pense que ces Mémoires ont été inspirés, sinon rédigés, par le comte René de Sausay.
EXEMPLAIRE DU CELEBRE ERUDIT ÉTIENNE BALUZE (1630-1718), LE BIBLIOTHECAIRE DE COLBERT.
Il porte sa signature au bas du titre : "Stephanus Baluzius Tutelensis". La provenance est intéressante, et assez curieuse lorsqu'on sait ce que Baluze eut à souffrir à cause de faux documents historiques. En effet, le cardinal de Bouillon avait demandé l'expertise de pièces du XIIIe siècle qui auraient permis aux La Tour de faire remonter leurs origines au IXe siècle en rattachant leur famille à celle des anciens ducs d'Aquitaine (dont il est justement question dans cet ouvrage). Les documents se révélèrent des faux, dupant des experts tels que Mabillon, Ruinart et Baluze, et provoquant, entre 1710 et 1713, la disgrâce de ce dernier.
Très bon exemplaire ; habiles restaurations à la reliure.
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LÉONARD DE CHIOS. Historia captae a Turca Constantinopolis, descripta â Leonardo Chiensi (...) qui ab hoste una obsessus & captus fuit, ne[que] alia scibit, quàm quæ coram vidit & cognovit. Item, Michaelis Rottingi in eandem Præfatio.
[In-fine : Nuremberg, Joannes Montanus & Ulrich Neuber, 1544].
In-4 de 28 ff.n.ch. (le dernier blanc) ; veau glacé havane, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et petits fers d'angle, pièces de titre de maroquin rouge et brun, trois filets en encadrement des plats, dentelle intérieure, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées (Petit succ. de Simier).
25 000,00 Euros
Göllner, 835 ; Atabey 704 : cet exemplaire ; manquait à Blackmer ; pas dans Adams.
ÉDITION ORIGINALE DE L'UN DES PREMIERS RECITS DE LA CHUTE DE CONSTANTINOPLE (1453).
"This is the earliest separate edition recorded by both the British Library and VD16. There were numerous 16th century editions ; later reprints began to appear in the 19th century, probably due to the outbreak of the Greek revolution" (Leonora Navari, cat. Atabey).
Né vers 1395, mort en 1482, le dominicain Léonard de Chios, ou Chio - ainsi nommé d'après l'île grecque dont il est originaire -, étudia la philosophie et la théologie à Padoue, où il enseigna un temps avant de revenir en Grèce où comme évêque de Mythilène et Lesbos. A Chios, il fit la connaissance d'Isidore de Kiev, envoyé en mission à Constantinople.
"L'encerclement de la ville par les Turcs devenait si oppressant que le Basileus cherchait par tous les moyens des alliances et des défenses en occident. Le problème du schisme ayant bloqué les négociations, il devenait indispensable de traiter avec Rome. Isidore faisait partie des négociateurs. Leonardo fut inclus dans le groupe des négociateurs, et c'est en cette qualité qu'il arriva à Constantinople et assista à la proclamation de l'union le 26 octobre 1452, à Sainte-Sophie. Cette union fut toute formelle, le grand drongaire Luc Notaras ayant en particulier affirmé avec force préférer les Turcs au Pape. Le siège le surprend dans la ville. Il participe à sa défense, et est blessé et fait prisonnier. Il parvient à s'échapper, se réfugie à Pera, et retourne, on ne sait comment, à Chio, où il écrit la relation de ses aventures au pape Nicolas V" (Marie-Anne Peric).
Le titre est orné d'un joli bois gravé représentant Mehmet II le Conquéreur, avec la légende "Mahometis primi Constantinopolis imperatoris Effigies".
Le buste de l'empereur, représenté de profil et avec un anachronique couvre-chef germanique, est placé dans une bordure directement inspirée de celle peinte sur le portrait de Mehmet II attribué à Gentile Bellini (1429-1507), qui avait séjourné à Istanbul entre 1479 et 1481.
Bel exemplaire, finement relié par Petit.
Abrasion au premier contreplat (une étiquette supprimée) ; infime réfection dans la marge extérieure du titre.
Provenance : Sefik E. Atabey (ex-libris).
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L'HÔPITAL, Guillaume François Antoine, marquis. Traité analytique des sections coniques et de leur usage pour la résolution des équations. Ouvrage posthume.
Paris, Boudot, 1707.
In-4 de 1 f.n.ch., 459 pp.ch., 1 f.n.ch. et 32 planches dépliantes ; basane brune mouchetée, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et fers d'angle, pièce de titre de maroquin havane, roulette sur les coupes (reliure de l'époque).
2 500,00 Euros
Sotheran, I, 2600 ; DSB, VIII, 304-305 (donne par erreur la date de 1720).
Édition originale.
Cet important traité, qui dans l'esprit de l'auteur devait prolonger la Géométrie de Descartes, demeura pendant plus d'un siècle l'ouvrage de référence sur le sujet. Il fut publié après la mort du marquis de l'Hôpital, survenue en 1704.
"L'Hospital was a major figure in the early development of the calculus on the continent of Europe. He advanced his cause not only by his scientific works but also by his many contacts, including correspondence with Leibniz, with Jean Bernoulli, and with Huygens. Fontenelle tells us that it was he who introduced Huygens to the new calculus" (DSB).
Ouvrage orné de 33 planches dépliantes gravées sur cuivre (figures géométriques), numérotées 1 à 32, plus une petite planche non numérotée.
Très bon exemplaire ; piqûres légères et éparses, habiles restaurations à la reliure.
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[LOUVRE - CATALOGUES]. Exceptionnel ensemble de catalogues de salons et expositions du musée du Louvre.
Paris, divers éditeurs et imprimeurs, 1798-1843.
47 vol. in-12, sous couvertures ou cartonnages souples muets de l'époque, titre ou millésime à l'encre sur le dos ou sur le premier plat.
12 000,00 Euros
- Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure [et lithographie] des Artistes vivans exposés au Musée Napoléon [ou Royal]... Salons de 1806, 1817, 1818, 1819, 1822, 1824, 1827 (suppléments 1 à 3 seuls), 1831 (avec les su
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LUSIGNAN, Étienne de. Description de toute l'Isle de Cypre, et des Roys, Princes, et Seigneurs, tant Payens que Chrestiens, qui ont commandé en icelle (...) iusques en l'an (...) mil cinq cent soixante & douze.
Paris, Guillaume Chaudière, 1580.
In-4 de 8 ff.n.ch., 292 ff.ch. et 20 ff.n.ch. ; vélin souple, titre à l'encre au dos, traces de liens (reliure de l'époque).
18 000,00 Euros
Brunet, III, 1239 ; Cioranescu, 13849 ; pas dans Adams.
Édition originale de la traduction française.
Importante description physique et historique de Chypre, publiée pour la première fois à Bologne en 1573 sous le titre de Chorograffia et breve historia universale dell'isola de Cipro.
L'auteur, historien dominicain né à Nicosie (Chypre), fut évêque de Limassol avant de séjourner en Italie, puis en France où il mourut en 1590. On lui doit plusieurs ouvrages historiques et religieux, dont quatre sont consacrés à l'illustre maison dont il était issu, ces Lusignan originaires du Poitou qui, ayant essaimé en Orient lors des croisades, devinrent rois de Chypre, de Jérusalem et de Petite-Arménie.
Situation de l'île, mouillages, climat, villes, bourgs, villages, origines des Chypriotes, rois de Chypre et de Jérusalem, rois d'Arménie (descendants de Hugues de Lusignan), armoiries, domination des Vénitiens, avènement des Turcs, gouvernements, hommes et femmes de Chypre, ressources naturelles (agriculture, élevage, horticulture, simples, minéraux), etc.
On trouve à la fin du volume deux écrits du frère dominicain Angelo Calepio : La Vraye et fidele narration du succes des assaults, defenses, & prinse de Nicosie, et La Vraye & fidele narration de l'expugnation & defense de Famagoste.
Très bon exemplaire dans sa reliure d'origine.
Annotations généalogiques à l'encre dans la marge de quelques feuillets ; les cahiers R et S sont inversés ; vélin un peu froissé et rétracté, petits trous au plat inférieur.
Provenance : ex-libris et ex-dono à l'encre du XVIIe siècle (institutions religieuses). - Paul du Chastel de la Howarderie (ex-libris à la plume, 1871). - Comte Paul-Armand du Chastel de la Howarderie (ex-libris imprimé en latin).
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MANGET, Jean-Jacques. Bibliotheca Chemica Curiosa, seu Rerum ad Alchemiam pertinentium Thesaurus Instructissimus: Quo non tantum Artis Auriferae...
Genève, Chouet, G. de Tournes, Cramer, Perachon, Ritter et S. de Tournes, 1702.
2 vols. in-folio de un portrait, 9 ff.n.ch., 938 pp. ch. et 16 planches numérotées pour le tome I ; 2 ff. n. ch., 904 pp.ch. et 14 planches pour le tome 2 ; basane brune mouchetée, dos à nerfs ornés (reliure de l'époque).
15 000,00 Euros
Caillet, III, p. 28 ; Dorbon, 2870 ; Mellon, 147 ; Verginelli, 211 ; Poggendorff, II, 33 ; Duveen, p. 387 ; Ferguson, II, p. 68 ; Bolton, 1004-1013 ; Neville, II, 136 ; cf. Eugène Canseliet, L'Alchimie et son livre muet, Paris, 1967, et la réédition de Paris, 2005 pour la postface de J. Floret (pp. 129-134).
EDITION ORIGINALE, TRES RARE.
La Bibliotheca Chemica, composée de 140 traités, constitue le recueil le plus complet de textes alchimiques ou de chimie ancienne jamais publié. Manget cite 73 auteurs dont il reproduit les principaux ouvrages dans leur intégralité. "Many of the original texts are now impossible to obtain or are lost, so that this compilation is of the greatest importance to the historian of alchemy and early chemistry" (Neville).
Cette compilation précieuse contient, entre autres, des textes de Borrichius, Kircher, Morhof, Faber, Arnaud de Villeneuve, Artephius, Geber, Roger Bacon, Aristote, Avicenne, Raymond Lulle, Jean de Roquetaillade, George Ripley, Nicolas Flamel, Basile Valentin, Michael Sendivogius, etc.
L'ouvrage est orné de quelques figures sur bois dans le texte et de 30 belles planches gravées sur cuivre.
ON TROUVE A LA FIN DU PREMIER VOLUME LE CELEBRE MUTUS LIBER, ICI EN DEUXIEME EDITION.
Le merveilleux "livre muet" de l'alchimie, dont la rarissime édition originale fut publiée à La Rochelle en 1677, se compose d'un titre allégorique et de 14 planches d'une facture curieuse et d'une exécution parfaite. Cette suite constitue une sorte de manuel alchimique exposant, avec l'unique secours d'images et symboles hermétiques, les différentes étapes du Grand œuvre, dont les opérations sont accomplies par un homme et une femme.
L'identité de l'auteur de cet ouvrage anonyme signé du pseudonyme Altus (le Haut) est longtemps restée un sujet de conjecture et de débats pour les bibliographes. Ce n'est que 1976 que Jean Flouret a démêlé l'énigme et publié le résultat de ses recherches dans la Revue française d'Histoire du livre (Bordeaux, Imp. Taffard, n° 11, 2e trimestre).
Derrière le masque d'Altus se cacherait le médecin rochelais Isaac Baulot. Ce fils de chirurgien né en 1619, l'une des figures marquantes de la vie intellectuelle de la Rochelle au milieu du dix-septième siècle, avait des relations : son mariage avec Elisabeth Chevalier (1649) fut béni par le pasteur Flanc, propriétaire d'un cabinet de curiosités visité par Monconys, tandis que son second mariage avec Judith Grenon (1657) fut béni par Drelincourt, l'auteur des Sonnets chrétiens. Sans oublier John Locke, qui visita Baulot en 1678 et s'attarda sur les remèdes contre l'hydropisie, la colique et l'épilepsie préconisés pas le médecin rochelais. Après la Révocation, Isaac Baulot se réfugia en Hollande. On ignore le lieu et la date de sa mort.
"Finalement, conclut Jean Flouret, ce Mutus Liber est surtout l'aboutissement des réflexions d'un petit nombre de 'curieux' qui, par tradition, semblent toujours avoir existé à La Rochelle. Sans parler du XVIe siècle, où l'on rencontre peut-être déjà de tels hommes, dès 1630, un chirurgien - toujours le milieu médical et paramédical ! -, Pommier, écrit un recueil d'alchimie. Puis, Monconys en 1645, Locke en 1678, Bégon et Elie Richard à la fin du siècle nous donnent quelques noms, mais combien ont existé dont le souvenir est oublié et qui ne survivent anonymement que par leur collaboration probable à ce Mutus Liber ?"
Exemplaire uniformément roussi, à l'exception du Mutus Liber et de la plupart des planches.
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MARTIN LE FRANC. Le Champio[n] des Dames. Livre plaisant copieux & habondant en sentences. Contenans la Deffence des Dames, contre malebouche & ses consors, & Victoire dicelles, Compose par Martin Franc, secretaire du feu pape Felix V & nouvellement imprime a Paris.
Paris, Pierre Vidoue pour Galliot du Pré, [1530].
Petit in-8 de 12 ff.n.ch. et 410 ff.ch. ; maroquin brique clair, dos à nerfs, compartiments de filets à froid, filet à froid en encadrement sur les plats, dentelle intérieure, deux filets sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées (Koehler).
25 000,00 Euros
Tchemerzine-Scheler, III, 353 : "Cette édition est de la même série que le Roman de la Rose, les Œuvres d'Alain Chartier, le Coquillart et le Villon" ; Brigitte Moreau, III, 2178 ; Rothschild, I, 447 ; Brun, p. 192.
Première édition en lettres rondes de ce classique de l'ancienne poésie française .
L'ouvrage fut composé par Martin Le Franc (vers 1410-1461), poète normand qui étudia à Paris avant de devenir protonotaire apostolique et secrétaire des papes Félix V et Nicolas V, puis prévôt de Lausanne et chanoine de Genève.
Versificateur inventif et vigoureux, Martin Le Franc écrivit deux longs poèmes moraux dédiés à Philippe le Bon, duc de Bourgogne : L'Estrif de Fortune et de Vertu (1447-1448) et le Champion des Dames (1440-1442), imprimé pour la première fois à Lyon vers 1490, dont cette élégante impression de Pierre Vidoue constitue la seconde édition. "Ces poèmes de mètres très variés (...) ont une grande portée philosophique ; l'auteur y fait preuve de virtuosité et d'élans lyriques" (Harry F. Williams et Sylvie Lefèvre, in : Dictionnaire des lettres françaises. Le Moyen Age, 1992, pp. 997-998).
Écrit en réponse à la deuxième partie du Roman de la Rose, le Champion des Dames - dont le texte nous est parvenu grâce à deux éditions imprimées et neuf manuscrits - est l'un des plus importants ouvrages allégoriques suscités par la "querelle des femmes" à la fin du Moyen Age, la première bataille d'idées en France. Tout au long de ces 24 000 vers octosyllabiques distribués en huitains, Martin Le Franc prend la défense des femmes en rappelant les faits et vertus d'un grand nombre de figures féminines célèbres dans l'histoire et la mythologie - dont Jeanne d'Arc et Christine de Pizan -, apologie truffée de digressions contre les nobles, la corruption du gouvernement et le luxe excessif de la cour.
Le poème révèle aussi les opinions politiques et religieuses de l'auteur : amour de la France, haine des Anglais, culte de la Vierge, etc. L'ouvrage est également célèbre auprès des musicologues pour l'évocation de la "contenance angloise", nouveau style musical adopté par Guillaume Dufay et Gilles Binchois d'après les théories de John Dunstable (emploi plus doux des accords supposant l'assouplissement des techniques caractéristiques de la musique médiévale ancienne).
Véritable miroir d'une civilisation, celle de "l'automne du Moyen Age" célébré par un livre fameux de Johan Huyzinga, le Champion des Dames témoigne de l'indéniable talent polémique et lyrique d'un admirateur de Guillaume de Machaut et Christine de Pizan, qui fut lui aussi un grand poète digne d'être placé - d'après Harry F. Williams et Sylvie Lefèvre - à côté d'Alain Chartier et Charles d'Orléans.
L'illustration se compose d'une suite de 21 charmantes vignettes gravées sur bois, en ovale, dans un cadre rectangulaire.
Marge supérieure un peu courte, un feuillet habilement réparé, dos légèrement passé.
Provenance : J. Renard, avec l'ex-libris.
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Un important précurseur italien de Vésale
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MASSA, Niccolo. Liber Introductorius Anatomiæ, sive dissectionis corporis humani...
Venise, [Francesco Bindoni & Maffeo Pasini], 1536.
In-4 de 108 ff.ch. ; vélin ivoire sur cartons (reliure ancienne).
8 500,00 Euros
Garrison-Morton, 1536 ; Cushing, M179 ; Wellcome (en ligne), b11141463 ; voir NLM, 2984 (titre à la date de 1559) ; Osler, 3342 ; pas dans Waller ; Edit16, CNCE 23313
Édition originale.
Rare exemplaire de première émission : la plupart des exemplaires portent un titre renouvelé portant la date de 1559.
L'ouvrage de Niccoló Massa (1485-1569), un contemporain vénitien de Berengario da Carpi qui fit ses études à Padoue, est l'un des plus importants traités d'anatomie pré-vésaliens.
"One of the finest works of its kind up to that time. It is certainly not without error, but contains many original contributions and is largely based on the author's first-hand knowledge of the subject. His description of the gastrointestinal tract is reasonably accurate although he believed that the appendix disappeared with maturity. He was well aware of the varying size of the spleen in various disease states and observed that the liver is usually divided into five lobes although he sometimes found it undivided. He declared that the uterus was only a single cavity and not seven-celled as was then commonly believed" (Heirs of Hippocrates). - "Massa described the action of the ossicles" (Garrison-Morton).
Bon exemplaire, grand de marges.
Quelques passages soulignés à la plume ; cachet gratté au titre, gardes renouvelées.
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[MENA, attribué à Cristóbal de]. L'histoire de la Terre Neuve du Perù en l'Inde Occidentale, qui est la principale mine d'or du monde, nagueres descouverte, & conquise, & nommée la nouvelle Castille, Traduite d'Italien en Françoys [par Jacques Gohory].
Paris, Vincent Sertenas, 1545.
In-8 de 56 ff.n.ch. (le dernier blanc) ; maroquin bleu, dos à nerfs rehaussés de filets, compartiments ornés de petits fers, trois filets en encadrement sur les plats, doublures de maroquin rouge encadrés de filets, pointillés et dents-de-rats, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur marbrure (Lortic Fils).
40 000,00 Euros
Sabin, 57994 & 32018 ; Harrisse (BAV), 264 ; Medina (BHA), 75n (I:111-112) ; JCB (3), I, 142 ; Alden, 545/17.
ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE, TRES RARE, DE LA PREMIERE HISTOIRE DE LA CONQUETE DU PEROU.
L'editio princeps espagnole a paru à Séville en 1534 (cf. Alden, 534/4), suivie d'une traduction italienne publiée la même année. Les seuls documents concernant le Pérou imprimés en français avant 1545 sont les Nouvelles certaines des Isles du Peru (Lyon, 1534) et l'Extraict ou receuil des Isles nouvellement trouvées en la grande Oceane de Pierre Martyr (Paris, 1533), qui contient une briève mention du Pérou.
Cette relation anonyme, autrefois attribuée par erreur à Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés, serait en fait l'œuvre de Cristóbal de Mena, capitaine dans l'armée de Pizarro revenu en Espagne en 1533 pour y apporter des nouvelles de la conquête.
L'ouvrage, écrit dans le style sobre du témoin oculaire et du chroniqueur militaire, retrace l'aventure des Espagnols au Pérou depuis la préparation de l'expédition jusqu'à l'emprisonnement d'Atahualpa. On y trouve notamment le récit poignant de la capture du roi inca, ainsi qu'un compte-rendu émerveillé des richesses minérales du pays qui contribua à alimenter la légende d'Eldorado et la ruée vers l'or.
La traduction française est due à l'écrivain, historien, astrologue et diplomate français Jacques Gohory (1520-1576), introducteur de Machiavel en France et auteur de l'un des premiers livres sur le tabac (Instruction de l'herbe Petum, 1572).
La carte reliée dans l'exemplaire de la BnF, citée par Harrisse et Ternaux, ne semble pas faire partie de l'édition et ne se trouve pas dans les exemplaires décrits par les bibliographes.
Exemplaire avec de bonnes marges, finement relié.
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Dédicacé et annoté par Mersenne, et offert à la bibliothèque de la Trinité des Monts par l'entremise de Gabriel Naudé
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MERSENNE, Marin. Harmonicorum libri : ad Illustr. Virum Henricum Ludovicum Habertum Mommorum. [Relié à la suite :] Harmonicorum instrumentorum libri IV.
Paris, Pierre Ballard pour Guillaume Baudry, 1636.
Deux parties in-folio de 6 ff.n.ch., 186 pp. mal ch. 184 (les pp. 33-34 et 39-40 sont en double) et 1 planche hors texte dépliante pour la première partie ; 172 pp. mal ch. 168 pour la seconde partie (sans le titre et le feuillet de dédicace) ; basane brune mouchetée, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons et fers d'angle, pièce de titre de maroquin havane, filet à froid encadrant les plats, roulette sur les coupes (reliure de l'époque).
25 000,00 Euros
Lenoble, 17 ; RISM (B) VI, 572 ; Eitner, VI, 444; Fétis, VI, 98 ; DSB, IX, 319 ; Bernard Clavreuil, Les Français à Rome, p. 144, n° 394.
Edition originale latine de l'ouvrage capital du Père Mersenne.
Ce traité d'acoustique et de musique est divisé en deux parties : la première est consacrée à l'étude des sons ; la seconde, publiée séparément, traite des différents instruments de musique (luths, violons, clavecins, orgues, flûtes, cuivres, cloches, etc.).
Marin Mersenne (1588-1648), célèbre érudit de l'ordre des Minimes et "secrétaire de l'Europe savante de son temps" (Cornelis de Waard), consacra plus de vingt années à l'étude de l'acoustique en général et de la musique en particulier (on lui doit notamment la première formulation des lois de l'acoustique, qui portèrent longtemps son nom). "Quand il se croit suffisamment informé, il rédige, soit en français soit en latin, l'un des traités de cette somme volumineuse, et parfois il l'édite à part, se réservant le droit d'y ajouter des variantes dans les exemplaires ultérieurs... L'Harmonie Universelle répudie la physique de la qualité et affirme que le son n'est que mouvement" (cf. Lenoble, p. 44).
Une première ébauche du traité est publiée en 1627, suivie en 1636 - ou 1635, selon les exemplaires - de versions françaises et latines considérablement augmentées. Lenoble précise que "le Père Mersenne travailla simultanément aux livres latins et aux livres français. On ne doit donc pas voir dans l'une de ces rédactions une traduction de l'autre, comme on le fait parfois par erreur". Une dernière édition, qui refond certaines parties, vit le jour en 1648.
Le premier ouvrage est dédié à Henri Louis Habert de Montmort (1600-1679), ami de Gassendi et diffuseur du cartésianisme dont le salon fut le berceau de l'Académie des Sciences ; le traité des instruments est dédié au célèbre savant provençal Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637).
Le volume est illustré de très nombreuses gravures sur bois et sur cuivre ; instruments de musique, diagrammes, exemples de musique notée.
PRECIEUX EXEMPLAIRE CORRIGE ET ANNOTE PAR L'AUTEUR, QUI L'A CONFIE A SON AMI GABRIEL NAUDE POUR QU'IL LE PORTE A ROME, A LA BIBLIOTHEQUE DE LA TRINITE DES MONTS.
On trouve en effet au bas du titre cette note autographe de Mersenne à l'encre noire : "Monsieur Naudé, Docteur Médecin, est prié d'envoyer ce livre à la Trinité des Monts / de la part de l'auteur pour leur bibliothèque". Au-dessus de ces deux lignes nous pouvons lire cette inscription à l'encre bistre : "De Conventu S. Trinitatis In Monte Pincio. / Ex dono Auctoris". C'est vers 1623 qu'une sorte de collège national fut établi à la Trinità dei Monti, où il accueillit de jeunes religieux minimes de France envoyés à Rome pour y suivre des cours de scolastique (cf. Les Français à Rome, loc. cit.).
Le volume fut probablement subtilisé lors de l'occupation française de 1798, au cours de laquelle la bibliothèque romaine des minimes fut consciencieusement pillée. Quant à l'absence du titre et de la dédicace du second ouvrage, elle s'explique aisément : l'Harmonicorum libri et l'Harmonicorum Instrumentorum formant un tout dans l'esprit de l'auteur, celui-ci a sans doute souhaité accentuer la continuité entre les deux parties en supprimant ces deux feuillets. C'est le cas de l'exemplaire de la BnF, aussi annoté par Mersenne, dans lequel le titre et la dédicace à Peiresc font également défaut.
Quelques rousseurs et auréoles ; restaurations à la reliure.
Ex libris Michel'Angelo Lambertini (XIXe siècle).
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NEWTON, Isaac. Philosphiæ Naturalis Principia mathematica... Editio Secunda Auctior et Emendatior.
Cambridge, [Cornelius Crownfield], 1713.
In-4 de 14 ff.n.ch., 484 pp.ch., 4 ff.n.ch., 1 planche gravée sur deux feuilles ; veau fauve, dos à nerfs, compartiments ornés de fleurons, plats encadrés d'une bande de veau moucheté sertie de filets dorés et à froid, réserve centrale de veau marron entourée d'une roulette à froid, tranches mouchetées rouges (reliure anglaise de l'époque).
30 000,00 Euros
Wallis, 8 ; Grey, 8 ; Babson, 8 ; DSB, X, p. 64 ; pour l'édition originale des Principia (1687), voir : PMM, 161 ; Dibner, 11 ; Horblit, 78 ; Norman, 1586.
SECONDE EDITION DE CET OUVRAGE CAPITAL.
Publiée du vivant de Newton par son ami et collaborateur Roger Cotes (1682-1716), cette importante édition des Principia mathematica présente pour la première fois la préface de Cotes exposant la méthode de Newton, un index de 7 pages, et surtout la célèbre conclusion intitulée Scholium generale (pp. 481-484) rédigée en réponse aux objections de Berkeley et de Leibniz, dans laquelle l'auteur exprime avec force "les conceptions religieuses qui couronnent et étayent sa construction empirico-mathématique" (A. Koyré).
Les Principia sont sans conteste le plus important ouvrage scientifique jamais publié, le livre qui a jeté les fondations de la physique moderne.
"Copernicus, Galileo and Kepler had certainly shown the way ; but where they described the phenomena they observed, Newton explained the underlying universal laws. The Principia provided the great synthesis of the cosmos, proving finally its physical unity. Newton showed that the important and dramatic aspects of nature that were subject to the universal law of gravitation could be explained, in mathematical terms, within a single physical theory. With him the separation of natural and supernatural, of sublunar and superlunar worlds disappeared. The same laws of gravitation and motion rule everywhere ; for the first time a single mathematical law could explain the motion of objects on earth as well as the phenomena of the heavens. The whole cosmos is composed of inter-connecting parts influencing each other according to these laws" (PMM).
L'ouvrage est orné d'une planche astronomique gravée sur cuivre, ainsi que de très nombreux diagrammes gravés sur bois et tirés dans le texte.
Bel exemplaire dans sa reliure anglaise d'origine ; restaurations aux coiffes et aux mors.
Provenance : John Cowper, étudiant au Christ's College de Cambridge (ex-libris à la plume sur le titre). - Le volume a ensuite été offert par Cowper à John Leaves, l'un de ses condisciples ou professeurs, comme l'atteste un ex-dono à la plume en latin inscrit sur la première garde (cinq lignes).
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La très rare édition complète des Prophéties à l'adresse de Benoist Rigaud
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NOSTRADAMUS, Michel de Nostredame, dit. Les Propheties de M. Michel Nostradamus. Dont il y en a trois cens qui n'ont encores iamais esté imprimées. Adioustées de nouueau par ledict Autheur.
Lyon, Benoist Rigaud, 1568.
2 parties en un volume in-16 (115 x 76 mm) de 125 pp.ch. et 1 f. blanc (titre compris) pour la première partie ; 76 pp.ch. (titre compris) pour la seconde partie ; vélin souple, dos orné du nom de l'auteur à l'encre noire sur deux lignes, traces d'attaches (reliure de l'époque).
35 000,00 Euros
Guinard, p. 51 ; Chomarat, 96 ; Benazra, 11 ; Ruzo, 21 ; voir aussi Jean Paul Barbier, Ma bibliothèque poétique, Quatrième partie, tome IV, pp. 445-462, pour une édition à la même date (Guinard, p. 52 & Chomarat, 97) - Guinard recense 6 exemplaires dans les bibliothèques publiques (dont un incomplet) et un exemplaire en main privée (non examiné).
DEUXIEME EDITION COMPLETE DES PROPHETIES, D'UNE GRANDE RARETE.
Probablement imprimée vers 1571, elle a été récemment baptisée Édition A par Patrice Guinard, qui l'a placée en deuxième position dans sa chronologie des éditions de Nostradamus portant l'adresse de Benoist Rigaud et le millésime 1568.
Le grand nostradamiste péruvien Daniel Ruzo ne la possédait pas, et Guinard en a localisé 6 exemplaires seulement : Lyon BM (incomplet) ; Lyon BM (Fonds Chomarat), Châteauroux BM, Heidelberg UB, Wroclaw BU Glowna, Firenze BN - auxquels il faut ajouter l'exemplaire reproduit dans l'ouvrage de René Troyan Der Schlüssel zur Welt des Nostradamus (Stammham, Merano, 2003), "acheté chez un libraire selon l'auteur. Estampille de bibliothèque visible au second livre" (Guinard).
Les titres sont ornés d'un joli bois gravé : celui de la première partie montre le ciel avec le soleil, la lune et cinq étoiles, ainsi qu'une sphère armillaire tenue par une main sortant d'un nuage, tandis qu'une autre main en mesure la surface avec un compas (Chomarat, bois n° 2) ; la vignette de la seconde partie représente Atlas portant le globe terrestre, avec paysage marin au fond (Chomarat, bois n° 4). Des lettrines, des bandeaux et un fleuron (Chomarat, n° 17) complètent l'ornementation.
L'importance des éditions Benoist Rigaud est capitale, notamment en ce qui concerne l'établissement du texte des trois dernières centuries et de la nouvelle préface, tenues par certains pour apocryphes et dont on ne connaît pas d'état publié du vivant de l'auteur. Comme le rappelle Patrice Guinard dans sa récente et indispensable étude bibliographique (Revue française d'histoire du livre, n° 129, Nouvelle série, 2008, pp. 9-142), c'est ici que l'on trouve pour la première fois l'intégralité des 942 quatrains - la septième centurie n'ayant jamais été complétée -, ainsi que les plus anciennes versions connues des centuries VIII-X et de la préface à Henri II (datée de Salon, 27 juin 1558), document précieux pour la connaissance de la chronologie et de la méthode nostradamiennes. "En effet l'édition lyonnaise de 1558 et son hypothétique réplique parisienne sont aujourd'hui perdues, et les éditions dites de 1568, dont la première fut probablement imprimée environ deux ans après le décès de Nostadamus, sont les premiers vestiges du texte originel, et probablement les plus fiables" (Guinard).
Il règne une grande confusion au sujet de ces éditions. Brunet et Graesse ne les mentionnent pas, et Baudrier est le premier à décrire sommairement, en 1897, des éditions probablement authentiques ayant appartenu à l'abbé Hector Rigaux (aujourd'hui introuvables). Le silence bibliographique du XIXe siècle s'explique par l'absence d'exemplaires datés 1568 dans les bibliothèques parisiennes et au British Museum, "centres de ravitaillement majeurs pour la bibliographie française du XVIe siècle" (Guinard). Si la moisson est meilleure au XXe siècle, les choses se compliquent encore plus : descriptions incomplètes, collations erronées, imprécisions et méprises bibliographiques... Patrice Guinard a patiemment analysé les lapsus et bévues qui ont conduit les nostradamistes - Chomarat, Benazra, Ruzo, Leroy, Leoni, etc. - à établir des descriptions et des classements différents pour les éditions Rigaud (huit en comptant les deux tirages non datés, vraisemblablement imprimés entre 1591 et 1593).
Après avoir comparé le texte de ces différentes éditions, Guinard a tranché en faveur de l'antériorité de l'Édition X (Guinard, p. 54 ; Chomarat, 98 ; Benazra, 10 ; Ruzo, 20), elle-même établie sur l'édition augmentée publiée en 1557 par Antoine du Rosne (centuries I à VII) et sur l'édition conjecturale de 1558 (pour les trois centuries nouvelles). L'Édition X aurait donc servi de modèle à l'Édition A, celle que nous présentons ici, ainsi que le prouvent les corrections ortho-typographiques relevées par le minutieux bibliographe de Nostradamus dont le site, constamment mis à jour, est une mine de renseignements.
Les impressions de Nostradamus au XVIe siècle sont ardemment recherchées. On ne connaît que cinq exemplaires de la douzaine d'éditions des Prophéties attestées entre 1555 et 1563 : trois de l'originale (1555 : 353 quatrains), deux des éditions d'Antoine du Rosne (1557 : 640 quatrains) et seulement une quinzaine d'exemplaires complets, toutes éditions confondues, de cette version intégrale parue sous le nom de Benoist Rigaud.
Agréable exemplaire, sobrement relié à l'époque.
Vélin légèrement usé avec petit manque au plat supérieur ; papier roussi, petite réparation au bas du feuillet G5 (sans manque de texte).
Signature du XVIIe siècle à l'encre bistre sur la première garde : "di fran[cesco] Bulgarini" : il s'agit vraisemblablement du cardinal Francesco Bulgarini, membre d'une ancienne et illustre famille romaine. - Autre provenance : "Cesare Campori" (ex-libris imprimé du XIXe siècle sur le premier contreplat).
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OPPIEN. De piscatu libri V. De venatione libri IIII. [graece et latine].
Paris, Adrien Turnèbe, et Guillaume Morel, 1555.
2 ouvrages en un volume in-4 de 2 ff.n.ch., 207 pp.ch., 4 ff.n.ch. pour la première partie (texte grec) ; 3 ff.n.ch. (sans le 4e f. blanc), 202 pp.ch. pour la traduction latine ; plein veau brun moucheté, dos à nerfs orné de fleurons, pièce de titre de maroquin rouge, dentelle festonnée en encadrement sur les plats, roulette sur les coupes, tranches dorées (reliure anglaise du XVIIIe siècle).
4 500,00 Euros
Adams O-204 & 206 ; Thiébaud, 696 : "très belle édition, texte grec et traduction latine, remarquablement imprimée" ; Souhart, 358.
EXCELLENTES EDITIONS ANCIENNES DE CES DEUX POEMES GRECS SUR LA CHASSE ET LA PECHE.
Les Cynégétiques d'Oppien d'Anazarbe (ou Oppien de Corycos, IIe siècle) et les Halieutiques de son homonyme Oppien de Syrie (ou Oppien d'Apamée, IIIe siècle), sont ici réunis sous le nom du premier des deux auteurs, que l'on ne distinguait point à l'époque.
Les Cynégétiques comptent 2042 vers divisés en quatre chants (le dernier nous est parvenu incomplet). Le premier chant contient la description des différentes races de chevaux et de chiens ; le second dénombre des animaux de chasse tels que le bison, le mouflon et l'oryx ; le troisième est consacré aux félins et aux animaux exotiques (lion, panthère, girafe, chameau, autruche...) ; le quatrième chant, enfin, traite des différentes techniques de chasse.
Les Halieutiques (3506 vers, cinq chants), décrivent les différentes races de poissons (deux chants) et traitent de l'art de la pêche (trois chants). On y trouve la description de 16 mollusques, 7 crustacés, 2 vers, 2 échinodermes, 1 porifère, 5 mammifères, 1 reptile et 122 espèces de poissons.
Bien qu'ils aient été publiés par deux éditeurs différents, et qu'on les rencontre assez souvent séparément, ces ouvrages étaient destinés à être réunis. La version grecque établie par Turnèbe donne, pour la première fois, un texte fiable et lisible, expurgé des fautes transmises par la tradition manuscrite. L'édition latine propose l'élégante traduction du poète et homme de lettres italien Lorenzo Lippi (1440-1485), qui étudia à Florence - où il fréquenta le cénacle de Laurent de Médicis - et enseigna les humanités à Pise.
"On remarquera que le texte grec a été imprimée par Adrien Turnèbe et la traduction latine par Guillaume Morel. La raison en est qu'au cours de l'année 1555, Adrien Turnèbe obtint la place de Professeur royal en grec et se démit de l'emploi d'Imprimeur du Roi, en faveur de Guillaume Morel. - Peut-être existe-t-il des ex. portant la même firme pour les deux parties ; nous n'en avons jamais rencontré" (Thiébaud).
Très bon exemplaire, grand de marges.
Quelques pâles rousseurs, affectant surtout les deux premiers feuillets du texte grec ; petite fente dans le blanc du titre du second ouvrage, due à l'oxydation d'une tache d'encre ; habiles restaurations à la reliure.
De la collection Macclesfield, avec l'ex-libris armorié de la North Library (1860) et les cachets à froid dans la marge des trois premiers feuillets.
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PLANIS CAMPY, David de. L'Hydre morbifique exterminée par l'Hercule chimique. Ou les sept Maladies tenuës pour incurables iusques à present, renduës guerissables par l'Art Chimique Medical.
Paris, Hervé du Mesnil, 1628.
Petit in-8 de 24 ff.n.ch. (y compris le titre gravé et le portrait), 576 pp.ch. ; vélin rigide moucheté, tranches rouges (reliure ancienne).
5 000,00 Euros
Ferguson, II, 204 (2 exemplaires incomplets) ; Caillet, 8723 : "Ouvrage de la plus grande rareté" ; NLM, 9060 (incomplet) ; Wellcome, 5078 ; Klossowski de Rola, p. 208 (reproduit) ; Voir Thorndike, VII, p. 188 sq. ; pas dans Duveen, Neville et Dorbon.
ÉDITION ORIGINALE, TRES RARE.
Important traité iatrochimique dans lequel l'auteur se propose d'anéantir, grâce à sa science médicale et alchimique, sept maladies incurables : lèpre, podagre, hydropisie, épilepsie, cancer, "noli-me-tangere" (ulcère chancreux du visage ou épithéliomas) et écrouelles.
On ne sait quasiment rien de David de Planis Campy (1589-1644), conseiller et chirurgien ordinaire de Louis XIII et de Louis XIV enfant, à qui l'on doit plusieurs ouvrages de philosophie hermétique et dont Ferguson affirme que le "nom semble avoir disparu de l'histoire de la médecine et de la pharmacie".
Orné d'un très beau frontispice hermétique gravé en taille-douce par Jean Matheus et d'un portrait de l'auteur gravé par Michel L'Asne, également en taille-douce, représentant l'auteur à l'âge de trente-huit ans.
Le frontispice est orné de portraits - Hippocrate, Paracelse, Louis XIII - et de figures symboliques : "A gauche se trouve le Chaos ou Pierre des Philosophes, tandis qu'à droite sont inscrits dans l'Étoile formée des triangles de l'Eau et du Feu, emblème de la Pierre Philosophale, les symboles du Soufre, du Mercure, et du Sel alternant avec des caractères hébreux" (Klossowski de Rola). Le graveur Jean Matheus, actif à Paris autour de 1620, travailla surtout pour des libraires. On lui doit les figures d'une édition des Métamorphoses d'Ovide et un grand nombre de dessins à sujet religieux.
On a ajouté à cet exemplaire le frontispice gravé par le même artiste pour un autre ouvrage de Planis Campy, L'Ouverture de l'escolle de philosophie transmutatoire métallique (1633).
Bon exemplaire, simplement relié.
Ex-libris Dr Maurice Villaret.
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RAYNAL, Guillaume-Thomas. Révolution de l'Amérique.
Londres, Lockyer Davis, 1781.
In-8 de un portrait, XIV, 1 f.n.ch., 183 pp.ch. ; veau fauve, dos lisse orné à la grotesque, pièce de titre de maroquin grenat, trois filets en encadrement sur les plats, chaînette sur les coupes, tranches rouges (reliure de l'époque).
1 500,00 Euros
Sabin, 68102 ; Leclerc (1878), n° 985 ; Cioranescu, 52363 (autre édition) ; Howes, R-85 ; voir INED, 3749.
Édition originale.
Ouvrage "imprimé probablement à Genève et non à Londres, comme l'indique le titre" (Leclerc). Cinq éditions ont paru la même année, différant entre elles par le nombre de pages. Celle-ci, considérée comme la première, est ornée en frontispice d'un portrait de l'auteur.
"Essai historique sur la révolution américaine. Les colonies étaient en droit de se séparer de leur métropole. À la fin, quelques considérations sur l'avenir économique et démographique des provinces confédérées... Les Américains doivent craindre l'affluence de l'or, qui apporte avec le luxe la corruption des mœurs et le mépris des lois, et se garder d'établir une trop inégale répartition des richesses" (INED).
Auréole claire dans la marge de quelques feuillets, sinon bel exemplaire, très agréablement relié à l'époque.
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L'exemplaire de Sainte-Beuve
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RONSARD, Pierre de. Les Amours... nouvellement augme[n]tées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques Odes de L'auteur, non encore imprimées.
Paris, Chez la veuve Maurice de la Porte, 1553.
1 volume petit in-8 de 8 ff.n.ch., 282 pp.ch. (la pagination saute sans lacune de 128 à 139 et de 169 à 180) et 1 f.n.ch. pour l'errata et l'achevé d'imprimer du 24 mai 1553) ; veau blond, dos à nerfs rehaussés de pointillés, compartiments ornés d'un fin décor de filets croisés et petites étoiles, pièces de titre de maroquin noir, trois filets en encadrement sur les plats, dentelle intérieure, filet sur les coupes, coiffes guillochées, tranches dorées sur marbrure, étui bordé (Niedrée).
20 000,00 Euros
Tchemerzine-Scheler, V, pp. 421 et 426 ; Jean Paul Barbier, "Ma bibliothèque poétique", tome II (Ronsard), n° 11.
SECONDE EDITION, EN PARTIE ORIGINALE.
Imprimée sept mois après la rarissime première édition des Amours - 30 septembre 1552, chez le même éditeur -, elle comporte 44 pièces nouvelles, soit 39 sonnets, 1 chanson et 4 odes dont la célèbre "Mignonne allons voir si la rose..."
L'ouvrage contient, en plus des portraits de Ronsard et de Cassandre, qui figuraient déjà dans le volume de 1552, celui de l'humaniste Marc-Antoine Muret, qui a établi le texte et rédigé les commentaires. Ces figures, légendées en grec et en latin, sont gravées sur bois à pleine page.
"Et puis il y a le commentaire de Muret, inédit lui aussi, qui mettait d'un seul coup le poète de 29 ans au rang des auteurs classiques, puisque son œuvre méritait d'être abondamment expliquée aux lecteurs non avertis, que tant de nouveautés et de si savantes allusions mythologiques auraient pu dérouter" (Jean Paul Barbier).
Il existe, d'après Lucien Scheler "deux tirages des Amours de 1553. Dans le second l'errata (qui subsiste à la fin du volume) est corrigé en tout ou en partie. Certains feuillets ont donc été réimprimés". Notre exemplaire appartient au second tirage : sur les 13 fautes signalées dans l'errata, 9 ont été corrigées ; en outre, le "e" manquant du mot "cœur" (feuillet liminaire 8v, ligne 16) a été inscrit à la main. Sans les feuillets de musiques, qui furent imprimées à part.
PRECIEUX EXEMPLAIRE AYANT APPARTENU A SAINTE-BEUVE.
La première garde porte la signature du célèbre critique et historien de la littérature, et l'on a joint à l'exemplaire quatre petits documents manuscrits à l'encre noire de la main de Sainte-Beuve (2 feuillets env. 113 x 66 mm et 2 petits fragments), dont les deux plus importants concernent Ronsard et son commentateur Muret.
Rappelons que la redécouverte de Ronsard date de la fin des années 1820 et doit être attribuée aux efforts du jeune Gérard de Nerval et de Sainte-Beuve. Ce dernier, dans le Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIe siècle (1828), rendait sa place à l'auteur des Amours, poète emblématique de ce mouvement qui tendait à faire du Romantisme le continuateur de la Renaissance.
Bel exemplaire, finement relié par Niedrée.
Marge supérieure un peu courtes (mais les autres marges sont grandes) ; mors restaurés.
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